vendredi, 14 septembre 2007

Brêves de Libellule

Hier soir, avec Libellule, dans mon char de feu - karr tan, en breton, c'est automobile, mais littéralement, c'est char de feu ( c'etait la minute éducative de ce blog, merci) -

Nous laissons passer un militaire, au cheveux blancs, vétu d'un treillis:

Papa, regarde ce militaire !
il est drôlement vieux, non ? on peut encore être militaire à cet âge, là ? Il doit plus pouvoir rendre beaucoup de services, si ? Et pourquoi il est habillé comme ça ? ça sert à quoi une tenue de camouflage en ville, il passe vraiment pas inaperçu !"



Les enfants sont antimilitaristes de façon instinctive.

( je n'ai pas eu le temps de dire un seul mot)



Ce matin, elle me demande malicieuse: tu sais ce que c'est le slogan de Citroën ?
j'avoue mon ignorance. Alors elle me raconte une histoire:

c'est Le Pen qui traverse la rue, alors il y a une citroên qui arrive et boum, elle l' écrase: "c'est fou ce que Citroën peut faire pour vous ! "


Les enfants sont anti-fascho de façon instinctive.

vendredi, 07 septembre 2007

Libellule à deux chiffres

Demain, Libellule a deux chiffres.
Et justement, ça me chiffonne.
Elle est née le 8 Septembre à 00h35.
Mais 00h35, c'est l'heure d'été. Quid de l'heure d'hiver ?
L'heure officielle est l'heure d'hiver. L'heure d' été n'est qu'une commodité.
Donc si nous poursuivons dans cette logique, elle est née à 23h35.
Bon dieu, elle est donc née le 7 Septembre !

- alors, mon anniversaire c'est le 8 septembre ou le 7 ? je comprend rien à ce que tu me racontes

Ma Libellule, je sais pas ... tout ce que je sais c'est que tu n'as pas de chance d'avoir à supporter les élucubrations de ton père

lundi, 03 septembre 2007

Fou et gogol à la fois

- C'est qui ce fou de gogol ? " fait Libellule
- plait-il ?
- je viens de voir un livre, Journal d'un fou de gogol ! un fou de gogol, n'importe quoi !

Bon, soyons pédagogue, ma petite fille ... Gogol est un écrivain russe, qui a écrit des nouvelles réunis sous le titre de l'une d'elle, Journal d' un fou. Comprend donc qu'il ne s'agit pas du journal d' un " fou de gogol"... ( C'est comme ça chez moi, c'est toujours très chatié ), mais bien du "journal d'un fou" de Gogol.

Arrive Théodule, c'est lui qui lit Gogol, Il est marrant Théodule. A douze ans, il lorgne vers la litté adulte, comme en témoigne ce journal d'un fou. Parfois, il faut le dissuader de lire trop tôt, certaines oeuvres, mais sans doute qu'on se trompe par instant. Il y a un an, je le regardais dubitatif attaquer La métamorphose de Kafka, mais l'expérience m'avait donné tort. Il est à l'âge où l'on est capable encore d'acheter un petit roman à la noix, sur une histoire de footballeurs, pour les plus de neuf ans (ça c'etait samedi, et pas moyen de l'en dissuader) et de lire Gogol.
Il me parle avec enthousiasmes du " Nez " de Gogol, l'une des nouvelles du recueil, et là il me faut avouer que je n'ai rien lu de Gogol. Et pour boire la coupe jusqu' à la lie, je dois également raconter comment Gogol a terni ma réputation.
Je raconte:
C'etait il y a longtemps, au Restau U, je revois bien l'endroit où ça s'est passé.
On m'avait provoqué.
- alors, toi qui te prétend russe, t'a même rien lu de Gogol !
- hein, ( d'abord j'ai rien prétendu de tel, mais passons ) si que j'ai lu Gogol, d'abord !
- ah oui, t'a lu quoi, va-z'y ?
- j'ai lu "Le manteau" ( je me démonte pas)
- ah bon, et ça raconte quoi ?
- euh, ben, ça raconte .. euh, une histoire de manteau,euh
( là on glousse, on se moque de moi, je suis grillé, je hais Gogol ! il va me falloir des années pour me sortir de cette affaire là, ma réputation est fichue ... jusqu'a ce que moi aussi, je débusque un mensonge éhonté )
Théodule se marre, et moi je me dis qu'il faut que je me mette à Gogol, parcequ' après "Journal d'un fou", il a foncé acheter Le Révizor du même Gogol,il l'a à peine fini, qu'il vient me dire que dès qu'il aura les sous, il ira acheter Tarass Boulba. A ce rythme là, il va me falloir accumuler pas mal de mensonges pour m'en sortir, déjà qu'il commence à me griller au ping-pong.

mardi, 28 août 2007

A une libellule

Odeurs de pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison
A sept ans comme il faisait bon !
Après d'ennuyeuse vacances
Se retrouver dans sa maison

La vielle classe de mon père
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ses merveilleuses poussières
Amassées par tout un été

Ohh !! temps charmant des brumes douces
Des gibiers, Des longs vols d'oiseaux
Le vent souffle dehors
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau

( René-Guy Cadou)

C'est drôle, ce matin, je repensais à ce poême de Cadou ... on l'avait appris en classe .. il y a .. quelques années ... ça nous révoltait ce "Après d'ennuyeuses vacances".
Et pourtant, Cadou est un de mes préférés .. préféré de quoi ? parmi quoi ? préféré, c'est tout.
Libellule a 10 ans dans deux semaines, elle entre en CM2 et elle a fait son premier pic à 3000m, cet été.

c'est drôle, parceque j'avais fait un copié-collé du poême, retrouvé sur le net, et il etait bourré de fautes, je m'en suis aperçu après coup. Je pense qu'il faut y voir une sorte d' hommage à l'apprentissage de l'orthographe, auquel le sujet du poeme se prete .. plus généralement, je dois avouer qu' au vu des nombreuses fautes qui parsèment mes notes, et dont je rougis souvent à la relecture, cette orthographe un peu déficiente etait très cohérente avec le niveau d'ensemble du grand pays des cancres. C'est vrai, j'ai la flegme de me relire et j'ai honte après ...

dimanche, 18 mars 2007

Brêve de Libellule

Theodule à Libellule:
- Au fait, t'es en quelle classe, déjà ?
Libellule ( courroucée)
- En CM1 ! tu le sais pas ?
Théodule (rieur)
- j'avais oublié !
Libellule (péremptoire)
T'a Alzheimer, mon vieux !

vendredi, 02 mars 2007

Elle est chauve ?

Hier soir, dans la cuisine.
La radio marche en bruit de fond: " la journaliste Fabienne Le Moal ...etc ...etc ..."
Théodule me gratifie d'un sourire qui lui éclaire tout le visage:
- Fabienne Le Moal, elle est chauve ?

Libellule et lui, jouent de plus en plus avec le breton. L'autre jour, il avait laissé un mot en breton pour dire qu'il allait jouer au ping-pong. Libellule, sa petite soeur, lui a fait remarquer qu'il avait fait une erreur sur une mutation !

Rien que ça, rien que son sourire quand il dit, elle est chauve, ça justifie le breton à l'école. Mais la France continue à mépriser ses langues régionales. Les calandrettes occitanes sont dans une situation desespérée, l'enseignement du breton survit comme il peut, avec d'immenses difficultés. On n'attend même plus de fausses promesses électorales, tant c'est ancré dans la mentalité française.

mardi, 23 janvier 2007

Enfances

Comment aie-je pu dire que mon enfance avait été banale ?
Moi et mon enfance, on se tient à l'oeil et dans le rétroviseur de mes souvenirs, mon enfance est peuplée d'instants merveilleux.
Nous jouissions d'une liberté incroyable. Dès l'age de 6 ou 7 ans, nos parents nous laissaient aller à notre guise, et ne se préocuppaient que de très loin de nos déplacements. Notre temps libre, on le passait en vadrouilles.
J'habitais alors, à la lisière de la ville, il y avait tout près un bois enchevêtré, des arbres
tombés à terre, qui servaient de cabanes à des jeux interminables.C'etait le bois de chez Mutter, là où l'on trouvait parfois des fers à cheval. Et dans le bois, on trouvais des ossements, et sur ces ossement, il y avait LE TETANOS ! et dans le bois, un chenil avec des chiens qui hurlaient à la mort. C'etait l'endroit le plus effrayant, le coeur du bois, le lieu de tous les mystères. Nos parents ne se souciaient pas d' où nous étions, puisque nous étions quelque part, au pire à quelque kilomètres, et qu'on rentrait rarement blessé, et souvent pas gravement. Je n'ai jamais rien eu de pire qu'un pied cassé, le jour où on a voulu explorer les égouts et une clavicule félée en tombant d'un arbre, alors, voyez ... Un jour, des copains ont trouvé un tonneau. C'etait un tonneau monoplace,on y montait à tour de rôle et les autres nous poussaient dans la pente.Je suis rentré chez moi à la nuit tombante, dans un état d' exaltation joyeuse que ne partagèrent pas mes parents en voyant les accrocs à mes vêtements. Après qu'on m'eut delesté d'une partie de mon argent de poche, il fut convenu que désormais, je m'habillerais d'oripeaux, pour aller folâtrer. Au cours des années, les oripeaux changèrent, mais pas les vadrouilles. J'y pense avec étonnement, maintenant que nos mômes sont des petits citadins, qui doivent toujours dire où ils vont, avec qui et vers quelle heure, ils vont revenir. Nous partions parfois à des kilomètres , à vivre des choses que l'imagination et la géographie des lieux rendaient rocambolesques. Je garde de tout ça, un goût pour les vadrouilles, ce besoin d'être ailleurs, de trainer dans des no man's land. Quand je pense à la façon, dont on a passé le reveillon du nouvel an, cette année, dans un endroit désert au bord de la mer, à se faire des tartines de fois gras, dans la voiture, je me dis que l'enfant que j'etais me regarde encore droit dans les yeux.
Mais mon enfance, ça a été surtout, les camps de plein air.. Mes parents organisaient ces camps avec les élèves de ma mère. Avec ma soeur, nous étions les seuls enfants. Tout vient de là, mes gouts d'adulte se sont construits là .. entre escalade, randonnées de canoë, la voile, parfois dans des conditions que mes yeux d'enfants rendaient effrayantes.. je nous revois terrés, avec ma soeur au fond d'un canoë, sous un orage dément, avec des cirés jaunes, il fallait remonter le courant, et et on a vécu des instant de terreur écarquillée. Je me rappelle des caravelles prises dans la tempête et de la gite des bateaux, et des rando dans les sentiers de bruyère. Mais ce dont je me souviens surtout, du bruit du vent dans les voiles, de l'odeur du polyester dans les hangars, et du parfum de l'églantier, ça je peux pas le raconter. Les veillées de poésie, Neruda à 6 ans, et plus rien ne sera pareil, pour moi. L'enfance de Neruda, qui ne me quitte jamais et que j'ai finit par confondre un peu à la mienne.
Pendant que je guettais les perdrix
ou les coléoptères violents
que je cherchais la couleur de l'éclair
ou l'arome inéffaçable
fleur arbitraire ou miel sauvage
mon père ne perdait pas son temps
il etablissait sur l'hiver
le soleil rayonnant des trains


Dans ces années là, autour des feux de camp, les filles chantaient ballade en Novembre d'Anne Vanderlove.
qu'on me laisse à mes amours mortes
qu'on me laisse à mes souvenir
il est temps de fermer ma porte
il se fait temps d'aller dormir


J'ai mis du temps à retrouver cette chanson, La ballade en Novembre date de 1967 et si j'aime tant les chansons, c'est à cette chanson et à quelques autres que je le dois . D 'ailleurs, qu'on ne s'y trompe pas , je vis avec A. qui est née en Novembre 1967. (tiens, jusqu'au prénom ...) Puisque je vous dis que tout s'est joué pour moi dans ces années là, dans les camps de plein-air !
Bien sûr on procède tous de notre enfance, on a parfois besoin de rendre justice à l'enfant qu'on etait, de laisser des choses en route, on a le droit d'exécrer, de rompre, de rejeter. L'enfance n'est jamais un espace idyllique. Mais pour moi, la continuîté avec l'enfant que j'etais a une sorte d'evidence. Tout ce que j'aime encore aujourd'hui me vient de cette enfance, de ce goût de vadrouiller sans contrainte, d'être libre, de ces chansons que je n'ai jamais pu oublier.
Mais surtout, ce qui a nourri cette enfance, ce qui lui a donné sa couleur, ce qui l'a fait voyagé, au delà de toutes ces péripéties où nous ont entrainés ces stages de plein air, c'est la lecture, dans laquelle je me suis enfoui sans retour. Le merveilleux de mon enfance, c' est aussi un merveilleux de bibliothèque rose, c'est Un capitaine de quinze ans et le cri de l'Afrique qui résonne à mes oreilles, c'est des vies à vivre et que j'ai vécu, à califourchon sur un cheval pie. Quand j'ai choisi le titre de ce blog, c'etait comme une évidence, le grand pays, ce pays ou l'on n'arrive jamais , c'etait sans même y penser, cette fidélité indissoluble à mon enfance, c'etait mon utopie, le pays que je cherche encore dans les livres que je lis, c'etait l'Ardis de Nabokov.
Avec mon enfance, on continue à se tenir à l'oeil.

Mon enfance etait là,
c'etait une merveille
mais ce n'etait déja
qu'un déjeuner de soleil


mais quel déjeuner !
Et pourtant, je ne fais pas de l'enfance un monde idéal. C'etait aussi un monde rempli de peurs, où l'autorité de mon père s'exprimait parfois durement. J'ai detesté Les dimanches. Tous les dimanches, c'etait chez cette grand-mère que je n'aimais guère et je m'y suis emmerdé comme un rat mort, mais même là, au coeur de l' ennui dominical, quelque souvenirs merveilleux ont subsisté dans un coin de ma tête. Un jour au hasard d'une emission de radio, ou que sais-je, j'entendrai peut-etre une musique, j'aurai alors un sourire extatique et je me dirais ... merde, c'est la musique d'Omer Pacha ! L'enfance n'est jamais banale. C'est juste parfois, une question de regard.

jeudi, 11 janvier 2007

Breve de Libellule

je fais écouter Katyusha à Libellule. elle disserte:
- tu comprend ce qu'ils disent ? non tu comprends pas ? je suis bête, tu connais que quatre mots ! moi aussi je les connais puisque tu me les as appris ! alors "spassiba", merci, "do svidania", au revoir, "slon", elephant, "biegemot", hippopotame ! avec ça on va pas loin ! tu sais vraiment rien d'autre ? grand-père il en connait plus quand même ? ben oui, il en connait plus ! on peut pas dire, c'est nos origines, on est pas obligé de savoir parler, mais quand même quatre mots, c'est pas beaucoup !

... je n'ai pas encore ouvert la bouche que la conversation est déjà pliée ( et
moi aussi :).

jeudi, 23 novembre 2006

une des grandes passions de Théodule

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Puisqu'on parle de crapaud, je m'autorise à vous fourguer "Loiza hag abalard", c'est une drole de chanson bretonne où Héloïse est transformée en sorcière.

( cette note est n'importe quoi !)


Je n’avais que douze ans quand je quittai la maison de mon père,
quand je suivis mon clerc, mon bien cher Abailard.
Quand j’allai à Nantes, avec mon doux clerc,
je ne savais, mon Dieu, d’autre langue que le breton;
Je ne savais, mon Dieu, que dire mon Pater,
quand j’étais chez mon père, petite, à la maison.
Mais maintenant je suis instruite, fort instruite en tout point;
je connais la langue des Franks et le latin, je sais et écrire,
Et mème lire dans le livre des Évangiles, et bien écrir parler,
et consacrer l’hostie aussi bien que tout prêtre.
Et empêcher le prêtre de dire sa messe,
et nouer l’aiguilette par le milieu et les deux bouts;
Je sais trouver l’or pur, l’or au milieu de la cendre,
et l’argent dans le sable, quand j’en ai le moyen:
Je me change en chienne noire, ou en corbeau,
quand je le veux, ou en feu follet, ou en dragon;
Je sais une chanson qui fait fendre les cieux,
et tressaillir la grande mer, et trembler la terre.
Je sais, moi, tout ce qu’il y a à savoir en ce monde;
tout ce qui a été jadis, et tout ce qui sera.
La première drogue que je fis avec mon doux clerc,
fut faite l’oeil gauche d’un corbeau, et le coeur d’un crapaud;
Et avec la graine de la fougère verte, cueillie à cent brasses
au fond du puits, et avec la racine de l’Herbe d’or arrachée dans la prairie,
Arrachée tête nue, au lever du soleil,
en chemise et nupieds.
La première épreuve que je fis de mes drogues,
fut faite dans le champ de seigle du seigneur abbé:
De dix−huit mesures de seigle qu’avait semées l’abbé,
il ne recueillit que deux poignées.
J’ai un coffret d’argent à la maison, chez mon père:
qui l’ouvrirait s’en repentirait bien!
Il y a là trois vipères qui couvent un oeuf de dragon;
si mon dragon vient à bien, il y aura désolation.
Si mon dragon vient à bien, il y aura grande désolation;
il jettera des flammes à sept lieues à la ronde.
Ce n’est pas avec de la chair de perdrix, ni avec de la chair de bécasse,
mais avec le sang sacré des Innocents, que je nourris mes vipères.
Le premier que je tuai était dans le cimetière,
sur le point de recevoir le baptême, et le prêtre en surplis.
Quaud on l’eut porté au carrefour, je quittai ma chaussure,
et m’en allai le déterrer, sans bruit, sur mes bas.
Si je reste sur terre, et ma Lumière avec moi;
si nous restons en ce monde encore un an ou deux;
Encore deux ou trois ans, mon doux ami et moi,
nous ferons tourner ce monde à rebours.
−Prenez bien garde, jeune Loïza, prenez garde à votre âme;
si ce monde est a vous, l’autre appartient à Dieu.−

samedi, 11 novembre 2006

Plus belle la vie

Jeudi soir, je regarde avec mes mômes, Plus belle la vie ( ahem, ben quoi ? oui,je sais , je m'etais forgé , non sans mal, et à la force du poignet, une réputation d'intellectuel sur ce blog et voilà, que patatras .. et ? ... hein, tant pis, me reste plus qu' a assumer, là ... , bref) donc, nous regardions Plus belle la vie, et voilà il y a dans ce feuilleton ( je le dis pour les gens qui font semblant de ne pas regarder , vous aussi avez le droit à vos prétentions intellectuelles), un couple de mec homo.
Ores doncques, l'autre soir, ces deux tourtereaux etaient en train de s'embrasser tendrement, et on a beau penser ce qu'on veut du feuilleton, voir deux mecs s'embrasser sur la bouche, à 20h30 à l'heure ou toutes les familles sont devant la télé, ça participe quand même, à une forme de tolérance, une manière de montrer que l'amour, même entre même sexe, est finalement très naturelle.
Bon, j'en ai fini de ces prolégomènes ( quoique non, à ce stade, je dois préciser que j'ai adopté ce joli mot de prolégomène, qui me vient du Brésil :).
Bref, ils etaient donc en train de s'embrasser, et hop, dans un même mouvement, Théodule et Libellule détournent le regard. Cela me fait toujours beaucoup rire. Ils font ça, dès qu'ils voient des baisers sur la bouche, je ne sais pas pourquoi ils sont si prudes (mdr), mais je sais que je faisais pareil quand j'etais petit.
Voyant mon sourire, Théodule me dit, avec un sourire et cette sorte gentillesse un peu protectrice qu'il adopte parfois avec moi:
Non, mais t'inquiète pas, hein, je suis pas homophobe, hein, je fais ça, avec tout le monde !.
Cela m'a bien fait rire, ce "je suis pas homophobe", chez un petit mec de 11 ans.

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