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mardi, 11 septembre 2007

Le tiercé

Je m'interroge sans avoir la réponse depuis trois jours sur une phrase que j'ai lu.
D'ailleurs, il n'y a pas de réponse
Je dirais même que la question n'a guère de sens.
D'ailleurs, ce n'est même pas une question
C'est moi qui me pose la question.

c'est une affirmation:

J'étais déjà hors d'âge lorsque je découvris Julio Cortázar, sans doute l'un des trois grands écrivains sud-américains de ce siècle. Que le géant argentin soit devenu, et resté depuis 20 ans, un si fidèle compadre est un des grands bonheurs de ma vie. (Philippe Cottet http://www.cottet.org/etudes/cortazar.htm


Je ne pense pas qu'il soit dans les intentions de l'auteur de cette affirmation de faire un tiercé, ni de comparer les mérites des uns et des autres. Autrement dit, je me mets la pression tout seul. Mais bon sang, qui sont ces trois grands écrivains sud-américains de ce siècle ? quel est le tiércé gagnant, et quel consensus ?

Je vous ai dit qu'il n'y avait pas de réponse. Evidemment. Le consensus en littérature, ça se saurait, non ? Mais il y a forcément quelques noms qui se dégagent dans l'esprit de chacun. Chacun dressera son petit panthéon personnel, faisant la part des ses goût et de son ignorance et nous en resterons là. Neanmoins, l'affirmation est forte. " l'un des trois grands écrivains" .. ce n'est pas l'un des 10 ou des 15, tu vois ? il te faut en choisir trois.

et ça se complique.
Parceque moi aussi je mets Cortazar, dans les trois. Cortazar est un immense écrivain, une joie et un bonheur de lecture sans fin.
Bref, il faut en choisir encore deux. euh ... plus que deux !
et dans ces deux, comment pourrait oublier Sabato, le sublime, l'inégalable Ernesto que j'admire par dessus tout ?
vous voyez qu'il n'en reste plus qu'un. bon dieu, plus qu'un !

comment ne pas prendre Borges. Vous me voyez oublier Borges, dans les trois plus grand écrivains d'amérique Latine ? vous voyez bien que ce n'est pas possible, tellement Borges marque la littérature de son empreinte. ce n'est pas un choix de convenance. On ne peut oublier Borges, un point c'est tout !
mais là, ça fait 3 argentins ! et c'est quand même un peu fort de dire que les 3 plus grands sont des argentins ! donc si j'enlève Borges ? je vais me forcer à ne pas le remplacer par Bioy Casarès, que j'admire tout autant .. mais plus d'argentin, on a dit !
Mettons que les poètes ne soient pas considérés ici , hein .. sinon, je ne peux échapper à Neruda ! qui tu mets en 3eme ?
Quiroga ? peut-on décemment oublier Quiroga dans ce tiercé ? Et Coloane ?
par chance, je connais moins le Brésil, même si des incursions dans les nouvelles brésiliennes l'an dernier m'ont convaincu de l' immense richesse littéraire brésilienne, avec des auteurs comme Lygia Fagundes Telles ou Joao Guimaraes Rosa. On passera sous silence le pénible Coelho, car comme dirait une amie .. "évidemment que je n'ai pas lu et que je n'ai pas aimé!"
Et pour moi, ni Vargas Llosa, ni Garcia Marquez ne peuvent figurer dans cette liste de trois. alors qui, bon sang ? je dois lire encore, je vous en reparle dans 20 ans.
et vous, vous dites quoi ?

Commentaires

Je ne renie pas ma phrase même si, écrite il y a dix ans, elle aurait mérité rester aux oubliettes, dans le repli de ces pages jamais terminées... :-)

Je place donc en troisième, puisque Borges ne se discute évidemment pas, Jorge Amado, peintre des petites gens et de la fête, de la misère et de la lutte, du respect et de la révolte, du Mystère aussi, cette espèce de plat exubérant dont est fait la joie de vivre de Salvador da Bahia, malgré tout...

Trois c'est peu, arbitraire, crétin, forcément subjectif mais les livres de ceux-ci m'ont choisi un jour et continuent d'être source de joie, de découverte, d'émerveillement, rejoignant les trois anglo-saxons, scandinaves, asiatiques, etc. Au final, une bonne compagnie en attendant la mort.

Cordialement

Ecrit par : Philippe Cottet | mardi, 11 septembre 2007

merci d'avoir répondu :)
J'aime aussi le monde que décrit Amado. En ce qui le concerne, j'avais commencé par un livre fabuleux et boulversant, un de ces premiers, Les chemins de la faim. On ne sort pas indemne d'un livre pareil. Aussi, j'en ai lu beaucoup d'autres de lui, à la suite, en espérant y retrouver cette voix des chemins de la faim ...a part peut-etre avec Suor,pour le reste j'ai été un peu déçu. Mais j'aime et respecte Amado, malgré tout.

Moi je pense qu'avec tout ce qui me reste à lire, c'est plutot la mort qui va devoir patienter, plutôt que l'inverse :)

Ecrit par : Gaspard | mercredi, 12 septembre 2007

"Moi je pense qu'avec tout ce qui me reste à lire, c'est plutot la mort qui va devoir patienter, plutôt que l'inverse :)"

Pour une fois, je suis en total accord avec toi :-)!
Je dis pour une fois car je ne me pose aucune question sur ce genre de tiercé gagnant, je lis sans classement, tant que le plaisir est là. Pour preuve, en ce moment, je relis un pavé, un chef-d'oeuvre vietnamien, "Terre des oublis" de Duong Thu Huong.

Ecrit par : Pascale | mercredi, 12 septembre 2007

hum, Pascale, ça contenait un peu de dérision.
A vrai dire, je me demandais juste quels etaient ces auteurs susceptibles de réunir tous les suffrages, et pressentis comme les plus grands de l'amérique latine, de manière non négociables et je peinais à répondre, sachant d'emblée que la question etait un peu vaine... ( et visiblement Philippe a un point de vue assez proche :)) en fait, pour moi le seul interêt de ce genre de question est celui d' un bilan personel ... quels sont ceux que je place au dessus de tous les autres.
Parceque si moi aussi je lis sans classement, il y a quand même une forme de hiérarchie qui s'opère dans ma tête. Je lis Fred Vargas avec un immmense plaisir, pour autant je ne la mets pas sur un pied d' égalité avec Cortazar. J'ai lu , je ne sais combien de fois Les armes secrètes ... il n'y a rien à faire, Cortazar est un auteur d'exception.

( bon, et là je suis en train de rigoler tout seul, parceque j'imagine un commentateur de tiercé décrivant la course .... et c'est Cortazar, casaque jaune, qui passe la ligne d'arrivée, suivi de près par Sabatooooooooooo ... ). Bon, je voyais pas vraiment les choses comme ça , hein :)

Ecrit par : gaspard | mercredi, 12 septembre 2007

"Moi je pense qu'avec tout ce qui me reste à lire, c'est plutôt la mort qui va devoir patienter, plutôt que l'inverse..."

Peut-être également une question d'âge ?

De toute façon, il restera toujours trop de livres à lire, surtout quand on passe comme moi trois ou quatre sur 200 malheureuses pages (pas de fiction cependant).

Ecrit par : Philippe Cottet | mercredi, 12 septembre 2007

J'avais bien compris ta dérision et il y en avait aussi dans ma réponse mais putain c'est con quand on ne se voit pas, tout ça ne passe pas! Oui pour les différentes hauteurs (Fred Vargas et Cortazar) mais franchement pas envie d'y penser. J'aime beaucoup aussi, dans différents registres de ce côté-là de la planète, Machado de Assis, Hernan Rivera Letellier, Antonio Skarmeta etc.

Ecrit par : Pascale | mercredi, 12 septembre 2007

Trois ou quatre années voulais-je dire...

S'agissant de Vargas et de Cortazar, j'ai évidemment la même opinion (quoiqu'il existe de TRÈS grands auteurs de romans noirs - ce que Vargas n'est sans doute pas - auteure de roman noir) aimant les deux mais ne les plaçant jamais en concurrence.

Ecrit par : Philippe Cottet | mercredi, 12 septembre 2007

:)
j'imagine l'ankou avec sa faux retournée, esquissant un geste d'impatience .. et moi qui lui dit ( comme font mes mômes) " attend, j'finis ma page ! "

voilà, y a pas d'age pour mourir, n'est-ce-pas et il y a heureusement trop de livres, à lire.

Ecrit par : gaspard | mercredi, 12 septembre 2007

Et Sepulveda? Moi j'aime mais je suis une vieille sentimentale ringarde comme chacun sait.
J'irai sur le blogue de Philippe Cottet...

Ecrit par : rosa | mercredi, 12 septembre 2007

J'adore Sepulveda rosa, tu n'es pas la seule sentimentale...

Ecrit par : Pascale | mercredi, 12 septembre 2007

j'ai rien lu de Sépulveda ... j'peux rien dire sur vos sentimentalités respectives, mesdames :)

Ecrit par : Gaspard | jeudi, 13 septembre 2007

Lis "La folie de Pinochet" ou "Une sale histoire", Gaspard, je suis sûre qu'on se retrouvera.

Ecrit par : Pascale | jeudi, 13 septembre 2007

une copine m'avait passé le vieux qui lisait des romans d'amour .. mais je sais pas, j'etais pas tenté ( elle avait insisté, en général, ça suffit pour que j'aie pas envie de lire un bouquin ).
La folie de Pinochet, ça me tente déjà plus comme titre.

Ecrit par : gaspard | jeudi, 13 septembre 2007

Pas sympa pour ta copine Gaspard.
Je ne connais pas "La folie Pinochet" mais j'ai beaucoup aimé "une sale histoire"
En revanche c'est avec Amado que je n'ai pas accroché...également parce qu'une copine avait insisté pour que je le lise...
En revanche je pense qu'on est tous d'accord pour trouver Coelho incomestible.
du Delerm latino !

Ecrit par : Rosa | jeudi, 13 septembre 2007

Pas sympa pour ta copine Rosa :)
Amado, c'est vraiment très très inégal... mais Les chemins de la faim, quel livre ... dommage que tout ne soit pas de cette eau là.

Ecrit par : gaspard | vendredi, 14 septembre 2007

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