vendredi, 28 septembre 2007

Gouel kan ar vartoloded, Pempoull 2007 (1)

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Fête des chants de marins, Paimpol 2007

Ce qu'elle etait belle, Rokia Traoré, sur la scène Stan Hugill dressée sur le port de Paimpol. Tu crois t'embarquer pour une mer douce et calme, et soudain, c'est les 40 emes rugissants, c'est Magellan et Bonne Espérance à la fois. C'est Rokia, la belle malienne qui chante et danse comme personne.

PS .. et ceux qui parlent de crachin breton, dans leurs notes, t'a vu ce beau temps !?!

jeudi, 27 septembre 2007

chansons

Je m'en rejouis 6 mois à l'avance. Je vais enfin voir Romain Didier sur scène. Il va passer sur la péniche, ou j'ai déjà vu Marthe Vassalo ( la plus grande chanteuse bretonne ), Henri Tachan et Marion Rouxin.
Il y a très longtemps que j'aime Romain Didier. Sur la fiche de présentation, ils disent qu'il est méconnu. Je ne sais pas trop. Est-ce que Romain Didier est méconnu ? T'y crois, toi ? je crois qu'il fait son bonhomme de chemin, et il l'a toujours fait, avec cette sensibilité que l'on rencontre assez rarement. Si je pouvais lui parler, je lui poserais cette question qui me brûle les lèvres. Et Julie ? Julie la loire ?

La peine qu'elle a eu
ya que la Loire qui l'a su

Julie la loire
Si t'entends ma chanson, quelque part
Ce garçon maladroit qui t'aimait
C'est moi


ça m'a toujours bouleversé, cette chanson, parceque je suis sûr que Julie existe et qu'il lui parle à travers cette chanson, parcequ'il n'a pas d'autre moyen de le faire. Et qui sait, si je pouvais lui demander, il répondrait d'un petit sourire et d'une voix gentille que c'est simplement une chanson.

Romain Didier c'est un piano, une voix et des paroles vraiment très belles. Parmi les plus belles chansons qu'il ait chanté, il y a celle écrites par Allain Leprest. Alors s'il ya quelqu'un de méconnu, c'est bien Allain Leprest. C'est indiscutablement l'un des plus belles plumes de la chanson françaises.

Connais-tu l'herbe amère, le liseron, la plante
Toute noire et très belle enroulée dans la gorge ?
Ô que quelqu'un la dise, ô que quelqu'un la chante
Seulement sur le bruit d'un coeur et d'une horloge
Et le train de Dunkerque au loin sur son refrain
Le chagrin
.

Je ne vois peu d' écritures aussi belles que la sienne, Anne Sylvestre, oui, peut-être. Et c'est vrai, merde, Allain Leprest, avec sa voix un peu cassée, son intensité, sa tendresse immense, son sens de l'écoute, n'a pas du tout la place qui lui revient dans la chanson. Celle d'un chanteur rare et magnifique. Dans le dernier Chorus , ils disent qu'il est gravement malade. il y a une photo. Il y a avec lui, son vieux complice, Romain Didier et d'autres. Je n'aime pas le voir comme ça, terriblement amaigri et une casquette sur la tête. Pourvu que ... Il a encore beaucoup de chansons à écrire.

Puisque j'en suis à parler comme ça, sans rime ni raison, Chorus va très mal. Il faut 2000 abonnés supplémentaire pour l'an prochain, ou sinon, cette revue formidable, indispensable à la chanson française vivante disparaitra. Quinze ans que Chorus défend une chanson connue ou inconnue, sort de l'ombre et soutient de merveilleux artistes. Alors si tu aimes la vraie belle chanson, sans vouloir te commander, tu t'abonnes à Chorus.

J'ai enfin écouté l'interview de Marion Rouxin avec Hélène Azera. j'ai déja parlé abondemment de Marion sur ce blog. Hélène Azera, c'est une journaliste qui connait la cnanson sur le bout des ongles. C'est grâce à elle que j'ai connu Marianne Oswald, en particulier, Marianne la rouge, l'unique. Hélène Azera commence l'interview en disant à Marion qu'elle est l'une de ces chanteuses préférées. Je suis bien content qu'elle dise ça, qu'une journaliste comme Hélène Azera reconnaisse l'immense talent de Marion, c'est une promesse pour l'avenir.
Marion, je vais la revoir chanter demain. C'est quand même une chance d'habiter dans la même ville que cette chanteuse qui j'aime tant. J'ai ainsi souvent l'occasion de la voir. Et Marion sur scène, c'est quelque chose qu'on ne doit pas manquer

vendredi, 10 août 2007

Nadau en companhia (2)

Vous ne vous en rappelez sans doute pas, mais moi j' etais dégouté d' avoir manqué Nadau l'an dernier. Je ne pensais pas avoir une seconde chance.
Et pourtant.
En arrivant dans le val d'azun cet été, on a su que cette fois, on ne les manquerait pas.
Un concert de Nadau, en pleine montagne, près du lac d'Estaing, est-ce qu'on pouvait imaginer mieux pour les voir ?
Pourtant on n'en avait pas un souvenir terrible du lac d'estaing. A l'époque où on faisait tout en stop, on avait failli y rester en rade. Estaing ( je précise que cela n'a rien à voir avec le chauve aristocrate qui nous gouverna dans des temps préhistorique, si quelqu'un s'en souvient ) bref ... Estaing fait partie de ces lac de montagne accessible en bagnole. C'est donc un lac fréquenté par des gens en tong qui ne connaissent de la montagne que les campings avec jacuzzi, des fonds de vallée. Au retour d'une vadrouille, on avait galéré pour se faire descendre. On avait fini par prendre à l'abordage une voiture de petits vieux. Ils etaient très sympas. Evidemment dans les lacets des cols, ils prenaient les virages un peu bizarrement ( mais je crois bien que je m'égare).
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( fond de vallée, c'est assez plat, comme vous le voyez, mais bon, pour un concert c'est mieux, en même temps )

Bref, Estaing pour faire de la montagne, c'est pas un endroit très fameux. Par contre, pour accueillir un concert, c'est un lieu fabuleux.
Mais ce jour là, il faisait un temps de $&@¤q$£ ... koc'h khi du ...Toute la journée, on s'est demandé si cela serait annulé. Mais le lendemain menaçait d'être pire. Alors, on est monté. La scène etait noyée dans une brume humide, qui enveloppait la vallée. On a mangé nos sandwichs dans la bagnole tellement il faisait mauvais. A coté de nous, les voitures arrivaient et se garaient tant bien que mal, en pestant contre le climat. Des gens du coin, principalement, des berêts, des drapeaux occitans ( merde, on avait pas notre gwen ha du !) , un climat de fête joyeuse.
On s'est assis sur des bottes de pailles. J'ai discuté avec mes voisins. Un couple de bordelais, sympa, qui ne connaissaient pas Nadau. On a rigolé sur Juppé ( ouais, encore !).
Et puis ça a commencé, le fabuleux voyage avec Joan de Nadau. Nous, on aimait les textes de Nadau, dont l'écriture est très belle, on connaissait l'intensité de l'interprétation, mais ce qu'on ne connaissait pas, qu'on a découvert, c'est Nadau le conteur. Et rien que ça c'est un pur bonheur d'humour et de poésie. Joan de Nadau adore se moquer des bordelais qui arrivent en montagne avé le quaquatre ! ( le 4x4 pour ceux qu'on du mal ). La femme bordelaise a coté de moi etait pliée en deux de rire.

Ecouter Nadau, c'est un fabuleux voyage de plus de 3 heures, ou le français se mêle à l'occitan. Bon, vous connaissez la chanson, vous savez qu'ici je vais placer mon petit couplet sur les langues régionales, n'est-ce-pas? que vous n'allez pas y couper ! alors voilà .... il faut aller à un concert de Nadau, pour se rendre compte à quel point c'est une culture vivante. La femme à coté de moi, qui ne connaissait pas Nadau et qui semblait plutôt d'extraction aisée, comme on dit, eclatait de rire à chaque saillie en occitan. On sentait bien tout autour de nous, que l'occitan nouait la complicité de l'assistance. Nous autres bretons, ce soir là, avons été un peu jaloux, mais heureux de voir la vivacité de l'occitan. Bien, à ce stade là, me sachant prévisible, je vais quand même ajouter, pour bien enfoncer le clou ( au cas ou passe quelqu'un qui n'aurait pas lu les épisodes précédents), que, d'accord, ok, le français est la langue de la république, elle contribue à l'unité nationale tout ça et à ..euh, comment qu'ils appellent ça, Hortefeux et consorts, bref .... mais qu'il y a a côté de cela, des cultures riches et belles et incroyablement vivantes. Et que les tenants de la modernité, qui ne laissent pas de place à ces cultures venues de très loin, feraient bien par instant de regarder et écouter parfois ce qu'ils prétendent détruire ! ( ça y est, j'ai fini mon petit discours :))) ... revenons a nos moutons.

Les chansons de Nadau, je les connaissais presque toutes. Mais ça a été un instant de pur bonheur, entre le rire des histoires de Joan de Nadau, cette intensité et cette allégresse, cette sensibilité si profonde et ces instants ou tu te lève sur les bottes de pailles pour brailler dans un occitan recomposé par tes soins, ces chansons sublimes. A ce moment là, tu sais que tu vis des instants uniques, que jamais plus tu ne verra Nadau, en pleine montagne, dans cette brume humide qui nimbe les alentours du lac. Et à ce moment, tu ne voudrais être ailleurs pour rien au monde.

Mes voisins bordelais etaient ravis malgré les piques dont ils ont fait l'objet. En partant, la caravanes de voitures redescendant dans la vallée faisait une immense chenille lumineuse.

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Les chevaux du lac d'Estaing ne devaient pas en croire leurs oreilles.

lundi, 04 juin 2007

Le fantôme de Pierrot

Une note de Bruno m'a fait penser à cette si jolie chanson de Maxime Le Forestier ...

[...]

Assis sur son croissant de lune,
Pierrot répond :
"Moi qui ne suis un homme en aucune
De vos façons,

Moi qui suis fait de différences
Tantôt tout blanc, tantôt tout noir
J'arrive au pays des nuances
Tout est grisaille ici ce soir.

Avez-vous regardé d'abord
Le pays qui vous sert de piste.
Je n'ai jamais vu de décor
Si sinistre.
Quel est donc ce décorateur
Pour qui le sinistre est de mise
Et qui ne sait qu'une couleur :
La grise ?
Quel est donc ce peintre maudit
Qui a dessiné sur la toile
La toile de fond de Paris
En y oubliant les étoiles ?

Comme ton costume a changé !
Où sont les carreaux de ta veste ?
Arlequin, ton masque est jeté,
Tu restes,
Sans ton chapeau, sans tes manies,
Tu restes le perdant qui gagne
Mais qui ne gagne que sa vie
Au bagne.

Comme ton allure a changé !
Plus de sauts, plus de cabrioles.
Tu vas au boulot résigné.
C'est ton auto qui te console.

Colombine, quel est l'auteur
Qui a pondu pour toi ce rôle
Ni gai, ni simple, ni charmeur
Ni drôle ?
Depuis qu'un tas d'honnêteté
T'a prise avec lui en ménage,
Femme dans cette société
Tu nages.
Tu nages dans tes draps de lit,
Tu nages dans l'eau de vaisselle.
A tant te battre, tu oublies
Que de mon temps tu étais belle.

On ne te vole plus ton or,
Harpagon, Pantalon, Cassandre.
Il a bien grandi le trésor
A prendre
Et tu possèdes, maintenant
Que tu as pris goût aux affaires,
Les rois, les hommes, les enfants
La terre.
Comme on ne te reconnaît plus
Sous tes sociétes anonymes,
Jamais les coups de pied au cul
Ne peuvent trouver leur victime

Et toi tu joues, Messieurs, Mesdames,
Et toi tu joues
Ce lamentable mélodrame
De pantomime en mimodrame.

Et toi tu joues.
Es-tu sûr d'arriver au bout ?
Sans t'apercevoir à la fin.
Que ce contrat ne valait rien
Eh, tu as l'air de quoi dans ton habit.
S'il suffisait d'avoir un peu de maquillage
Pour se changer cœur et visage,
Tu serais un gênie.

Tu sais, c'est pas écrit d'avance,
Juste un petit dessin.
Ça s'improvise, ça se danse,
Tu peux changer la fin.
Cesse de rabâcher ton texte,
Mauvais acteur.
Saute sur le premier prétexte
Si tu n'as pas trop peur.
De mon silence, enfin, je sors.
Écoute-moi, fais un effort.

Tu vas mourir, Messieurs, Mesdames,
Tu vas mourir
Pour terminer le mélodrame
De pantomime en mimodrame.
Tu vas mourir
Sans avoir jamais su sourire.
Le rideau tombe et demain soir
On te remplace et ça repart.

Va-t'en sur ton croissant de lune,
Pierrot bavard.
Tu vas déchaîner la rancune
Du désespoir.
Si t'es venu dire à la terre
Que cette vie mene au trépas,
Reste muet, reste lunaire.
On ne t'en voudra pas.

Assis sur son croissant de lune,
Pierrot s'en va.

lundi, 05 mars 2007

Souscription pour Marion

Comme tu le sais, lecteur assidu de mon blog ( note le singulier ! ), j'ai eu un très gros coup de coeur, il ya deux ans, pour une chanteuse prodigieuse, qui s'appelle Marion Rouxin. j'en avais parlé


et
ici

Marion a donc débuté une carrière solo ( je résume) , et tu peux entendre six nouvelles chansons sur son site web:
Le site de Marion .

Il se trouve que Marion est en train d'enregistrer un CD, et a lancé une souscription pour qu'il puisse paraitre. Imagine qu'en souscrivant, tu aura la joie d'avoir le premier album, d'une artiste qui va compter dans la chanson française... ( tu peux te fier à mon flair, car c'est comme ça qu'en d'autres temps, j'ai misé sur Juliette et sur Angélique Ionatos ! elles me doivent tout en somme....).
Alors, imagine-toi que plus tard, tu pourra dire "Marion, oui ! je suis un fan de la première heure !" ( ce qui est un peu faux qd même, parceque les fans de Marion de la première heure, ce sont ceux qui l'on entendu chanter dans les rues de Rennes et faire ses premières armes avec Paul et Robin, mais je vais pas chipoter, tu sera un fan de la première heure, de Marion en tant que Marion, voilà !).
et donc, sans vouloir te commander, tu va sur son site, tu imprimes le petit coupon et moyennant un chèque de 17 euros, tu aura bientôt son 1er CD chez toi, sacré veinard!

et pour te remercier de ton attention, je mets ici un texte que j'avais écris il y a longtemps. C'est un peu longuet, mais a-priori si tu viens sur mon blog, c'est que tu as pas grand chose d'autre à foutre. Cela s'appelle: Un samedi soir

Samedi soir,j'arrive tout seul dans un tout petit
village, j'ai suivi une petite route au bord de
l'eau. des
voitures sont garées sous les arbres, et il y a une
péniche a quai ... c'est presque désert. Trois, quatre
personnes sur le pont de la péniche ... il y a un
grand diable aux cheveux blancs et quelque chose à la
Higelin. Il y a aussi deux types assis un peu avachis
et une femme, assez jeune, aux cheveux coupés très
très courts...mais alors, vraiment très court.Tous ont
l'air d'attendre un peu, sans que l'on sache trop
quoi .. A l'intérieur de la péniche, on entend des
chants, qui s'élèvent par moment .. j'entend les mots
chorale, mais chorale de quoi ? Je regarde la jeune
femme, sans tout à fait la reconnaitre...
incertain. J'attend à l'entrée de la péniche, et
lorsqu'elle passe devant moi,je bredouille un bonjour.
Elle me répond, un "Bonsoir", d'une très belle voix
claire, dans une tonalité assez grave ... mais je
suis toujours dans l'expectative. j'ai peur de
commettre un impair... aussi, je la regarde du coin de
l'oeil à la dérobée aller et venir le long du canal..
par moment, elle va sous une espèce de cabane,
avec une autre femme ... il fait un peu frisquet et
j'aimerais bien rentrer dans la peniche ... elle
revient à la péniche, repasse devant moi... et dire
que je suis toujours dans cette incertitude. Ces
cheveux tellement courts... elle fait un petit signe
au grand diable aux cheveux blancs, un sourire, et
elle passe à l'avant de la péniche.Maintenant il y a
du monde, je ne suis plus seul et on nous permet
d'entrer dans la péniche.
J'ai du mal a caser mes longues pattes sur un siège...
je discute avec un type a coté de moi. Il est du
village. Il
me parle de Gigi Bigot. Bien sur que je connais Gigi
Bigot, qui ne la connait pas en Bretagne?... par
contre, la raison de ma présence, lui est visiblement
inconnue. Mais il y a derrière moi, une femme qui sait
parfaitement, elle pourquoi je suis là et qui est là
pour la même raison que moi. Nous en discutons avec
ferveur. Mais, il faut écouter la chorale, puisque
c'est bien une chorale. Des chants du monde ... j'y
distingue une chanson des Quilapayuns, de vieilles
connaissances.. et un poeme de Desnos L'alligator, qui
ne passe pas spécialement bien en musique. je suis pas
là pour ça, mais ça me fait rire cette chorale de
village. Les voix sont pas extraordinaire, mais c'est
sans prétention .. un simple plaisir de chanter.
Ce sont surtout des vieux, mais la chef de chorale est
une jeune asiatique, qui a l'air de s'etre trompé
d'histoire. C'est le grand diable qui revient
maintenant.. il demande quelques instants de patience,
que je
comble en causant avec ma voisine de derrière.On a pas
mal de choses en communs, c'est visible... et
puis, on est là pour la même chose. On le sait bien ..
et cette chose, c'est pour maintenant. Une
semi-pénombre se fait dans la péniche, et trois
personnes ont pris maintenant la place de la chorale.
et
parmi les trois, il y a .. la jeune femme aux cheveux
très courts. C'est Marion, c'est bien elle, Marion
qui a coupé ses longs cheveux, Marion la chanteuse de
Paul et Robin dont j'ecoute les CD en boucle depuis
3 mois. Je n'ai eu de cesse d'avoir tous leur CD. et
pour le 1er, ça n'a pas été facile, c'etait un
autoproduit, et eux-mêmes n'en possèdent plus. Paul
et Robin, c'est avant tout une femme, et c'est mon
immense coup de coeur, à l'égal de ce que j'ai connu
il y a longtemps, pour Angélique Ionatos dans les
années 80, et Juliette dans les années 90. Et là, j'ai
Paul et Robin a 4 metres de moi .. on peut pas
dire qu'elle se soit pris la tête pour la tenue...
mais Marion de dos commence à jouer
sur des percu, puis ...se retourne et commence a
chanter. Sa voix est un peu etouffée, mais je connais
la chanson. Au bout d'un moment, elle fait des
gestes desespérés vers le fond de la péniche ...
Etienne,au violon et Jean au clavier s'agitent un peu
aussi. A la fin de la chanson, elle explique d'une
voix douce, mais intense ce que voulaient dire ses
gestes, comment le technicien doit rééquilibrer le son
... de fait, à la chanson suivante, je retrouve
toute l'intensité de sa voix, ses incroyables
inflexions, et cette sensibilité qui m'ont fait
l'aimer dés
la 1ere chanson que j'ai entendu. Les chansons
s'égrennent. La voix est aussi belle que dans les CD.
Elle
chante avec cette passion que j'aime tellement. Les
chansons, je les connais toutes.Ce sont surtout les
chansons du dernier CD, avec quelques incursions dans
les deux premiers. C'est incroyable. Marion est
toute menue, mais au delà de cette voix hors du
commun, elle remplit l'espace d' une présence inouie.
Ses
yeux en particulier sont incroyablement mobile, ses
expressions facétieuses, ses sourires ravageurs.
Elle met beaucoup en scène ses chansons. C'est un
bonheur absolu ... complicité avec Etienne et Jean,
tous les deux sont des musiciens formidables,
polyinstrumentistes, pleins de facéties musicales.
Lorsqu'elle chante " J'te cours après", elle vient
s'asssoir au clavier, et elle joue a quatre mains avec
Jean. Si presque tous les textes sont d'elle, la
plupart des musiques sont de lui, Jean Olier, qui fait
aussi des musiques pour Marie Kiss la Joue. Marion au
piano, c'est encore un autre spectacle. Il faut la
voir se donner a l'instrument, faire le gros dos,se
métamorphoser. Soudain, à la chanson suivante, elle
quitte la scène et se met a marcher dans les allées,
en commencant une chanson que je connais bien...
"Comme un poete" .. elle s'arrete auprès d'un vieux
bonhomme au trois-quarts chauve, lui caresse la tête
au moment ou la chanson dit :" connaissez-vous
Appolinaire ?" et se penche tendrement vers lui pour
lui poser la question. Puis elle continue son chemin
dans l'allée
centrale ... on se demande sur qui elle va jeter son
dévolu, les gens qui sont assis a bord de l'allée
n'en mènent pas large. Ca y est elle a fait son choix
.. un type d'une quarante d'années aux cheveux
drus.Elle lui caresse, la tête, la joue
"connaissez-vous Verlaine ?", puis sans plus de
manière elle
s'assoit sur ses genoux et se pelotonne contre lui,
dès que la chanson est fini. Toute la péniche tangue
de rire... et le bonhomme avec Marion sur les genoux
n'ose plus faire un geste. il se tient bien droit,
ne sachant pas trop ou mettre ses mains, a la fois
rigolard et crispés... nous, on le regarde, rigolards
... et envieux. Elle chante des chansons que
j'adore.. mais je sens qu'on arrive à la fin, et elle
n'a
toujours pas chanté La pharmacie, ni l 'Homme-escargot
que je voudrait entendre.. Et bien, non, elle les
chantera pas ce soir.. mais dans les toutes dernieres,
pendant que ses acolytes ont quitté la scène ...
elle s'assoit seule au clavier, et elle chante " je
voulais vous dire, comme une amoureuse, que tous vos
sourire, me rendaient heureuse" .. une de mes chanson
préférées , sur le dernier CD ... les rappels, il y
en aura que deux, pourtant ce n'est pas faute de..
tout le monde est visiblement sous le charme et ça
fait un raffut dans la la péniche. Elle dit qu'il va
etre possible de boire un pot après et que ceux qui
voudraient les emmener dans leur salon.. peuvent
acheter leurs CD, à la fin du spectacle. Les
applaudissement sont a tout rompre. Personne ne
voudrait briser le charme.
C'est fini, je reparle un peu avec ma voisine de
derrière .. elle etait venu avec des amis qui ne
connaissaient pas trop Paul et Robin et qui sont
enthousiastes. La femme parle de Catherine Sauvage.
C'est vrai, il y a une parenté, comme il ya une
parenté avec Juliette, Barbara, et meme Piaf, mais la
nouvelle coiffure de Marion, c'est vrai, ça fait
immanquablement penser a Catherine Sauvage. Dehors, il
y
a des gens qui s'apprètent a boire un pot, mais ce
sont des gens de la chorale. et j'ose pas trop rester.
J'aimerais pourtant parceque je suis sûr que Paul et
Robin vont venir boire un coup, et j'aimerais leur
dire, à quel point j'aime ce qu'ils font, la
conviction que j'ai qu'ils vont faire une très belle
carrière, même hors des sentiers battus, que je suis
sûr que la voix de Marion va emerger, auprès d'un
public de gens qui prononceront leur nom avec passion,
je voudrais dire a quel point c'est emouvant, une
nouvelle voix qui
s'eleve. J'aurai surement été incapable de le dire de
vive voix. Mais Marion chante une très belle chanson
sur la timidité, elle aurait bien compris dans mes
balbutiement ce que je voulais dire. Je monte dans
ma superbe Punto verte, qui ressemble a une poubelle
roulante et je rentre a la maison.Maintenant que je
connais Marion, je vais la reconnaitre sans me tromper
quand je la croiserai dans les rues de Rennes et
là, j'lui dirai ...

jeudi, 09 novembre 2006

Où écouter ....

où écouter sur une même radio, en une toute petite heure, Lény Escudéro, Michelle Bernard, Jehan Jonas, Julos Beaucarne, Mama Béa, Marc Robine, Michel Bühler,Joan Pau Verdier, Martine Caplanne, Agnès Bihl, Jeanne Cherhal .. et je ne parles que de ceux que je connais et non pas des jolies surprises, de ces sublimes inconnus que j'aime déjà au bout d'une seule chanson.
Suffit de cliquer là, c'est assez simple le bonheur, non ?

Le lendemain ....

j'en rajoute un peu ... comme j'ai la chance de pouvoir travailler en écoutant de la musique, pourquoi me priverais-je n'est-ce-pas ...
ce matin, j'ai entendu Damia .. sublime Damia, ce moment où elle dit:

Et là-haut les oiseaux
Qui nous voient tout petit, si petits
Tournent, tournent sur nous
Et crient : Au fou ! au fou !

oui, je sais, vibrer à l'écoute de Damia, a quelque chose d'étrange maintenant... je ne sais expliquer d'ou me vient cette passion pour une chanson française mal connue, Damia est une grande chanteuse et sans doute , qu'elle n'est pas complétement oublié, mais pour une Damia, combien de chansons oubliées , d'artistes tombés en désuétude, sortis de la mémoire collective, de vies eteintes attendant un succès qui ne viendra jamais ou trop tard, de chansons inoubliables et qui pourtant se sont perdues. Qui se rappelle d'AnnKrist ou Béa Tristan, et Jehan Jonas et sa rage poignante, Jehan Jonas mort à trente-sept ans, avant que le succès n'arrive et qui ecrivait des chansons sublimes . J'écoute Anne Vanderlove, Ballade en Novembre date de 1967, et oui, j' etais déja là pour l'ecouter. C'est à cet instant que quelque chose est née en moi, je crois. "et si j'ai de l'eau dans les yeux c'est qu'il me pleut sur le visage ..." difficile d'expliquer tout ce qui me rattache à cette chanson, mais si je disais que cela me parle d'escalade ou de deux enfants effrayés sous l'orage dans un canoë remontant une rivière, du parfum de l'eglantier ou des voiles de caravelles qui claquent dans le vent, de souvenirs d'enfances enfouis, de ces instants extraordinaires que j'ai vécu avec ma soeur à cette époque ... je suis sur qu'il y a tout ça dans ces chansons que j'écoute, que c'est à ce moment que quelque chose s'est cristallisé et qui ne m'a plus laché. Chacun fait une expérience artistique décisive pour lui, à un moment non ? moi, c'etait à cette époque je crois .. entre 4 et 7 ans. Et à tout prendre, je prefère que ce soit ces chansons là qui m'accompagnent .. imaginez que ça aurait pu etre aussi bien Johnny Halliday !

mercredi, 08 novembre 2006

Nadau en companhia

Cet été, on a manqué le concert de Nadau, qui devait avoir lieu, dans l'arène d'un village, au pied des pyrenées. En traversant le village, on a bondit de joie.. enfin, on allait les voir, les Nadau, les merveilleux occitans. Nadau, c'est un mélange de joie, de fête, et de recueillement. Certaines chansons sont d'une intensité bouleversante. Les voir dans une arène, ç'aurait été un moment unique et inoubliable. Les CD en public témoignent de la ferveur qui accompagnent leurs concerts.
Voilà, on a manqué Nadau et peut-etre que l'occasion ne se représentera jamais. Qu'est-ce qu'on en sait ? Qu'est ce qu'on sait des occasions manquées ? Sait-on jamais que c'etait la dernière? Je repense au Poême à crier dans les ruines:
Qu'est-ce donc qui m'émeut à un pareil point
Dans ces derniers mots
Le mot dernier peut-être mot en qui
Tout est atroce atrocement irréparable
Et déchirant
Mot panthère
Mot électrique
Chaise
Le dernier mot d'amour imaginez-vous ça
Et le dernier baiser et la dernière
Nonchalance
Et le dernier sommeil
Tiens c'est drôle
Je pensais simplement à la dernière nuit
Ah tout prend ce sens abominable
Je voulais dire les derniers instants
Les derniers adieux le dernier soupir
Le dernier regard

En écoutant ça,on a juste envie de ne rien gâcher, que chaque instant compte ..
et puis merde, on arrivera à les voir un jour, les Nadau ! non ?
on peut les voir là, en attendant

jeudi, 22 juin 2006

Radio days - Y a de la chanson dans l'air

Je pensais au film de Woody Allen, Radio Days.Une image de ce film qui m'accompagne est celle du vengeur masqué. C'est un feuilleton radiophonique, il a une belle voix grave de vengeur masqué. Mais l'acteur est petit, chauve et rondouillard. Voilà j'aime la radio, parcequ'elle peut faire d'un homme petit, gros et chauve, un impitoyable vengeur masqué.
La radio a été un des bonheur de mes années d'études qui ont couvert une bonne décénnie ... ( j'ai beaucoup redoublé !)

Un jour j'ai découvert une émission qui s'appelait Ya de la chanson dans l'air . La voix chaude qui animait cette émission etait celle de Jean-Louis Foulquier. Je ne savais pas comment appeler ce que j'écoutais alors, ces chansons d'auteur qu'on entendait guère à la radio et je m'etais résolument tant bien que mal à cette marge. Y a de la chanson dans l'air passait sur France Inter entre 17 et 19h, à l'heure où Europe 1 se gargarisait du Top 50 et certes, on entendait au Top50 Il est libre Max , mais il n'y avait guère que Max pour être libre sous la férule de ce Top 50. Et tout d'un coup, je découvre, une émission dans laquelle Foulquier et sa petite troupe, sillonnent la France et donne à entendre une chanson incroyablement vivante et qui me ravit. Et je découvre un homme, Foulquier qui est l'honneur du journalisme, qui met son amour de la chanson, sa simplicité et sa gentillesse, au service de cette chanson que j'aime tant. C'est ainsi, il ya des gens, tel que Chancel possèdant un talent rare pour débusquer l'aigre, le mesquin, le gagne-petit chez leur invités, qui révèlent infalliblement ce qu'il y a de pire chez les gens, et d'autres comme Foulquier qui font donner à leur invités le meilleur d'eux-même. Ainsi Lavillier qui etait capable de se montrer sous un jour peu reluisant, devenait passionnant quand il venait chez Foulquier. Ainsi, les années Y a de la chanson dans l'air , ça a été pour moi un bonheur de découvertes sans cesse renouvellé au gré des émissions et ça m' a nourri, vraiment nourri ...
En sillonnant la france, l'emission ouvrait souvent sa porte à des quasi-inconnus. J'y pense
avec une immense nostalgie. Parmi toutes les voix entendues, certaines ont emergé, certaines sont restées inconnues, et je n'ai aucun moyen de retrouver certaines de ces voix singulières .. elles se sont perdues, peut-etre dans une forme de désespoir ou dans une lente agonie, une absence qui me manque un peu et que je ne sais pas où retrouver. Je me souviens d'une chanson sublime, je n'en ai plus que des bribes de paroles et pourtant j'ai toujours l'air dans la tête, je me souviens qu'elle disait
" .. aperçevant la silhouette
d'un bateau qui rentre au port
les cales pleines à ras-bord".

Comment retrouver l'auteur de cette chanson, dont je n'avais pas capté le nom? j'avais cherché fébrilement une cassette pour l'enregistrer en espérant que l'enregistrement soit bon, et évidemment il etait atroce. Et comment retrouver Emilio Ray, ou Emy Lioret ? ou ? .. je ne suis jamais parvenu a saisir son nom exact ... lui qui chantait d'une voix cassé, mais intense ce qu'on appelle l'amour c'est un soleil, au large une ile, c'est une fièvre .. c'est la premiere . J'ai essayé de chercher sur internet. Les moteurs de recherche ne font pas de miracle. Je crains donc qu'ils n'aient jamais vraiment percé, qu'ils se soient découragés. C'est toujours cette même phrase de Julos qui me revient " Tant de voix perdues ..".
Mais ce n'etaient pas que des inconnus, qui venaient, et j'ai connu des emissions prodigieuses. Au fil des années, l'emission changea d'heure, de formule, devint Les copains d'abord, Pollen, ou je sais plus quoi, elle cessa de sillonner la France, mais investit des lieux comme Le divan du monde, et bien que son temps d'antenne se reduisit, elle connut des heures infiniment riches.
Certains chanteurs n'etaient pas encore connus, mais allaient le devenir. Au tout début des années quatre-vingt-dix, j'ai soudain dressé l'oreille. Une voix incroyable, inconnue s'elevait soudain, elle enregistrait son 1er CD, le sublime Que Tal?, c'etait Juliette. Juliette, qui arrive comme un miracle, comme un bonheur sans nom, avec ses textes sublimes et sa voix inouïe. Je dois tellement de découvertes à Foulquier. Même Marianne Oswald, la grande voix des années trente ( j'en ai deja parlé, si on suit ..) , c'est chez lui que je l'ai entendu avec sa complice Hélène Hazera qui passait les mercredi soir dans l'emission pour renouer avec des voix oubliées. Certains soirs, il se produisait comme des sortes d'instants de grâce, de rencontres fabuleuses, quand dans la même emission, on retrouvait Angélique Ionatos chantant avec ce recueillement, cette intensité qui n' appartient qu'à elle, Andra mou Paï, en dialecte calabrais, je l'imaginais faisant corps avec sa guitare, elle qui en joue ( de la guitare ) comme personne et dans la même émission, la voix bouleversante de Brenda Wooton, egrenant une chanson de son enfance cornouaillaise. C'est à Foulquier que je dois mon admiration sans borne pour Lluis Llach, venu chanter avec Marina Rossel et Maria del Mar Bonet, Lluis Llach dont j'ai acheté tous les disques ensuite, dont le fameux concert dans le stade de Barcelone, ou il pouvait enfin chanter après la mort de Franco. Et Idir et tant d'autres. Mais beaucoup d'artistes doivent, je pense, à Foulquier d'avoir été écouté comme artistes, mais aussi comme êtres humains, à l'image de Catherine Ribeiro, desespérée, tournant dans des salles de plus de plus petites, voyant sa carrière partir en vrille ...
Toutes ces années à écouter ses emissions, ça a été des heures très belles, très riches. Quand j'entend la voix de Foulquier à la radio, j'ai l'impression d'entendre un vieux pote et vous allez donc bien me pardonner le ton d' emphase dythirambique que je donne à l'hommage que j'ai envie de lui rendre. Mais au fait, mais sans doute que vous aussi, vous les avez vécu avec passion ces radio days ? ( enfin, je parle pas pour les gamines, comme Gnd et Tod hein . .. ;)

samedi, 13 mai 2006

Jacques Douai

j'ai trouvé sur le net, ce bel hommage à Jacques Douai, qui est mort l'an passé.
Jacques Douai que j'ai vu sur scène dans une autre vie ...

Jacques Douai

jeudi, 20 avril 2006

Aristide Bruant

Sur le net, on peut trouver des dizaines de sites qui parlent d'Aristide Bruant.On y tourne et retourne dans tous les sens, le mythe de cet homme que l'on croit parfois chanteur engagé et révolutionnaire, ecrivant dans une langue très argotique la misère du petit peuple, mais qui finit sa vie immensément riche et chatelain.
A l'ecouter, puisqu'il faut l' écouter et se fiche de la légende, on sourit en se disant que Renaud n'a vraiment pas inventé grand chose, mais qu'il a bien écouté Bruant. Cela n'enlève rien a l'affection que j'ai pour Renaud, et ce n'est quand même pas tout à fait pour rien que ma fille s'appelle ..Libellule.
Enfin, qd je dis qu'il faut l'écouter, il faut écouter ses chansons chantées par quelqu'un, il faut se concentrer sur son oeuvre. Lui chantait pas vraiment très bien, c'en est même éprouvant. Renaud chante juste, si on le compare à Bruant. Mais écouter Monique Morelli chantant Bruant, cela commence à valoir la peine.
Parceque finalement que Bruant soit révolutionnaire ou brave bourgeois encanaillé, alimentant soigneusement sa légende, n'a pas tellement d'importance, au regard de ses chansons,dont certaines sont des bijoux d'écriture. On ne peut pas oublier que Bruant est l'auteur des Canuts, qui est une chanson révolutionnaire d'une grande beauté et d'une facture sublime. Je suis tombé amoureux de cette chanson, en l'entendant dans Avoir vingt ans dans les Aurès, un film sur (contre, je devrais dire) la guerre d'Algérie de René Vautier.
Mais écoutez ça :

A la Bastoche


Il était né près du canal,
Par là... dans l' quartier d' l'Arsenal,
Sa maman, qu'avait pas d' mari,
L'appelait son petit Henri...
Mais on l'appelait la Filoche,
A la Bastoche.


En peu de mots, tout est dit. c'est magnifique, non ? un immense talent, personnellement, je trouve.

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