lundi, 24 septembre 2007
A bicycletteuhhhhhhhhhh
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salut bip !
10:29 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 20 septembre 2007
The Lunaute is back
J'en suis sûr, maintenant, le Lunaute est revenu.
C'est une question que je me posais à vrai dire, j'avais un doute léger.
Pourtant quand le lunaute revient, il y a certains signes qui ne trompent pas.
Et depuis ce matin, j'en suis sûr.
Quand le lunaute revient les montres disparaissent, c'est souvent le premier signe... mais pas toujours. Parfois, il y a juste un mot sur la porte, le lunaute s'invite chez les voisins, faute de mieux. Mais ce n'est pas parcequ'il est chez les voisins, que le lunaute n'est plus là. C'est précisément l'inverse. C'est parcequ'il est là, qu'il est chez les voisins, comprenez-moi bien.
Et cette semaine, il y a eu les deux, une montre qui disparait le lundi, et le lunaute qui s'invite chez les voisins le mardi.
Mercredi, il n'y a pas eu grand chose. c'est pourquoi j'ai baissé la garde. Il y avait juste certains retards qui auraient du m'alerter.
Mais aujourd'hui, le lunaute a frappé un grand coup !
Et le pire, c'est que je n'etais même pas là. C'est Libellule qui a subit le contrecoup du retour du lunaute. ça commence par un coup de fil:
" Allo, ici madame C., est-ce que Théodule est parti au collège ?"
Libellule a dit que oui, il etait 7h45. Si madame C. appelle c'est sans doute qu'elle attend depuis au moins un quart d'heure, et comme Théodule est parti à 7h30, qu'il va arriver à 8H00, cela veut dire qu'il aura au minimum une demi-heure de retard.
J'hésite à rappeller, mais pour dire quoi ? que Théodule a sans douté été capturé par un lunaute ? ça tombe mal, le jour d'un voyage scolaire à Nantes, n'est-ce-pas ? une demi-heure de retard. Je bats ma coulpe. Je lui ai bien demandé l'heure de départ -il ne la connaissait visiblement pas - mais pas l'heure du retour. C'est toujours ainsi, quand le lunaute revient, on baisse la garde, on ne devrait pas. Le lunaute a frappé fort, cette fois. Qui sait si le bus l' attendra ? qui sait si ce n'est pas à la gare qu'il devait aller, pour prendre le train ?
C'est toujours ainsi quand le lunaute revient.
Ce soir, il va falloir le chasser - même s'il revient toujours.
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mardi, 18 septembre 2007
V.
J'ai déjà effleuré le souvenir de V.
ici.
C'est une histoire qui remonte à tout juste vingt ans. Vingt ans que je connais V., vingt ans que l'on s'écrit. Ainsi, ce que je lui disais doucement, alors qu'elle pleurait dans mes bras, le dernier jour, alors que je quittais l'ile s'est averé exact " Tu sais, tant qu'on s'écrit, on ne se perd pas ".
V. est une des personnes les plus importantes de ma vie.
Elle avait 18 ans quand on s'est connu.
Nous habitions à 800 km l'un de l'autre, mais quelques mois plus tard, l'envie de se retrouver etait plus forte ... et puis, la vie, la distance, mais avec V. on a continué à s'aimer. Rien ne pouvait faire qu'on cesse de s'aimer. On s'est revu dans l'ile, il y a quinze ans. Elle etait encore plus belle qu'avant. Mais je vivais avec quelqu'un d'autre.
Qu'importe, on a continué à s'écrire. Il y a eu quelques interruptions, parfois un ou deux ans sans s'écrire. Mais on ne s'est jamais perdu. J'aurais aimé la revoir mais elle n'a jamais voulu.
Quand j'ai su que j'allais avoir un enfant, c'est la première personne à qui j'ai voulu le dire. Elle m'a répondu un mot tellement touchant et adorable.
Je ne sais pas pourquoi sa vie sentimentale n'a pas été plus belle. Elle a vécu seule très longtemps, entrecoupé d'amours passagères. Ils faisaient quoi les mecs pour ne pas arriver à se faire aimer d'une fille aussi belle et intelligente que V. ?
Quand je suis retourné dans l'ile, l'an passé, je ne pensais qu' à elle. Je pensais à la plage, au premier soir avec elle. On avait failli rouler dans le feu. Je lui ai écris une carte postale où je lui disais que j'etais dans l'ile.
Et puis en rentrant,j'ai écris cette note " Rue de la malentreprise".
Le soir de cette note, il y avait une lettre d'elle. J'etais heureux qu'elle réponde aussi vite. Ses lettres ont toujours été des fêtes.
Je la lis, je lis ses démélés professionnels, V. est prof de gym, elle raconte, je le retrouve toujours dans ses lettres. Notre complicité et notre tendresse sont restées intacts malgré les années. Et puis sa lettre bascule dans l'horreur.
Soudain, la paralysie faciale, elle ne voit plus très bien, elle vomit sans cesse, les urgences, le scanner du cerveau, pour confirmer ce que les médecins soupçonnent déja, et c'est la première poussée et elle est violente, il faut frapper fort, pour qu'elle ne soit pas handicapée dès maintenant. V. est atteinte de sclérose en plaque. Au moment, où elle m'écrit, elle a retrouvé la mobilité de son visage, elel voit trouble parfois et a quelques pertes de mémoire. Les traitements ont été assez efficaces. Mais elle est entrée dans une autre vie. C'est une saloperie de merde de maladie. Sa vie est désormais suspendue à une évolution qu'elle ne connait pas, que personne ne peut prévoir.Elle me dit:A 37 ans, j'entre dans l'âge des économies, économiser les potentialités qu'il me reste et que je peux perdre par petit ( ou gros) bouts à tout moment.
La sclérose agit par poussée et personne ne peut lui dire quand sera la suivante et ce qu'elle lui laissera. Chaque sclérosé suit son propre chemin de croix. Elle, qui est prof de gym, ceinture noire de judo, elle qui eveillait le regard de tous les hommes sur la plage, qui sait ce que sera sa vie, desormais ? La sclérose est une épée de Damoclès qui attaque tout, à son rythme, ce peut être les yeux, les muscles, la mémoire...
Je lis sa lettre comme un cauchemar. Je lui demande si elle veut que je vienne la voir. Je sais que c'est peut-etre la dernière fois que je pourrais la voir. Elle ne voulait pas quand elle etait, en pleine santé, alors comment voudra-t'elle plus tard, quand la maladie l'aura réduite en bouillie. Mais je ne la verrai pas. Je ne la verrai donc plus jamais sans doute. N'est-ce-pas étrange de savoir qu'on ne verra plus jamais quelqu'un qu'on aime ?
C'est une des personne les plus importantes de ma vie et je m'inquiète pour elle. En Juillet, elle m'a écris, elle avait eu une nouvelle petite poussée, mais cela allait. Elle craignait la rentrée ou elle reprenait son poste de prof à plein temps. La sclérose se nourrit de la fatigue. Je supporte mal l'idée que son corps sera meurtri, sans retour en arrière, toujours plus, jusqu'au calvaire.
Après la mort de Catherine, mon amie de plus de vingt ans, il y a deux ans, voilà que le sort s'attaque maintenant à V. ALors J., mon meilleur pote, mon presque-frère qui a bien résumé la situation. Il me dit d'un ton moqueur, qu'il fait pas bon me connaitre depuis 20 ans! Il n'y a que lui, pour me dire des conneries pareilles et me faire sourire quand même. Mais c'est vrai, Catherine et V. sont les personnes les plus importante de mes vingt ans, alors par moment il est difficile de ne pas croire que la vie est une fichue garce.
Je suis quelqu'un de fondamentalement optimiste, je me crois très chanceux et j'ai une grande disposition au bonheur. Alors j'ai developpé une sorte de superstition qui me fait croire que rien de grave ne m'arrivera, personnellement. Mais je voudrais que Dieu, s'il veut que je me mette à croire un peu en lui, cesse de s'attaquer à mes amies, si c'est pas trop lui demander.
10:28 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
lundi, 17 septembre 2007
La place de L'étoile
Le lac d'annecy est romantique mais un jeune homme qui travaille dans la traite des blanches evitera de pareilles pensées.
Je prends le premier car pour T., un chef lieu de Canton de j'ai élu au hasard sur la carte Michelin. La route monte, les virages me donnent la nausée.Je me sens près d'oublier mes beaux projets.
[...]
Si je montre du doigté, on me trouvera bientôt sympathique , je pourrai m'introduire chez les indigènes et repérer sournoisement une jeune fille digne d'être exportée au Brésil.
[...]
Une jeune fille blonde dans le jardin du presbytère.Elle me devisage avec curiosité: l'abbé Perrache me présente sa nièce Loitïa.
[...]
Loitïa s'est inclinée devant la cheminée. Elle a la tête inclinée et le regard pensif des jeunes filles de Boticelli.Elle aura du succès l'été prochain dans les bordels de Rio.
[...]
Le chanoine du St-Gervais, supérieur du collège de T. se montra très satisfait de mon discours. Dès notre premier entretien, il me proposa de remplacer un professeur d'histoire, l'abbé Ivan Canigou,qui avait disparu sans laisser d'adresse.
[...]
"Votre salaire! Je m'occupe de la jeune fille ! Vous, pas de temps à perdre, Après la savoie, la Normandie, téléphonez moi à Bordeaux dès que vous y serez arrivé."
Loitïa me jette un regard affolé, je lui promets de revenir toute de suite.
...
La place de l'étoile. Patrick Modiano.

( Le collège de T. , là où se sont tramées ces histoires sordides )
J'ai tout de suite identifié le village de T., comme étant celui de ma grand-mère.
Rafaël Schlémilovitch, s'attire la sympathie des habitant du village , puis devient enseignant au collège de T., avant de s'enfuir avec Loitïa, pour la livrer au vicomte Levy- Vendôme qui lui fera connaitre les bordels de Rio. Ce collège, fleuron de l'enseignement catholique, je l'ai eu sous les yeux à chaque vacance, de mon enfance. On le longeais pour monter au chalet de Madame P., une fameuse commère, à laquelle ma grand-mère allait rendre visite et que ma mère evitait soignement. Madame P. habitait dans une pente. qu'on dévalait en luge, pour venir butter sur le mur du collège. Il m'a toujours semblé inquiétant, je ne l'ai jamais aimé. J'aurai du me douter qu'il avait abrité des choses aussi peu catholiques que la traite des blanches.
08:45 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 10 septembre 2007
Je est un autre
Je me balladais avec A., on ne se connaissait pas depuis très longtemps.
Un jeune homme de type méditerrannén est passé en vélo. Il a fait un grand signe de la main et a crié avec un accent un peu rugueux:
- Salut Philippe
J'ai moi aussi levé le bras et je lui ai crié "Salut Mohammed".
A. m'a regardé attentivement, soudain méfiante, comme si elle découvrait soudain, un autre en moi et qui n'etait plus moi.
- Pourquoi il t'appelle Philippe ?
Il a bien fallu que je m'explique. j'ai dit simplement, comme si ça reglait tout:
- (moi) C'est un libanais, je joue au volley avec lui. Il croit que je m'appelle Philippe!
Moi je trouvais que c'etait une bonne explication!
- et alors moi, je crois que tu t'appelles Gaspard, mais peut-etre que tu t'appelles autrement. Pourquoi tu lui a dit que tu t'appelais Philippe ?
J'ai senti qu'il allait me falloir développer un peu plus si je voulais réintégrer mon propre corps etque je n'allais pas me disculper à si peu de frais.
- (moi) c'est à dire que je ne lui ai pas dit que je m'appelais Philippe. Il croit que je m'appelle Philippe, c'est pas pareil !
- Mais tu sais qu'il croit que tu t'appelles Philippe ?
- (moi) ben oui, sinon je lui répondrais pas !
- Mais alors pourquoi tu lui dit pas que tu t'appelle pas Philippe ? ( toujours méfiante )
- (moi) c'est à dire que quand je me suis aperçu qu'il m'appelait Philippe, on jouait ensemble, et j'avais mis longtemps à comprendre que c'etait moi, ce Philippe qu'il appelait depuis le début. Alors je n'ai pas osé le détromper et du coup, il a continué ... Maintenant, à chaque fois qu'il me croise, il me crie "Salut Philippe" et je sais plus comment m'en sortir.
A. a trouvé qu'il y avait qu' à moi que ce genre d'histoire pouvait arriver. Je suis sûr que ce n'est pas vrai. Toujours est-il que Mohammed a continué à m' apostropher d'un " Salut Philippe" retentissant, auquel je répondais par un signe discret, aussi longtemps qu'on a habité cette ville.
10:10 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mercredi, 05 septembre 2007
Mon bestiaire
j'avais casé cette note chez Caroline , mais je dois vous expliquer que cette fille tue ses blogs les uns après les autres. Donc, ne lui confiez pas de notes !
Ce n'est pas qu'elle soit mémorable par ailleurs, c'est juste pour ne pas oublier mon bestiaire ( alzheimer, grance cause nationale, il paraitrait qu'on va avoir de l'argent pour tenir nos blogs ... )
Autour de la grand rue, à Strabourg, gravitait tout un
monde, d'oubliés et de laissés pour compte. C'etait
un des derniers souvenirs d'une rue qui avait été très
populaire et qui s'embourgeoisait à coup de boutiques
de fringues. On avait constitué une sorte de
bestiaire, de tous les naufragés agrippés à leur bouée
qu'on y croisait encore dans les années 90. Je ne sais
pas ce qu'ils sont devenus. A part Grosse-Tête. Je
sais qu'il est mort l'an dernier. On le croisait à
l'angle de la grand-rue et de la rue des
franc-bourgeois, suppliant qu'on lui donne un peu de
monnaie. Il allait aussitôt l'engloutir au café, mais
il etait touchant Grosse-tête, avec son air d'enfant
mal grandi. Dans notre bestiaire, il y avait aussi
l'homme-cheval,et ses calvacades, et le fou du temps.
Ses préocupations exaltées tournaient toutes autour du
temps, il arrêtait les passants pour leur demander la
météo pour les deux heures à venir et sinon, on s'en
tirait en lui donnant l'heure. Il y avait les deux
frères, avec leur visage long, candide et triste, l'un
des deux, le plus vieux marchait avec des béquilles,
mais l'autre boitait également. Ils etaient tout
petits, deux espèce d'elfes mal finis, qui promenaient
leur solitude sans fin. Et puis, cet homme étrange et
assez beau, bien habillé alors, comme s'il avait
glissé récemment dans la rue. Il semblait s'être
trompé d'histoire, et on ne pouvait se défendre d'un
grand malaise à le croiser. Elle etait longue la liste
du petit peuple qui composait ce bestiaire.
On disait le bestiaire, mais il ne faut pas y voir un
terme péjoratif. Cela ressemblait à l'antichambre de
la mort, une vie sans avenir et déjà dépossédée de son
passé.
On ne savait rien des gens du bestiaire, mais dans
ces années là, le Restau U de Gallia nous donnait un
condensé des histoires qui menaient à la rue. On ne
sait pas trop comment cela s'etait fait, car tous
venait d'horizons différents, d'après le peu qu'on a
pu savoir de leur histoire. Quand j'y pense, cela me
rappelle toujours une autre histoire. C'est une fille
croisée à Clermont Ferrand, qui me l'avait raconté.
C'etait un café qu'elle fréquentait. S'y retrouvaient
sans trop qu'on sache le comment de l'affaire, des
monstres ! Toute une population, de gens abimés,
trainant des physiques monstrueux, et qui
miraculeusement s'etait constitués, dans ce café, une
sorte de famille. Et à Gallia, il y avait quelque
chose de ça. Toute une grande tablée, où des gens se
retrouvaient le soir. Je ne connais d'eux que quelques
bribes glanées ici ou là. Certains avaient retrouvé un
statut d'étudiant tardifs, d'autres se débrouillaient
sans doute pour avoir des tickets - mais tous etaient
en rupture, d'une manière ou d'une autre. Il y avait
l'ingénieur, qui s'etait balancé dans le canal, après
avoir perdu son boulot et qui remontait doucement la
pente, le théologien, un type immense au physique
inquiétant, qui se rasait les sourcils et dont les
yeux disparaissaient derrières d'enorme lunettes de
myope et l'homme au caleçon, il me les avait raconté
de long en large, ses histoires de caleçon. Il avait
une blessure à l'aine qui l'obligeait donc à porter
des caleçon et l'empêchait alors de faire son métier
de cuisinier. Il avait conclu une longue histoire de
folies par une philosophie de la vie assez simple. "
Dans la vie, il ne faut pas s'en faire... et avoir des
caleçons !" avant de me demander " vous êtes
psychiatre ? ". Il y avait le cycliste, un personnage
assez vieux, qui arborait souvent la panoplie complète
du coureur cycliste et un visage austère. Et puis, il
y avait Jean-Marc, et sa mythomanie fascinante,
habile à vous delester de vos tickets de RU. On l' a
revu ensuite le visage tuméfié et un bras dans le
platre. Il vivait dans la rue. Tout ce monde là se
retrouvait, se connaissait, formait une sorte de
famille.
je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. Sans doute que
certains ont retrouvé une vie qu'on appelle normale.
En repassant à Strasbourg quelques années après, j'ai
vu le cycliste dans la rue. Il marchait en hurlant. Il
etait devenu fou. Les autres, je n'en ai plus jamais
rien su ...
17:05 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
vendredi, 24 août 2007
Je vous le demande !
14:30 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 17 août 2007
La race des seigneurs
Voilà, c'est ce qu'a déclaré la 1ere dame de france au sujet de Rachida Dati "c'est plus qu'une amie, c'est ma soeur. Je ne la lâcherai jamais. Je connais tout d'elle. Elle est de la race des seigneurs"
C'est marrant, parceque visiblement la formulation a choqué par mal de gens, mais dans les débats que j'ai lu sur la question, on retrouve deux points de vue bien distincts. Ceux qui considére qu'il ne s'agit là que d'une formule toute faite, et il ya pas de quoi fouetter un ministre et ceux qui montent au créneau, en pointant ce que la formule peut révéler comme arrière-plan idéologique.
Où est-ce que je me situe, au juste, dans le débat ? Qu'il y a aie une commodité de langage me semble possible. Je me rappelle bien une anecdote d'Elsa Triolet qui employait l'expression "Le port royal des maoris" et Maïakovski ça le rendait fou furieux, ce "port royal" et il lui disait ( de mémoire, je cite, hein ) " alors quand tu dis port, il faut que tu dises royal ! ... port royal et moi je pense à un roi avec une longue barbe et de la soupe au choux, dessus !" Partant de là, on peut évidemment supposer que Madame Sarkozy cesse parfois à la facilité et utilise des formulations qui ne veulent plus rien dire à force d'être dites, mais qui sont commodes, référencées, hop, on a pas besoin de réfléchir pour savoir que la mère Dati est plutôt altière. soit ...
D'un autre côté, vous l'employez vous, la race des seigneurs ? Est-ce que c'est totalement anodin de se référer à une race ?
Ainsi donc, s'il y a la race des seigneurs, il faut qu'il y ait en contrepoint, la race des pas-seigneurs, vous voyez, la race des ratés, la race des crétins, la race des sales bougnoules, la race des clandos qui vont crever à faire la grève de la faim, la race des qu'on va raccompagner et vite! à la frontière, la race des petits russkoffs qui s'explosent la gueule par terre, parceque leurs parent n'ont pas les papier qu'il faut. La race des seigneurs n'existe pas sans ceux-là. La noblesse a besoin des gueux pour exister.
Evidemment qu'il n'est pas question de race, mais on entend bien en filigrane, qu'il y a des gens bien nés et qu'il y a des gens mal nés. La race c'est ce qu'on te donne à la naissance, tu nais black, chinetoque, ou George Bush, voilà la race c'est ton patrimoine génétique et la mère Dati est née avec un bon patrimoine, vous voyez ? car il y a des patrimoines moins bon, voire carrément mauvais ! et t'es bien obligé de t'en arranger de ton patrimoine de malien gréviste de la faim. Car l'éducation ne compte pas, tu vois ? t'es de la bonne race ou pas de la bonne .. tu es né fils d'assassin, tu finiras comme on te l'dis ...Il y a donc des gens qui montent sur leurs grands chevaux avec la race de la mère Sarkozy et qui évoquent des relents de 3ème Reich. Et il me semble qu'il n'y a même pas besoin d'aller jusque là, pour être choqué par la formulation. On retrouve très exactement les idées de Mr, avec son galimatia sur les determinisme génétique, t'es né alcoolique, suicidaire, pédophile, assassin de vieilles dames, ou que sais-je encore. Il y a très exactement cette idée que l'histoire et l'éducation ne rentrent pas en compte dans la trajectoire d'un individu, ce qui vous l'avouerez est une idée sur laquelles reposent des idéologies peu reluisantes. Et de fait, la supresssion des milliers de postes d'enseignants à la rentrée prochain indique qu'il y a cohérence entre la pensée sarkozienne sur les bienfaits et méfaits de dame nature et l'action gouvernementale. Puisque c'est génétique, à quoi bon trop insister n'est-ce-pas ? C'est pas la peine de contrarier la nature ...Alors qu'importe que tout ceci dépasse la pensée de Madame, les mots qu'on emploie ont, qu'on le veuille ou non, un sens qu'on ne peut réduire.
Ce qu'il y a de rassurant finalement dans cette affaire, c'est qu'en dépit de ce qu'on peut entendre ici ou là, madame et monsieur vont bien ensemble. Il y a une expression en latin, que j'ai pas sorti depuis longtemps pour exprimer ce " qui se ressemble s'assemble". On excusera donc cet accès de pédantisme, mais il est tout de même assez bienvenu en l'occurence ... "Asinus asinum fricat" , qu'on doit pouvoir traduire littéralement par "L'âne frotte l'âne".
11:40 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 14 août 2007
Histoire de pompes
L'an passé, si l'on se souvient, je déplorais la perte de
mes chaussures que j'adorais. Avec ces chaussures là, j'avais fait des vadrouilles insensées et vraiment c'etait de la bonne godasse. Je les avais acheté il y a environ 15 ans, et à l'époque je les avais payé plus de 800 Francs ( pour ceux qu'ont connu les francs ...).
J'avais donc du en acheter des nouvelles ( moins bien ) en ruminant le mystère de leur disparition... et voilà que je les retrouve miraculeusement dans ma cave, après les vacances ( peut-être le périple à Lourdes ? va savoir avec les voix du saigneur ). J'etais ravi comme un môme et cette année, les sentiers allaient voir ce qu'ils allaient voir... moi et mes godasses, on etait de retour !
14 Juillet, on est en haut du Néouvielle ( 3091m). C'est le premier 3000 pour Théodule et Libellule. Le Néouvielle comme 1er 3000, c'est vraiment bien, car s'il y a un chouette pic à faire, c'est bien le Néouvielle. Vous voyez que je ne vous ai pas menti au sujet de mes chaussures !
( vous pouvez cliquer pour les voir mieux !)
Ores doncques, j'adore ces chaussures. Je compte les garder encore une dizaine d'années.
Les vacances se passent. Derniers jours, nous partons pour une virée de deux jours, avec un bivouac en Espagne, à Campo Plano derrière le col de la Peyre St-Martin. Jolie ballade, montée assez longue. Après une chouette nuit en montagne, on repart. Notre idée est de revenir sur les lacs de Batcrabère, en passant sous le Balaïtous et en repassant par une hourquette que je sais plus comment elle s'appelle. On est chargés ..comme pour un bivouac. On a marché une heure et soudain, je sens qu'il y a de la gite dans la godasse droite. Je m'arrête, Je regarde. Elle a tout le coté latéral fendu. Le temps que je rejoigne les autres, c'est la bérézina, il n' ya plus que le talon qui maintient la chaussure à la semelle. J'appelle au secours... aheuh, j'ai un petit soucis là ...
Nous nous réunissons en concile. Vu l'état des godasses, il faut tenter une réparation de fortune et revenir sur nos pas, c'est plus sûr. Il n'y en a guère que pour 5-6 heures de marche ( ceci supposant des chaussures ).

( Comme ça, elle n'ont pas l'air si abimés, enfin, ça baille à l'avant ... mais elles ont été reconstruites, pour poser le sparadrap )
Comme il est encore tôt, les yeux bleus vont voir un lac qui est à environ 1 heure de marche et repasseront prendre les yeux verts, Libellule et moi. Pendant ce temps, je tente une réparation de fortune avec du sparadrap trouvé dans la pharmacie, mais c'est pas du sparadrap costaud, alors je passe également mon lacet en partie sous la semelle pour maintenir un peu l'ensemble.
Et voilà le travail:

Les yeux bleus reviennent et on commence à rentrer. Je pose mon pied avec d'infinies précautions, pour que le sparadrap ne lâche pas, ce qui en vertu du poids que j'ai sur le dos et de l'état du sentier, n'est pas une petite affaire. Je veux au moins arriver au col de la Peyre St-Martin, après ce ne sera plus que de la descente.
Miracle, ça tient ! ça tient même bien, je commence à descendre. Mais dans la descente c'est plus dur de retenir son pas, alors au bout d'un moment, je dois finir le rouleau de Sparadrap sur ma chaussure. Je suis déjà evidemment 200 m derrière tout le monde.
5 minutes après avoir mis le sparadrap, je sens que cette fois, il y a de la gîte à gauche. Je regarde ma chaussure gauche. Elle est en train de se faire la malle, pareil, par le devant ! Vite, j' entoure la semelle avec le lacet pour que cela ne s'agrandisse pas. Et je repars ... 5 minutes après, le sparadrap que j'avais mis à droite s'est de nouveau barré, on on cherche ce qu'on a comme ficelles, lacets et autres disponibles et j'entoure ainsi ma godasse, outre mon lacet de deux ficelles... et je reprend péniblement la marche. Les autres cavalent devant, me laissant à mon rythme catastrophique. Je les vois me regarder de temps en temps. Moi je m'arrête tous les 100 metres, pour retaper un peu ici ou là ..
Je les rejoins, je redéfais tout le bazar ... ils se moquent de moi. On dirait que tu descends avec des palmes ! ( bande de nazes ! )


(vous voyez que c'est quand même grave !)
On repart, je sens une légère crispation chez mes coéquipiers... ça fait des heures qu'on descend et on n'en vois plus le bout à s'arrêter tous les 100 mêtres. Alors je décide que je m'en fous, il reste encore une bonne heure de descente, mais je ne rafistole plus, on verra ... je me transporte alors en bringuebalant. Comme il y a plusieurs semelles, il y en a des bouts qui se barrent d'un coté et d'autres de l'autre coté, c'est un vrai cauchemard, j'ai l'impression d'être monté sur des ressorts complétement barges qui font rien que d'essayer de m'empêcher d'avancer. Je suis le clochard des montagnes ! Heureusement, avec toutes ces conneries, il se fait tard, il n'y a plus grand-monde pour assister à ma déconfiture. Un berger qui redescend me dépasse. Je me sens mourir de honte. Il me dépasse sans mot dire, avec juste un coup d'oeil furtif sur cet étrange équipage avec lequel je me meus. J'imagine qu'il se dit " ces parisiens, ils font n'importe quoi, en montagne ! .. ". Merde, je suis pas parisien et mes godasses, c'est vraiment des bonnes pompes... mais là, elles veulent plus et c'est tout, et c'est radical.
J'arrive en tanguant comme je peux à la voiture, après cette descente qui n'en finit pas, avec les genoux en vrac.
Au camping, en voyant mes godasses, un voisin goguenard me demande " euh, c'est quoi la marque de vos chaussures ?"
N'empêche que je vais essayer de les recoller ... mais c'est un problème de ne plus pouvoir faire confiance à ses chaussures en montagne. Je ne sais pas ce que j'aurais fait au Néouvielle, si d'aventure, elles avaient décidé de stopper là. Dans les névés, j'aurais pas rigolé! Ces garces n'ont pas donné le moindre signe avant-coureur de leur débâcle.
21:10 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note







