mardi, 11 septembre 2007

Le tiercé

Je m'interroge sans avoir la réponse depuis trois jours sur une phrase que j'ai lu.
D'ailleurs, il n'y a pas de réponse
Je dirais même que la question n'a guère de sens.
D'ailleurs, ce n'est même pas une question
C'est moi qui me pose la question.

c'est une affirmation:

J'étais déjà hors d'âge lorsque je découvris Julio Cortázar, sans doute l'un des trois grands écrivains sud-américains de ce siècle. Que le géant argentin soit devenu, et resté depuis 20 ans, un si fidèle compadre est un des grands bonheurs de ma vie. (Philippe Cottet http://www.cottet.org/etudes/cortazar.htm


Je ne pense pas qu'il soit dans les intentions de l'auteur de cette affirmation de faire un tiercé, ni de comparer les mérites des uns et des autres. Autrement dit, je me mets la pression tout seul. Mais bon sang, qui sont ces trois grands écrivains sud-américains de ce siècle ? quel est le tiércé gagnant, et quel consensus ?

Je vous ai dit qu'il n'y avait pas de réponse. Evidemment. Le consensus en littérature, ça se saurait, non ? Mais il y a forcément quelques noms qui se dégagent dans l'esprit de chacun. Chacun dressera son petit panthéon personnel, faisant la part des ses goût et de son ignorance et nous en resterons là. Neanmoins, l'affirmation est forte. " l'un des trois grands écrivains" .. ce n'est pas l'un des 10 ou des 15, tu vois ? il te faut en choisir trois.

et ça se complique.
Parceque moi aussi je mets Cortazar, dans les trois. Cortazar est un immense écrivain, une joie et un bonheur de lecture sans fin.
Bref, il faut en choisir encore deux. euh ... plus que deux !
et dans ces deux, comment pourrait oublier Sabato, le sublime, l'inégalable Ernesto que j'admire par dessus tout ?
vous voyez qu'il n'en reste plus qu'un. bon dieu, plus qu'un !

comment ne pas prendre Borges. Vous me voyez oublier Borges, dans les trois plus grand écrivains d'amérique Latine ? vous voyez bien que ce n'est pas possible, tellement Borges marque la littérature de son empreinte. ce n'est pas un choix de convenance. On ne peut oublier Borges, un point c'est tout !
mais là, ça fait 3 argentins ! et c'est quand même un peu fort de dire que les 3 plus grands sont des argentins ! donc si j'enlève Borges ? je vais me forcer à ne pas le remplacer par Bioy Casarès, que j'admire tout autant .. mais plus d'argentin, on a dit !
Mettons que les poètes ne soient pas considérés ici , hein .. sinon, je ne peux échapper à Neruda ! qui tu mets en 3eme ?
Quiroga ? peut-on décemment oublier Quiroga dans ce tiercé ? Et Coloane ?
par chance, je connais moins le Brésil, même si des incursions dans les nouvelles brésiliennes l'an dernier m'ont convaincu de l' immense richesse littéraire brésilienne, avec des auteurs comme Lygia Fagundes Telles ou Joao Guimaraes Rosa. On passera sous silence le pénible Coelho, car comme dirait une amie .. "évidemment que je n'ai pas lu et que je n'ai pas aimé!"
Et pour moi, ni Vargas Llosa, ni Garcia Marquez ne peuvent figurer dans cette liste de trois. alors qui, bon sang ? je dois lire encore, je vous en reparle dans 20 ans.
et vous, vous dites quoi ?

mercredi, 22 août 2007

note de lectures

vous savez que ce blog est au départ censer vous rebattre les oreilles de mon actualité littéraire. Vous savez également que mes notes de lectures ont généralement un succès fou , comme en témoignent les nombreux commentaires qui les accompagnent. Mais comme je ne souhaite pas faire de ce succès une recette facile ( un veritable artiste ne répète jamais ses effets), je vais grouper dans cette note, les bouquins que j'ai lu cet été. ( Au moins comme ça, je me rappelle de ce que j'ai lu ... )

Les brumes du passé de Leonardo Padura. Je n'avais rien lu du bonhomme. J'aimais beaucoup l'idée initiale. Celle d'un ancien flic devenu revendeur de livres à La Havane. A Cuba, les gens qui possèdent des livres les revendent pour survivre. Un jour, Mario Condé découvre une bibliothèque fabuleuse, contenant tous les tresors de la bibliophilie cubaine. Mais dans un des livres, il dcouvre également la trace enfouie d'une chanteuse de Boléro disparue, dont le nom lui rappelle quelque chose, qu'il n'a de cesse de retrouver. Ce livre, c'est donc l'histoire de cette quête.
On sent bien que la forme du roman policier est propice à parler de la réalité cubaine. C'est le coté vraiment très interessant du bouquin, enfin je suppose même que c'est sa finalité. C'est chouette à lire, alors pourquoi je suis un poil déçu ? sans doute que j'attendais beaucoup de ce livre. Pourtant l'enquête est plutôt bien fichue, recèle son lot de surprise, c'est bien menée et je l'ai lu avec beaucoup d'interêt. Pourtant il me semble que j'ai déjà commencé à oublier ce livre.

C'est comment l'Amérique de Franck Mc Court. De ce bouquin, je ne savais quoi attendre. Il etait précédé d'un grand succès public. On me l'avais donné. Il fallait bien que je finisse par le lire. Curieusement j'attendais un truc .. je sais pas .. j'imaginais quelque chose à la Dickens, ou bien un peu compassé ou .. enfin. Franck Mc Court possède une verve et un humour considérable. Il écrit ce qui lui arrive avec une fausse naïveté rejouissante et drolatique ... et c'est quelque chose que de débarquer au début des années 50 à New York, avec un accent irlandais à couper au couteau, 18 ans et 20 dollars en poche . Alors comment on se debrouille dans la vie en partant de là, comment on devient professeur d'anglais alors qu'on est issue une famille misérable et qu'on n'a même pas le certificat d' étude secondaire ... Sur le bateau qui le menait aux etats-unis, Franck Mc Court lisait un livre trouvé sur le bateau, et c'etait Crime et Chatiment, de Dostoïevski .. l'air de rien, ça ouvre des portes, mentales et sociales, ce genre de lectures :) C'est une très bonne surprise ce bouquin. Je l'ai fini avec un fort attachement pour celui qui l'a écrit.

Sale Prof de Nicolas Revol. ça c'est sur la condition d'un prof de banlieue. C'est pas de la litté, mais c'est très bien à lire, parceque Nicolas Revol est quelqu'un d'une grande lucidité et d'une grande honneteté. j'aime beaucoup, à la fois la façon de parler de ses élèves, de parler de son métier et le recul qu'il sait prendre;

Dans les bois éternels de Fred Vargas. Je n'aime pas trop les romans policiers. En général, ces histoires de droit commun me gavent et je vois pas de raison de me creuser la tête pour trouver un assassin. Je fais une exception pour Crime et Chatiment de Dostoïevski .. et pour Fred Vargas. J'avais adoré le précédent. Sous les vents de Neptune, je l'avais trouvé prodigieux. Celui-ci est vraiment excellent, lui aussi. Ce que j'aime, dans ses bouquins, c'est son aptitude a s'encrer dans .. bon, je sais pas comment le dire .. une sorte de mythologie, d' histoires surgies du fond des âges. C'est à la fois des histoires et de l'histoire. C'est clair ? non ? bon tant pis. Lisez, si ce n'est pas encore fait.

Le territoire des barbares de Rosa Montero. Alors c'est l'histoire d'un retour vers l'enfer, de Zarza, qui porte en elle un passé insupportable, qui l'a mené d'une famille détruite, dominé par la figure d'un père complétement pervers au territoire de la Reine, la Blanche qui exige tout les sacrifices, et te réduit à l'esclavage. C'est une atmosphère infiniment glauque, mais le récit est mené de manière remarquable et c'est en même temps superbe, il y a de très belles idées et des instants remarquables et je pense que ça vaut la peine de savoir ce que Rosa Montero a fait d'autre dans sa vie. C'est bien écrit, plutôt simple et efficace, mais c'est surtout cette envie de comprendre et d'aller à la source des choses que j'ai aimé.

bon, et puis, là , j'ai commencé Neige de Orhan Pamuk, alors j'en parlerai peut-être ( ou peut-etre pas, vu que j'ai pas été fichu de faire une note sur L'ange des ténèbres de l'immense Sabato ... mon dieu vivant ! )

mercredi, 04 juillet 2007

Le printemps des camarades

Lise London, le printemps des camarades.
je ne la connaissais pas. J'ai pris le livre à cause de son nom. Qui pouvait bien porter ce
patronyme de London? Vous en connaissez beaucoup des London ? alors London, comme Jack ou London comme Artur ?
Lise London, s'est d'abord appelée Lise Ricol. Fille d'immigrés espagnols venus chercher du travail en france, son enfance c'est la pauvreté de ces années là, quand on a un père mineur silicosé. Mais aussi un père coco, de la première heure.Et c'est ça qui sera determinant dans sa vie. Alors, Jack ou Artur ? Artur evidemment.
Vers 15 ans, Lise est déjà une militante, avec la force de conviction propre à cet age. C'est les années trente. Il y a un paradis terrestre, c'est L'URSS. A vingt ans, elle se retrouve envoyée comme secretaire comme Kommintern à Moscou. Elle est déjà mariée, mais c'est là qu'elle croise Artur London, jeune militant tchèque. D'ailleurs, à Moscou, Lise croise tout ce que le combat révolutionnaire a rendu mythique. Une femme espagnole qu'elle ne connait pas, mais avec qui elle sympathise en raison de ses propres origine espagnole? Dolorès Ibarruri, evidemment que c'est elle, la passionaria, avec sa voix de légende.
Elle la recroisera lors de la guerre d'espagne. Elle se lie d'une amitié profonde avec un vietnamien qui deviendra des années plus tard, Ho chi minh, et qui bien après, encore après les procès de Prague, de London, Slanski et les autres, saura montrer son indéfectible amitié. Mais à Moscou dans les années 35, malgré les signes inquiétants qu'on ne sait décrypter, des personnes qui disparaissent sans crier gare, une figure domine, celle du petit père des peuples, objet de toutes les vénération. Lise raconte la ferveur quand elle l'a vu, elle raconte l'adoration d'alors. Elle raconte sans fard. Ils adoraient Staline et cette adoration est au dessus de tout, au dessus du commencement d'un soupçon. Au dessus des immenses privations qu'ils ne soupçonnaient pas en France et qu'ils endurent maintenant. Mais Lise a vingt ans, et elle sait que les lendemains chanteront. Il faudra des années pour qu'elle commence enfin à comprendre. Elle qui s'est battu sur tous les fronts pour la classe ouvrière, qui s'est engagée sur ce chemin, avec une conviction sans faille, avec la même sincérité et la même soif d'absolu que tous les autres. De tous ceux qu'elle recroisera ici ou là, ceux qu'elle verra mourir en Espagne ou dans les camp de concentration. Après Moscou, c'est le retour en France, elle est loin d'Artur, resté en URSS, elle est enceinte. Mais part pour la guerre d'espagne, y perd son bébé. Elle vit l'horreur de l'abandon de la république Espagnole par tous les pays démocratiques au moment ou les armées de Mussolini et d'Hitler se portent au secours de Franco.
Des années terribles s'enchainent, la résistance, la prison, la déportation. Mais c'est l'objet d'un autre livre. Après la guerre elle croise une jeune femme qu'elle a connu dans le Kommintern. La jeune femme lui raconte qu'elle aussi a été déportée. Lise finit par lui faire dire qu'elle a été deportée dans les camps soviétique, mais elle ne comprend toujours pas. Elle lui dit "comme tu as du souffrir d'être confondue avec les ennemis du peuple". Il faudra encore bien des années, il faudra le procès fait à Artur qu'il décrit dans L'Aveu et que Costa Gavras a porté au cinéma. il faudra le doute et enfin, les yeux qui s'ouvrent. Mais Lise London est une femme exceptionnelle. C'est bien d'elle aussi, que parle Ferrat
dans le Bilan.

"Vous aviez combattu partout la bête immonde
des brigades d'Espagne à celle du maquis
votre jeunesse etait l'histoire de ce monde
vous aviez nom Kostov ou London ou Slanski"

J'aime chez Lise London, son amour de la vie, sa gentillesse,sa simplicité. Elle écrit ce livre, dans les années 80-90. Elle est une vieille dame. L'amour de sa vie, Artur, qu'elle a toujours appelé Gérard est mort. Elle en est desespérée, mais elle continue à porter sur les êtres et les choses un regard plein de tendresse. Elle aime les gens, il n' y a jamais un réglement de compte, jamais une parole perfide. Lise London est une femme formidable. Ce qu'elle décrit de sa vie, son engagement dans tous les combat du siècle, elle en parle avec une infinie simplicité, ainsi que de son aveuglement, leur aveuglement face au stalinisme... Ils ne pouvaient admettre, ils etaient dans cet etat de vénération. Je repense aux mots de Kundera, dans "Le livre du rire et de l'oubli".
"... nous avions toujours quelque chose à célébrer, un anniversaire ou un évènement quelconque, les anciennes injustices etaient réparées, de nouveaux injustices etaient perpétrées, les usines etaient nationalisées, des milliers de gens allaient en prison, les soins médicaux etaient gratuits, les buralistes se voyaient confisquer leur bureaux de tabac, les vieux ouvriers partaient pour la premiere fois en vacances dans les villas expropriées et nous avions sur le visage le sourire du bonheur.Puis un jour j'ai dit quelque chose que je ne devais pas dire. J'ai été exclus du parti et j'ai du sortir de la ronde.
[...]
Pareil à une météorite arrachée à une planète, je suis sorti du cercle et je n'en finis pas de
tomber. Il ya des gens auxquel il est donné de mourir dans le tournoiement et il y en a d'autre qui s'écrasent au terme de la chute. Et ces autres ( dont je suis ) gardent toujours en eux comme une secrète nostalgie de la ronde perdue, parce que nous sommes tous des habitant d'un univers où tout tourne en cercle."

Et moi j'ai adoré lire "Le printemps des camarades". Beaucoup de gens avec qui elle a combattu sont allé se faire tuer pour la république espagnole, ou ne sont revenus d'Espagne que pour s'engager dans la résistance, pour aller mourir à Buchenwald ou ailleurs. Mais jamais on ne pourra dire qu' ils n'etaient pas portés par une générosité et un sens de la fraternité immense. Même s'il furent longtemps aveugles. Mais c'est si facile d'avoir du recul, plus d'un demi siècle plus tard. Alors, à ceux qui pensent que communisme et nazisme, c'est la même chose, je voudrais leur dire de lire Lise London.

Et en ces jours où de tristes sires nous gouvernent en répètant inlassablement leur antienne sur la gauche archaïque, j'ai envie de me proclamer de cette vieille gauche, qui croyait un peu en autre chose que la loi du marché et dire mon admiration et ma tendresse pour la personnalité de Lise London, qui est à ma connaissance toujours vivante, à près de 90 ans. Et qu'une femme qui fut des combats qui appartiennent à la grande histoire du 20eme, soit toujours vivante, c'est inoui, non ?

vendredi, 16 mars 2007

Elsa Osorio

Luz ou le temps sauvage m'avait bouleversé.
Ce livre racontait l'histoire de Luz, une jeune femme d'une vingtaine d'année, qui, à la naissance de son fils, entreprend de demêler les fils de son passé. Et ce qu'elle découvre petit à petit, c'est qu'elle est une enfant de "disparus". L"histoire, pour romancée qu'elle soit, n'a rien d'une fiction. Pendant la dictature argentine qui a sévit entre les années 70-80, beaucoup d'enfants ont été volé à leurs parents opposant politiques au régime et adoptés par des familles de tortionnaires ou des familles complices du régime. Ces enfants de disparus dont on soupconnait l'existence, les grand-mères de la place de Mai les ont cherché sans trêve. Maria Macarena, petite fille du poête argentin Juan Gelman a vécu la même histoire. Juan Gelman a cherché sa petite fille pendant des années, avant de la retrouver enfin, agée de 23 ans en Uruguay dans une famille affiliée à la dictature et ignorant tout de ses vrais parents. Vous trouverez des éléments de l'histoire de Maria Macarena et de Juan Gelman
ici
Le livre d'Elsa Osorio raconte donc une histoire un peu similaire . C'est un livre remarquable, avec un dispositif narratif, très riche et passionnant. J'avais lu ce livre en deux jours et j'en etais sorti hagard.

J'attendais donc avec impatience, le nouveau livre d'Elsa Osorio Tango
Sans avoir été aussi bouleversé que par le premier, je l'ai quand même beaucoup aimé. Elsa Osorio aime les narrations complexes et polyphoniques. Ici c'est le Tango qui sert de lien entre les personnages d'une histoire qui couvre un siècle d'histoire de l'Argentine. C'est l'histoire entremelée de plusieurs familles, de différentes conditions sociales avec leur luttes ou leur hypocrisie sociale, des histoires de déchirements amoureux,de vies brisées, de renoncements. Finalement, le tango constitue un lien plein de richesse, parceque c'est la musique et la danse du petit peuple, et des bas quartiers de Buenos Aires, que méprisent la bonne société. Mais c'est aussi là où le bourgeois s'encanaille, c'est le lieu de beaucoup de passions. C' est une belle introduction à l'histoire d'un pays constitué de vagues de migrations de tout horizons et qui sombre dans la violence de la dictature, en s' adossant aux élites sociales complices. Le bouquin offre les ressorts littéraires d'une saga, et dans les sagas, on retrouve toujours un peu, l'idée que les vies sont courtes et qu'il est si facile de les gâcher.
Bref, je l'ai aimé.
Elsa, si tu passes par là. Merci pour ce livre !


J'ai oublié.
Dans Tango , on voit passer la silhouette gracile de Isadora Duncan, qui fit scandale à Buenos AIres, auprès de la bonne société portègne. Je connaissais l'épisode pour l' avoir lu, chez Eduardo Galeano. Comme le livre dont il est tiré, est difficile à trouver, je m'autorise à recopier le texte ici. Mais si vous tombez dessus, il faut lire absolument Le siècle du vent ( c'est une sorte d'histoire de l'amérique latine au 20 eme siècle, à partir de textes courts, sur différents évènements. Le visage et les masques , du même Galéano, traite de l'amérique latine au 19eme siècle, les deux sont passionnants et introuvables, soit et il y en a encore un, qui traite de l'époque avant le 19 eme, mais z' hélaaaaaaaaaaaas, je l'ai pas !!! si quelqu'un me le trouve !)
(PS, vous avez 4 bouquins, pour le prix d'une note, c'est pas mal, non ?)
Bref, voici Isadora

Buenos Aires 1916.
Nu-pieds, nue, le corps à peine drapé dans le drapeau argentin, Isadora Duncan danse l'hymne national.
Un soir, elle a cette audace, dans un café d' étudiants de Buenos Aires et, le lendemain, tout le monde est au courant.
Son impressario rompt le contrat qu'il a avec elle, les bonnes familles rendent leur billet au Theatre Colomb et la presse exige l'expulsion immediate de cette pêcheresse nord-américaine qu est venue en Argentine souiller le symbole de la patrie.
Isadora n'y comprend rien. Pas un Français n'a protesté quand elle a dansé La Marseillaise simplement drapée dans un châle rouge. Si l'on peut danser une émotion, si l'on peut danser un idée, pourquoi ne peut-on pas danser un hymne .
La liberté offense. Femme aux yeux brillants, Isadora est l'ennemie déclarée de l'école, du mariage, de la danse classique et de tout ce qui emprisonne le vent. Elle danse parce qu'en dansant,elle prend duplaisir , elle danse ce qu'elle veut quand elle veut et les orchestres font silence devant la musique du corps.

Eduardo Galeano - Le siècle du vent

lundi, 12 mars 2007

Pachydermique

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j'aime les éléphants, depuis toujours, c'est un amour inconditionnel. Sur les photo, c'est encore Katka, que j'avais montré une fois précédente. C'est juste pour dire que j'ai un nouveau livre, qui s'appelle L’ Éléphant, mythes et réalités sous la direction de Karl Gröning, Könemann, 1998. C'est une somme, un livre pachydermique. L'iconographie est exceptionnelle. Bien sûr, il y a les éléphants dans leur milieux naturel, mais tout ce qui a trait à l'éléphant, depuis l'antiquité, toutes les représentations de l'éléphant, les mythes et histoires qui y sont rattachées, y sont. C'est un livre génial.


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mardi, 06 février 2007

Pas à Pas - Louis Sachar

Théodule et moi, on vénère Louis Sachar.
Alors quand un nouveau Louis Sachar sort, on l'achète tout de suite.
Dans Pas à Pas , on retrouve deux personnages du Passage . Aisselle qui essaye de se débarasser de ce surnom gênant et l'un de ses compagnons d'infortune au camp de redressement du Lac Vert, le fantasque X-Ray. Alors qu'Aisselle s'efforce d'avancer pas à pas, dans sa nouvelle vie, avec le poids de ce passé, X-Ray lui propose une affaire en or.
Mec je t'offre une affaire sur un plateau. Sur un plateau, je te dis. Si les frères Wright, les premiers aviateurs de tous les temps etaient venu te trouver, tu leur aurais répondu qu'il est impossible de voler.
- Les frères Wright, demanda Aisselle, à quelle époque tu vis ?


Mais Aisselle finit par souscrire avec inquiétude et fatalisme à l'affaire en or.
- et comment, on est associés toi et moi, maintenant, pas vrai ?
- Pas vrai? répéta X-Ray
Ouais, on est associés , finit par lâcher Aisselle;
X-Ray lui donna une tape amicale sur l'épaule.
-Tu ne le regretteras pas.
Il le regrettais déjà.


L'affaire en or, se révèle .. une affaire en or, qui l'entraine dans des histoires rocambolesques, d'abord avec Ginny, qui est née avec une paralysie cérébrale Aisselle avait l'impression qu'elle etait à la fois la marionnette et le marionnettiste.Il lui fallait un effort pour savoir quelle ficelle tirer afin d'actionner les bras et les jambes correctement . Toutes les peluches de Ginny ont des maladies, même Coucou, qui a une leucémie, mais qui n'aime pas en parler . Et entre Ginny, la petite voisine blanche fragile et handicapée de naissance, mais lumineuse et Aisselle le grand gaillard black,revenu de l'enfer du Lac Vert, l' amitié est instantanée, et pleine d'attention et de tendresse. Et c'est bien grâce à Ginny, que la vie d' Aisselle va croiser celle de Kayra DeLeon.

Je ne sais toujours pas exactement pourquoi j'aime tant les livres de Louis Sachar. Mais pénétrer dans ses livres, c'est avancer pas à pas, tous les sens aux aguets, un peu comme dans ces vallées silencieuses et retirées du monde, et où chaque battement d'aile compte. Je me demande toujours pourquoi j'aime tant, sans trouver de réponse. Je n'ai pas besoin de ces réponses pour aimer,mais je crois que c'est un dialoguiste prodigieux, et qu'on entend dans chaque dialogue tout le banc et l'arrière-banc; J'aime aussi parceque ses personnages sont en quête de tendresse et ont des comptes à régler avec la solitude. Et il émane de ça une finesse de perception et d'attention qui touchent profondément. Chez Louis Sachar, on est toujours condamné à se battre contre le destin mais on peut compter aussi sur de belles rencontres et quelque chose qui à la couleur de l'amitié.

Quand je lis Louis Sachar, je verse dans la dythirambe. ( <= Gaspard ne sait toujours pas écrire dithyrambe, Aude, tu notes !!! )

mercredi, 31 janvier 2007

L'ombre de l'eunuque, Jaume Cabré ( extrait)

Je viens de lire L'ombre de l'eunuque , d'un auteur catalan, Jaume Cabré. C'est un très beau livre, une écriture d'une grande qualité, pleine d'humour, d'intelligence, de sensibilité. En voici un extrait. Celui qui parle n'est pas le personnage central du livre. Mais il a dans le déroulement du récit, une importance considérable. Il est l'oncle de Miquel qui est le personnage principal, issu d'une famille fortunée, et qui quitte le confort et la sécurité que lui donne cette famille, pour le combat anti-franquiste et la lutte politique. C'est l'histoire d'une famille, d'une maison. Bref, lisez-le.

Extrait.

Personne ne m'avait expliqué ce que cela voulait dire, être homosexuel. A l' époque on disait lopette, pédé, chochotte, mais on n'employait pas homosexuel comme on dit aujourd'hui, entre autres choses parce que personne n'en parlait jamais. Mais moi je le vivais sans savoir que je le vivais. Je pensais que c'etait normal d'avoir peur des femmes, de les tenir à distance. Je me suis réfugié dans Virgile et dans Horace
[...]
Ce qu'on ne savait pas c'est que Virgile et Horace etait une cachette pour ne pas me trouver avec des femmes et pour écarter de moi les très belles figures des hommes qui me plaisaient.
[...]
Finalement je mes suis décidé à aller en secret voir mossèn Vicenç
"Pourquoi ?
- Parce que c'était ce qui se faisait. Mossèn Vicenç était agé, mais il avait la réputation d'être sage et prudent, et je me disaisqu'il pourrait m'expliquer ce qui m'arrivait et quelle etait la meilleure solution. Et oui, il me l'a donnée, la solution: il a fait de moi un malheureux pour toute ma vie. Il l'a fait avec habileté."
" Toi tu sais ce que tu es ?
- Non, mossèn. Que voulez-vous dire que je suis ?
- Tu sais ce que tu es? et sa voix tremblait obscurcie par la pénombre du confessionnal.
- Non mossèn
- Un vicieux. "
C'etait une sentence à vie. Moi Maurici Sans Terre; le vicieux, je l'ai écouté terrorisé. Et j'ai apparis , dans une profonde affliction, que j'etais apparenté à Sodome et Gomorrhe et que le châtiment divien retomberait sur moi, à moins que ...
" Que quoi, mossèn ?
" que tu réprimes cette impulsion contre nature et que tu offres cette mortification à Notre-Seigneur; que tu t'abstiennes toute ta vie de n'importe quel type de relation charnelle; et que tu ailles voir le médecin.
-Le médecin? Moi?
- Et cent Ave Maria."
Je suis allé voir le médecin, le docteur Canyameres, qui m'a écouté avec beaucoup d' attention mais qui, toute de suite, s'est montré attristé. Il ne pouvait rien faire, lui, il ne pouvait pas, tu me comprendS, Maurici, je ne peux pas te prescrire un remède... A moins que tu ne fasses un effort ...
" De quelle sorte?
-Bien, moi ... ce n'est pas que je veuille te pousser, mais ... pourquoi n'essaies-tu pas d'aller avec une femme... il serait possible que tu y prennes goût.
- J'a essayé.
- Et ?
- ça m'angoisse. Non. j'y suis très mal à l'aise. Elles me font peur. C'est plus fort que moi. "
Grace au mossèn et avec l'aide inestimable du docteur Canyameres; moi, Maurici Sans Terre le Vicieux, prince de Sodome et seigneur de Gomorrhe, j'ai vécu en pleurant en moi et en me sentant pêcheur.
Au bout de soixante ans, étendu sur le lit de la résidence, il pointa le doigt sur son petit neveu, le regarda fixement et avoua les yeux endoloris et la voix cassée, qu'après avoir parlé avec mossèn Vicenç et avec le docteur Canyameres, il compris que quelqu'un l'avait condamné à ne jamais être heureux.

mardi, 16 janvier 2007

Irving ... soupir

J'ai toujours du mal a comprendre que Irving continue à faire autant parler de lui ...( même ma propre mère, à Noël, lisait du Irving, c'est vous dire que le ver est dans le fruit ) . Il ne se passe pas une semaine, sans que je lise son nom sur un blog. Il y a longtemps je m'etais fendu d'une lettre à son encontre. Je la met ici, avec l'espoir mégalomane qu'on en finisse avec Irving ! ( et puis, cela m' evite d' écrire, le recyclage c'est de saison )

Lettre ouverte à John Irving

Cher John

Je voudrais dissiper un malentendu avec toi. Je possède, en effet deux de tes ouvrages, ce qui pourrait me faire passer sinon pour une groupie, du moins un amateur éclairé. J’aimerais dire publiquement, qu'il serait dommage de m'amalgamer a tes cohortes de fan par ce malheureux concours de circonstance qui t'a introduit dans ma bibliothèque …Entendons nous bien, John, j’ai du respect pour ta personne, et pour ce que, en dépit des circonstances, tu es devenu … Beaucoup de personnes, ayant a ton image, été violées par l’ours en peluche de leur sœur dans leur enfance, ne s’en sont pas bien sorties dans la vie. Pour ce qui te concerne , tu as choisi la littérature comme exutoire. C’etait sans doute ta chance. et ce qui aurait du faire le régal d’une armée de psychiatre a fait le cauchemar de nombreux lecteurs dont je suis. En ce qui me concerne, ce cauchemar aurait du se limiter a un livre, car il est rare que je récidive … Flaubert n’eut pas la meme chance,. Après qu’il m’eut malhonnetement fourgué L’education sentimentale, je me suis permis de lui renvoyer les opus suivants, d’un ton poli , mais ferme…Dans ton cas, il se trouve que j’avais entendu parler du Monde selon Garp et que pour mon malheur, j’aimais ce titre … je l’achetai donc a mon Papa pour sa fête . Neanmoins, mu par un pressentiment et guidé par la providence, je tombai sur L’hotel New-Hamphsire, dans cette bouquinerie des hypocondriaques ou j’avais l’habitude de m’alimenter. et je l’achetai derechef. Au depart, je fus surpris par le ton alerte .. puis les cadavres , les viols et les incestes s’accumulant sur ma pauvre tete, je commencé a douter de toi, John. Je commençai a penser in petto, qu’il serait bon d’epargner une ou deux personnes dans un roman, non pas pour susciter une forme d’optimisme béat , chez le lecteur, mais simplement parceque j’ai une tendance a croire que la banalité du quotidien peut parfois remplacer l’horreur et le cauchemar … De plus, je demeurai étrangement dubitatif, qd à la recette indiquée dans le livre pour guerir le narrateur de son attirance incestueuse pour sa sœur. Laquelle recette préconisait que la soeur en question attirat le susdit dans sa chambre a coucher et que les deux forniquassent pendant 3 jours d’affilée ( je m’excuse pour les ames sensibles) , jusqu’à ce que le malheureux narrateur demande grâce, et qu’il rentre chez lui en rampant. Nous noterons evidemment la portée symbolique de cette scène qui fournit un contrepoint au traumatisme dont tu fut toi meme victime . Car en fait de viol, c’est la sœur du narrateur que l’on viola, un soir d’Halloween ( enfin, sans coup férir, c’etait qd meme une dure ... ). Mais s’il est abondemment question d’ours dans ce livre, nous notons que le viol d’halloween ne fut pas commis par un de nos amis ursidés … comme si l’auteur, par là meme, procédait à une sorte de castration symbolique de l’animal. Ayant donc décidé que je tenais là un des fleurons de la littérature en matière de psychologie animalière, je me decidais d’entamer Le monde selon Garp, vaguement inquiet des réactions que tu pourrais susciter chez mon pauvre papa … Je dois avouer que cela ne m’arrangeais guère, car pauvre etudiant, j’avais deja grévé mon budget pour ce gros volume, et l’idée de devoir ré-investir dans un cadeau de remplacement ne m’etait pas agréable. Las, je retouvais très vite cette sombre obsession des ours, des viols et des morts violentes. Tu me pouvais pas faire mourir un personnage secondaire tranquillement, encore fallait-il qu’en succombant à une crise cardiaque, il plonge la tete la premiere dans la revue pornographique ( ou l'on voyait meme des ours a poil !) qu’il etait en train de consulter, afin que sa descendance le pleure a sa juste valeur. La encore, j’avoue que ce furent les ours qui se tinrent le mieux dans l’histoire. J’ai pris l’habitude de raconter une scène fort edifiante de ce livre, aux gens qui font mine d’etre attirés par ce livre . J’aimerais John, que tu te souviennes de l’esprit poétique qui devait t’animer lorsque tu l’ecrivis … il etait donc une fois une jeune femme qui avait un amant , et les deux tourtoureaux s'etaient aménagé un petit rendez-vous romantique dans une voiture. Or il advint que la jeune femme pratiqua ce qu’on appelle en langage compétent, une fellation a son alter-ego. Les choses allaient leur train, qd soudain, le mari arriva et dans un moment d’inattention percuta l’arrière de la voiture ou les deux amants se livraient a leurs jeux sensuels. Surprise par l’extrème violence du choc, la jeune femme serra les dents jusqu’ à sectionner l’objet de ses attentions. Par ailleurs, pour des raison de conservation de la quantité de mouvement, elle fut ensuite elle-même projetée sur le levier de vitesse, ou par malheur la boule etait manquante, ce qui faisait de l'objet une arme redoutable. Elle s’en tira miraculeusement simplement avec un œil crevé et n’en mourrut meme pas cette fois là ( je ne me rappelle plus du sort du mari, et j’ai tendance a croire que c’est préférable). A partir de ce moment là, la machine a tuer s’ etant largement emballée, nous assistames a une veritable tuerie organisée, qui ne faiblit point jusqu’ à la fin du livre. Et moi, je compris alors irrémédiablement que je devrais me fendre d’un autre cadeau pour mon papa, qui n’etant pas psychiatre, serait sans doute atterré que la nature humaine puisse prendre la forme de John Irving. Depuis, mon cher John, j’ai vu paraître de loin en loin de tes nouveaux opus, avec sans doute leur cortèges de morts violentes, de relations incesteuses et de viol sordides, sous l’œil ahuris d’ours plutot inoffensifs… mais moi, j’avais déjà jeté l’eponge. Les deux livres de toi, dorment dans une malle a la cave … et j’espère que l’humidité au raison d’eux …

lundi, 08 janvier 2007

Le mankourt ( la suite !!!)

un sort terrible attendait ceux que les Juan-Juan préféraient garder chez eux et qui etaient souvent les plus jeunes et les plus vaillants. Ayant recours à un moyen de torture absolument monstrueux, les Juan-Juan réussissaient en effet à leur détruire entièrement la mémoire. Ils commençaient par leur raser complétement la tête , en ayant bien soin de couper chaque cheveu à la racine. Lorsque la tête était parfaitement rasée, en sacrificateurs expérimentés, ils tuaient à quelques pas de là, un chameau adulte qu'ils écorchaient en commençant par arracher la partie la plus lourde et épaisse de la peau de
son coup. Puis ils coupaient celle-ci en gros morceaux et l'enfilaient toute fraiche sur la tête rasée du prisonnier. Elle y adhérait immédiatement comme un emplâtre ou comme l'un de ces bonnets de bain en caoutchouc que l'on porte aujourd'hui. C'etait ce qu'ils appelaient la torture du masque de peau.
Celui qui etait soumis à un pareil traitement mourait s'il ne supportait pas la douleur ou alors il perdait la mémoire à jamais et devenait un "mankourt", un esclave incapable de se souvenir de son passé. La peau du cou d'un seul animal suffisait pour confectionner cinq ou six de ces masques. Ensuite les Juan-Juan attachaient au cou de chaque supplicié un billot en bois pour qu'il ne puisse pas toucher la terre avec sa tête et dans cet état, ils emmenaient les prisonniers loin de lieux habités pour ne pas entendre inutilement leurs cris déchirants.
[...]
Par la suite, si on entendait dire que les Juan-Juan avait transformé quelqu'un en mankourt, même sa propre famille renonçait à le sauver ou à le racheter.
[...]
Le plus souvent, ceux qui été ainsi jetés dans la steppe pour y subir l'atroce torture mourraient sous le soleil brûlant. Sur cinq ou six mankourts, un ou deux seulement survivaient et ce n'etait ni la faim, ni même la faim, ni même la soif qui les faisaient périr, mais les souffrances épouvantables causées par la peau de chameau non tannée qui se rétrécissait en séchant et qui leur comprimait le crâne. Sous les rayons du soleil, le masque se déhydratait, devenait de plus en plus petit et enserrait la tête rasée de l'esclave comme un cercle fer. Au bout de deux jours, les cheveux de torturés commençaient à repousser. Raides et drus comme le sont les cheveux d'asiatiques, ils réussissaient
parfois à pénétrer dans la peau non tannée, mais dans la plupart des cas, ne trouvant pas d'issue, ils se recourbaient et leurs éxtrémités rentrant dans la peau de la tête, causant ainsi de nouvelles souffrances. A la fin de l'épreuve, le supplicié perdait complétement la raison.
[...]
Il devenait alors un esclave mankourt, privé de sa mémoire et par conséquent très précieux et valant à
lui tout seul dix esclaves ordinaires.
[...]
Le mankourt ne savait pas qui il etait ni de quelle tribu, il etait originaire. Il ne connaissait pas son nom, ne se souvenait ni de son enfance, ni de son père, ni de sa mère, en un mot, il ne se rendait pas compte qu'il etait un être humain.

Un journée plus longue qu'un siècle, Tchinguiz Aïtmatov

jeudi, 04 janvier 2007

Le mankourt

Ils s'etaient assis par terre.
- Est-ce que tu me reconnais ? avait demandé la mère.
Le mankourt avait fait non de la tête
- Comment t'appelle-t'on ?
- Mankourt
- ça c'est le nom que tu portes aujourd'hui. Mais avant, te souviens-tu ? Essaye de retrouver ton vrai prénom.

Extrait d' "Une journée plus longue qu'un siècle", de Tchinguiz Aitmatov, Il y a une suite , mais pour cela il vous faudra revenir. ( je me trouve trop fort pour faire revenir les gens sur mon blog!

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