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lundi, 17 septembre 2007
La place de L'étoile
Le lac d'annecy est romantique mais un jeune homme qui travaille dans la traite des blanches evitera de pareilles pensées.
Je prends le premier car pour T., un chef lieu de Canton de j'ai élu au hasard sur la carte Michelin. La route monte, les virages me donnent la nausée.Je me sens près d'oublier mes beaux projets.
[...]
Si je montre du doigté, on me trouvera bientôt sympathique , je pourrai m'introduire chez les indigènes et repérer sournoisement une jeune fille digne d'être exportée au Brésil.
[...]
Une jeune fille blonde dans le jardin du presbytère.Elle me devisage avec curiosité: l'abbé Perrache me présente sa nièce Loitïa.
[...]
Loitïa s'est inclinée devant la cheminée. Elle a la tête inclinée et le regard pensif des jeunes filles de Boticelli.Elle aura du succès l'été prochain dans les bordels de Rio.
[...]
Le chanoine du St-Gervais, supérieur du collège de T. se montra très satisfait de mon discours. Dès notre premier entretien, il me proposa de remplacer un professeur d'histoire, l'abbé Ivan Canigou,qui avait disparu sans laisser d'adresse.
[...]
"Votre salaire! Je m'occupe de la jeune fille ! Vous, pas de temps à perdre, Après la savoie, la Normandie, téléphonez moi à Bordeaux dès que vous y serez arrivé."
Loitïa me jette un regard affolé, je lui promets de revenir toute de suite.
...
La place de l'étoile. Patrick Modiano.

( Le collège de T. , là où se sont tramées ces histoires sordides )
J'ai tout de suite identifié le village de T., comme étant celui de ma grand-mère.
Rafaël Schlémilovitch, s'attire la sympathie des habitant du village , puis devient enseignant au collège de T., avant de s'enfuir avec Loitïa, pour la livrer au vicomte Levy- Vendôme qui lui fera connaitre les bordels de Rio. Ce collège, fleuron de l'enseignement catholique, je l'ai eu sous les yeux à chaque vacance, de mon enfance. On le longeais pour monter au chalet de Madame P., une fameuse commère, à laquelle ma grand-mère allait rendre visite et que ma mère evitait soignement. Madame P. habitait dans une pente. qu'on dévalait en luge, pour venir butter sur le mur du collège. Il m'a toujours semblé inquiétant, je ne l'ai jamais aimé. J'aurai du me douter qu'il avait abrité des choses aussi peu catholiques que la traite des blanches.
08:45 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note





Commentaires
Thônes...
Le pays du reblochon : pour la traite des blanches, je ne sais pas... Mais près du Grand-Bornand où la guerre a laissé des traces et beaucoup de blessures...
J'adore Modiano pour ce qu'il a écrit entre autres sur cette région.
Mon frère a fréquenté ce collège. Moi j'étais chez les bonnes soeurs à Sallanches, il y avait beaucoup de filles qui venaient de Thône, Samoens... dont les filles d'un artisan devenu Mobalpa.
Mon ordi rame en fait... mais aussi je suis certains jours en proie à certaines angoisses qui m'empêchent d'écrire.
J'adore venir sur ton blogue : c'est réconfortant.
Ecrit par : Rosa | lundi, 17 septembre 2007
Thônes. Le pays du reblochon
C'est la seconde fois que j'essaie d'entrer un commentaire...
Finalement je me demande si mes problèmes viennent de mon ordi ou de hautetfort.
Thônes et j'adore Modiano pour ce qu'il a écrit sur cette région.
L'un de mes frères a fréquenté ce collège...
Moi j'étais chez les bonnes soeurs, près de Sallanches... Il y avait des filles qui venaient de Thônes dont les Mobalpa ! qui portent un autre nom que tu connais sûrement.
Cette région a vu des choses horribles pendant la guerre, ta grand-mère a dû t'en parler.
Ecrit par : Rosa | lundi, 17 septembre 2007
Je me répète : désolée...Mais vraiment je n'avais pas retrouvé mon premier com en venant vérifier sur ton blogue !
Ecrit par : Rosa | lundi, 17 septembre 2007
La maison de ma grand-mère est juste en contrebas du collège.
Alors les Mobalpa, oui, on les connait !
cela me fait drôle de parler de Thônes ici, en fait. Mais je ne doutais pas que tu trouverais !
C'est vrai, ils ont subi beaucoup de bombardement à Thônes. Ma mère me racontait récemment qu'ils s'etaient refugié une semaine dans une ferme de Montagne. Elle me la montrait depuis un autre versant.
En ce qui concerne Modiano, la place de l'étoile est un drôle de livre, le moins "modianesque" de tous. C'est le premier et si ses thèmes de prédilections sont là, il n'a pas encore cette écriture un peu evanescente qui fait son charme. J'en ai beaucoup aimé certains, et d'autres moins, quand l'écriture devenait vraiment trop, trop evanescente ...:)
Ecrit par : Gaspard | mardi, 18 septembre 2007
Thônes, pour moi c'est un coin un peu "fermé", au niveau des mentalités et ta grand-mère a dû le savoir en tant qu'instit... Quand je parlais des événements de la guerre je pensais au Maquis et aux événements du Grand-Bornand : en as-tu entendu parler ?
C'est ta photo qui m'a mise sur la piste puisque je connaissais le collège à cause de mon frère...
Quant à Modiano, je partage ton point de vue : j'ai adoré ses premiers romans mais je ne le lis plus.
De toute façon la Haute-Savoie a beaucoup changé ...et pas en bien !
Ecrit par : Rosa | mardi, 18 septembre 2007
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