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mardi, 28 août 2007

A une libellule

Odeurs de pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison
A sept ans comme il faisait bon !
Après d'ennuyeuse vacances
Se retrouver dans sa maison

La vielle classe de mon père
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ses merveilleuses poussières
Amassées par tout un été

Ohh !! temps charmant des brumes douces
Des gibiers, Des longs vols d'oiseaux
Le vent souffle dehors
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau

( René-Guy Cadou)

C'est drôle, ce matin, je repensais à ce poême de Cadou ... on l'avait appris en classe .. il y a .. quelques années ... ça nous révoltait ce "Après d'ennuyeuses vacances".
Et pourtant, Cadou est un de mes préférés .. préféré de quoi ? parmi quoi ? préféré, c'est tout.
Libellule a 10 ans dans deux semaines, elle entre en CM2 et elle a fait son premier pic à 3000m, cet été.

c'est drôle, parceque j'avais fait un copié-collé du poême, retrouvé sur le net, et il etait bourré de fautes, je m'en suis aperçu après coup. Je pense qu'il faut y voir une sorte d' hommage à l'apprentissage de l'orthographe, auquel le sujet du poeme se prete .. plus généralement, je dois avouer qu' au vu des nombreuses fautes qui parsèment mes notes, et dont je rougis souvent à la relecture, cette orthographe un peu déficiente etait très cohérente avec le niveau d'ensemble du grand pays des cancres. C'est vrai, j'ai la flegme de me relire et j'ai honte après ...

vendredi, 24 août 2007

Je vous le demande !

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Sur le port de Paimpol, ces tee-shirts rencontraient pas mal de succès.

mercredi, 22 août 2007

note de lectures

vous savez que ce blog est au départ censer vous rebattre les oreilles de mon actualité littéraire. Vous savez également que mes notes de lectures ont généralement un succès fou , comme en témoignent les nombreux commentaires qui les accompagnent. Mais comme je ne souhaite pas faire de ce succès une recette facile ( un veritable artiste ne répète jamais ses effets), je vais grouper dans cette note, les bouquins que j'ai lu cet été. ( Au moins comme ça, je me rappelle de ce que j'ai lu ... )

Les brumes du passé de Leonardo Padura. Je n'avais rien lu du bonhomme. J'aimais beaucoup l'idée initiale. Celle d'un ancien flic devenu revendeur de livres à La Havane. A Cuba, les gens qui possèdent des livres les revendent pour survivre. Un jour, Mario Condé découvre une bibliothèque fabuleuse, contenant tous les tresors de la bibliophilie cubaine. Mais dans un des livres, il dcouvre également la trace enfouie d'une chanteuse de Boléro disparue, dont le nom lui rappelle quelque chose, qu'il n'a de cesse de retrouver. Ce livre, c'est donc l'histoire de cette quête.
On sent bien que la forme du roman policier est propice à parler de la réalité cubaine. C'est le coté vraiment très interessant du bouquin, enfin je suppose même que c'est sa finalité. C'est chouette à lire, alors pourquoi je suis un poil déçu ? sans doute que j'attendais beaucoup de ce livre. Pourtant l'enquête est plutôt bien fichue, recèle son lot de surprise, c'est bien menée et je l'ai lu avec beaucoup d'interêt. Pourtant il me semble que j'ai déjà commencé à oublier ce livre.

C'est comment l'Amérique de Franck Mc Court. De ce bouquin, je ne savais quoi attendre. Il etait précédé d'un grand succès public. On me l'avais donné. Il fallait bien que je finisse par le lire. Curieusement j'attendais un truc .. je sais pas .. j'imaginais quelque chose à la Dickens, ou bien un peu compassé ou .. enfin. Franck Mc Court possède une verve et un humour considérable. Il écrit ce qui lui arrive avec une fausse naïveté rejouissante et drolatique ... et c'est quelque chose que de débarquer au début des années 50 à New York, avec un accent irlandais à couper au couteau, 18 ans et 20 dollars en poche . Alors comment on se debrouille dans la vie en partant de là, comment on devient professeur d'anglais alors qu'on est issue une famille misérable et qu'on n'a même pas le certificat d' étude secondaire ... Sur le bateau qui le menait aux etats-unis, Franck Mc Court lisait un livre trouvé sur le bateau, et c'etait Crime et Chatiment, de Dostoïevski .. l'air de rien, ça ouvre des portes, mentales et sociales, ce genre de lectures :) C'est une très bonne surprise ce bouquin. Je l'ai fini avec un fort attachement pour celui qui l'a écrit.

Sale Prof de Nicolas Revol. ça c'est sur la condition d'un prof de banlieue. C'est pas de la litté, mais c'est très bien à lire, parceque Nicolas Revol est quelqu'un d'une grande lucidité et d'une grande honneteté. j'aime beaucoup, à la fois la façon de parler de ses élèves, de parler de son métier et le recul qu'il sait prendre;

Dans les bois éternels de Fred Vargas. Je n'aime pas trop les romans policiers. En général, ces histoires de droit commun me gavent et je vois pas de raison de me creuser la tête pour trouver un assassin. Je fais une exception pour Crime et Chatiment de Dostoïevski .. et pour Fred Vargas. J'avais adoré le précédent. Sous les vents de Neptune, je l'avais trouvé prodigieux. Celui-ci est vraiment excellent, lui aussi. Ce que j'aime, dans ses bouquins, c'est son aptitude a s'encrer dans .. bon, je sais pas comment le dire .. une sorte de mythologie, d' histoires surgies du fond des âges. C'est à la fois des histoires et de l'histoire. C'est clair ? non ? bon tant pis. Lisez, si ce n'est pas encore fait.

Le territoire des barbares de Rosa Montero. Alors c'est l'histoire d'un retour vers l'enfer, de Zarza, qui porte en elle un passé insupportable, qui l'a mené d'une famille détruite, dominé par la figure d'un père complétement pervers au territoire de la Reine, la Blanche qui exige tout les sacrifices, et te réduit à l'esclavage. C'est une atmosphère infiniment glauque, mais le récit est mené de manière remarquable et c'est en même temps superbe, il y a de très belles idées et des instants remarquables et je pense que ça vaut la peine de savoir ce que Rosa Montero a fait d'autre dans sa vie. C'est bien écrit, plutôt simple et efficace, mais c'est surtout cette envie de comprendre et d'aller à la source des choses que j'ai aimé.

bon, et puis, là , j'ai commencé Neige de Orhan Pamuk, alors j'en parlerai peut-être ( ou peut-etre pas, vu que j'ai pas été fichu de faire une note sur L'ange des ténèbres de l'immense Sabato ... mon dieu vivant ! )

vendredi, 17 août 2007

La race des seigneurs

Voilà, c'est ce qu'a déclaré la 1ere dame de france au sujet de Rachida Dati "c'est plus qu'une amie, c'est ma soeur. Je ne la lâcherai jamais. Je connais tout d'elle. Elle est de la race des seigneurs"
C'est marrant, parceque visiblement la formulation a choqué par mal de gens, mais dans les débats que j'ai lu sur la question, on retrouve deux points de vue bien distincts. Ceux qui considére qu'il ne s'agit là que d'une formule toute faite, et il ya pas de quoi fouetter un ministre et ceux qui montent au créneau, en pointant ce que la formule peut révéler comme arrière-plan idéologique.
Où est-ce que je me situe, au juste, dans le débat ? Qu'il y a aie une commodité de langage me semble possible. Je me rappelle bien une anecdote d'Elsa Triolet qui employait l'expression "Le port royal des maoris" et Maïakovski ça le rendait fou furieux, ce "port royal" et il lui disait ( de mémoire, je cite, hein ) " alors quand tu dis port, il faut que tu dises royal ! ... port royal et moi je pense à un roi avec une longue barbe et de la soupe au choux, dessus !" Partant de là, on peut évidemment supposer que Madame Sarkozy cesse parfois à la facilité et utilise des formulations qui ne veulent plus rien dire à force d'être dites, mais qui sont commodes, référencées, hop, on a pas besoin de réfléchir pour savoir que la mère Dati est plutôt altière. soit ...
D'un autre côté, vous l'employez vous, la race des seigneurs ? Est-ce que c'est totalement anodin de se référer à une race ?
Ainsi donc, s'il y a la race des seigneurs, il faut qu'il y ait en contrepoint, la race des pas-seigneurs, vous voyez, la race des ratés, la race des crétins, la race des sales bougnoules, la race des clandos qui vont crever à faire la grève de la faim, la race des qu'on va raccompagner et vite! à la frontière, la race des petits russkoffs qui s'explosent la gueule par terre, parceque leurs parent n'ont pas les papier qu'il faut. La race des seigneurs n'existe pas sans ceux-là. La noblesse a besoin des gueux pour exister.
Evidemment qu'il n'est pas question de race, mais on entend bien en filigrane, qu'il y a des gens bien nés et qu'il y a des gens mal nés. La race c'est ce qu'on te donne à la naissance, tu nais black, chinetoque, ou George Bush, voilà la race c'est ton patrimoine génétique et la mère Dati est née avec un bon patrimoine, vous voyez ? car il y a des patrimoines moins bon, voire carrément mauvais ! et t'es bien obligé de t'en arranger de ton patrimoine de malien gréviste de la faim. Car l'éducation ne compte pas, tu vois ? t'es de la bonne race ou pas de la bonne .. tu es né fils d'assassin, tu finiras comme on te l'dis ...Il y a donc des gens qui montent sur leurs grands chevaux avec la race de la mère Sarkozy et qui évoquent des relents de 3ème Reich. Et il me semble qu'il n'y a même pas besoin d'aller jusque là, pour être choqué par la formulation. On retrouve très exactement les idées de Mr, avec son galimatia sur les determinisme génétique, t'es né alcoolique, suicidaire, pédophile, assassin de vieilles dames, ou que sais-je encore. Il y a très exactement cette idée que l'histoire et l'éducation ne rentrent pas en compte dans la trajectoire d'un individu, ce qui vous l'avouerez est une idée sur laquelles reposent des idéologies peu reluisantes. Et de fait, la supresssion des milliers de postes d'enseignants à la rentrée prochain indique qu'il y a cohérence entre la pensée sarkozienne sur les bienfaits et méfaits de dame nature et l'action gouvernementale. Puisque c'est génétique, à quoi bon trop insister n'est-ce-pas ? C'est pas la peine de contrarier la nature ...Alors qu'importe que tout ceci dépasse la pensée de Madame, les mots qu'on emploie ont, qu'on le veuille ou non, un sens qu'on ne peut réduire.
Ce qu'il y a de rassurant finalement dans cette affaire, c'est qu'en dépit de ce qu'on peut entendre ici ou là, madame et monsieur vont bien ensemble. Il y a une expression en latin, que j'ai pas sorti depuis longtemps pour exprimer ce " qui se ressemble s'assemble". On excusera donc cet accès de pédantisme, mais il est tout de même assez bienvenu en l'occurence ... "Asinus asinum fricat" , qu'on doit pouvoir traduire littéralement par "L'âne frotte l'âne".

mardi, 14 août 2007

Histoire de pompes

L'an passé, si l'on se souvient, je déplorais la perte de
mes chaussures que j'adorais. Avec ces chaussures là, j'avais fait des vadrouilles insensées et vraiment c'etait de la bonne godasse. Je les avais acheté il y a environ 15 ans, et à l'époque je les avais payé plus de 800 Francs ( pour ceux qu'ont connu les francs ...).
J'avais donc du en acheter des nouvelles ( moins bien ) en ruminant le mystère de leur disparition... et voilà que je les retrouve miraculeusement dans ma cave, après les vacances ( peut-être le périple à Lourdes ? va savoir avec les voix du saigneur ). J'etais ravi comme un môme et cette année, les sentiers allaient voir ce qu'ils allaient voir... moi et mes godasses, on etait de retour !
14 Juillet, on est en haut du Néouvielle ( 3091m). C'est le premier 3000 pour Théodule et Libellule. Le Néouvielle comme 1er 3000, c'est vraiment bien, car s'il y a un chouette pic à faire, c'est bien le Néouvielle. Vous voyez que je ne vous ai pas menti au sujet de mes chaussures !Free Image Hosting at www.ImageShack.us ( vous pouvez cliquer pour les voir mieux !)
Ores doncques, j'adore ces chaussures. Je compte les garder encore une dizaine d'années.
Les vacances se passent. Derniers jours, nous partons pour une virée de deux jours, avec un bivouac en Espagne, à Campo Plano derrière le col de la Peyre St-Martin. Jolie ballade, montée assez longue. Après une chouette nuit en montagne, on repart. Notre idée est de revenir sur les lacs de Batcrabère, en passant sous le Balaïtous et en repassant par une hourquette que je sais plus comment elle s'appelle. On est chargés ..comme pour un bivouac. On a marché une heure et soudain, je sens qu'il y a de la gite dans la godasse droite. Je m'arrête, Je regarde. Elle a tout le coté latéral fendu. Le temps que je rejoigne les autres, c'est la bérézina, il n' ya plus que le talon qui maintient la chaussure à la semelle. J'appelle au secours... aheuh, j'ai un petit soucis là ...
Nous nous réunissons en concile. Vu l'état des godasses, il faut tenter une réparation de fortune et revenir sur nos pas, c'est plus sûr. Il n'y en a guère que pour 5-6 heures de marche ( ceci supposant des chaussures ).
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( Comme ça, elle n'ont pas l'air si abimés, enfin, ça baille à l'avant ... mais elles ont été reconstruites, pour poser le sparadrap )


Comme il est encore tôt, les yeux bleus vont voir un lac qui est à environ 1 heure de marche et repasseront prendre les yeux verts, Libellule et moi. Pendant ce temps, je tente une réparation de fortune avec du sparadrap trouvé dans la pharmacie, mais c'est pas du sparadrap costaud, alors je passe également mon lacet en partie sous la semelle pour maintenir un peu l'ensemble.

Et voilà le travail:
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Les yeux bleus reviennent et on commence à rentrer. Je pose mon pied avec d'infinies précautions, pour que le sparadrap ne lâche pas, ce qui en vertu du poids que j'ai sur le dos et de l'état du sentier, n'est pas une petite affaire. Je veux au moins arriver au col de la Peyre St-Martin, après ce ne sera plus que de la descente.
Miracle, ça tient ! ça tient même bien, je commence à descendre. Mais dans la descente c'est plus dur de retenir son pas, alors au bout d'un moment, je dois finir le rouleau de Sparadrap sur ma chaussure. Je suis déjà evidemment 200 m derrière tout le monde.
5 minutes après avoir mis le sparadrap, je sens que cette fois, il y a de la gîte à gauche. Je regarde ma chaussure gauche. Elle est en train de se faire la malle, pareil, par le devant ! Vite, j' entoure la semelle avec le lacet pour que cela ne s'agrandisse pas. Et je repars ... 5 minutes après, le sparadrap que j'avais mis à droite s'est de nouveau barré, on on cherche ce qu'on a comme ficelles, lacets et autres disponibles et j'entoure ainsi ma godasse, outre mon lacet de deux ficelles... et je reprend péniblement la marche. Les autres cavalent devant, me laissant à mon rythme catastrophique. Je les vois me regarder de temps en temps. Moi je m'arrête tous les 100 metres, pour retaper un peu ici ou là ..
Je les rejoins, je redéfais tout le bazar ... ils se moquent de moi. On dirait que tu descends avec des palmes ! ( bande de nazes ! )

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(vous voyez que c'est quand même grave !)

On repart, je sens une légère crispation chez mes coéquipiers... ça fait des heures qu'on descend et on n'en vois plus le bout à s'arrêter tous les 100 mêtres. Alors je décide que je m'en fous, il reste encore une bonne heure de descente, mais je ne rafistole plus, on verra ... je me transporte alors en bringuebalant. Comme il y a plusieurs semelles, il y en a des bouts qui se barrent d'un coté et d'autres de l'autre coté, c'est un vrai cauchemard, j'ai l'impression d'être monté sur des ressorts complétement barges qui font rien que d'essayer de m'empêcher d'avancer. Je suis le clochard des montagnes ! Heureusement, avec toutes ces conneries, il se fait tard, il n'y a plus grand-monde pour assister à ma déconfiture. Un berger qui redescend me dépasse. Je me sens mourir de honte. Il me dépasse sans mot dire, avec juste un coup d'oeil furtif sur cet étrange équipage avec lequel je me meus. J'imagine qu'il se dit " ces parisiens, ils font n'importe quoi, en montagne ! .. ". Merde, je suis pas parisien et mes godasses, c'est vraiment des bonnes pompes... mais là, elles veulent plus et c'est tout, et c'est radical.
J'arrive en tanguant comme je peux à la voiture, après cette descente qui n'en finit pas, avec les genoux en vrac.
Au camping, en voyant mes godasses, un voisin goguenard me demande " euh, c'est quoi la marque de vos chaussures ?"
N'empêche que je vais essayer de les recoller ... mais c'est un problème de ne plus pouvoir faire confiance à ses chaussures en montagne. Je ne sais pas ce que j'aurais fait au Néouvielle, si d'aventure, elles avaient décidé de stopper là. Dans les névés, j'aurais pas rigolé! Ces garces n'ont pas donné le moindre signe avant-coureur de leur débâcle.

vendredi, 10 août 2007

Nadau en companhia (2)

Vous ne vous en rappelez sans doute pas, mais moi j' etais dégouté d' avoir manqué Nadau l'an dernier. Je ne pensais pas avoir une seconde chance.
Et pourtant.
En arrivant dans le val d'azun cet été, on a su que cette fois, on ne les manquerait pas.
Un concert de Nadau, en pleine montagne, près du lac d'Estaing, est-ce qu'on pouvait imaginer mieux pour les voir ?
Pourtant on n'en avait pas un souvenir terrible du lac d'estaing. A l'époque où on faisait tout en stop, on avait failli y rester en rade. Estaing ( je précise que cela n'a rien à voir avec le chauve aristocrate qui nous gouverna dans des temps préhistorique, si quelqu'un s'en souvient ) bref ... Estaing fait partie de ces lac de montagne accessible en bagnole. C'est donc un lac fréquenté par des gens en tong qui ne connaissent de la montagne que les campings avec jacuzzi, des fonds de vallée. Au retour d'une vadrouille, on avait galéré pour se faire descendre. On avait fini par prendre à l'abordage une voiture de petits vieux. Ils etaient très sympas. Evidemment dans les lacets des cols, ils prenaient les virages un peu bizarrement ( mais je crois bien que je m'égare).
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( fond de vallée, c'est assez plat, comme vous le voyez, mais bon, pour un concert c'est mieux, en même temps )

Bref, Estaing pour faire de la montagne, c'est pas un endroit très fameux. Par contre, pour accueillir un concert, c'est un lieu fabuleux.
Mais ce jour là, il faisait un temps de $&@¤q$£ ... koc'h khi du ...Toute la journée, on s'est demandé si cela serait annulé. Mais le lendemain menaçait d'être pire. Alors, on est monté. La scène etait noyée dans une brume humide, qui enveloppait la vallée. On a mangé nos sandwichs dans la bagnole tellement il faisait mauvais. A coté de nous, les voitures arrivaient et se garaient tant bien que mal, en pestant contre le climat. Des gens du coin, principalement, des berêts, des drapeaux occitans ( merde, on avait pas notre gwen ha du !) , un climat de fête joyeuse.
On s'est assis sur des bottes de pailles. J'ai discuté avec mes voisins. Un couple de bordelais, sympa, qui ne connaissaient pas Nadau. On a rigolé sur Juppé ( ouais, encore !).
Et puis ça a commencé, le fabuleux voyage avec Joan de Nadau. Nous, on aimait les textes de Nadau, dont l'écriture est très belle, on connaissait l'intensité de l'interprétation, mais ce qu'on ne connaissait pas, qu'on a découvert, c'est Nadau le conteur. Et rien que ça c'est un pur bonheur d'humour et de poésie. Joan de Nadau adore se moquer des bordelais qui arrivent en montagne avé le quaquatre ! ( le 4x4 pour ceux qu'on du mal ). La femme bordelaise a coté de moi etait pliée en deux de rire.

Ecouter Nadau, c'est un fabuleux voyage de plus de 3 heures, ou le français se mêle à l'occitan. Bon, vous connaissez la chanson, vous savez qu'ici je vais placer mon petit couplet sur les langues régionales, n'est-ce-pas? que vous n'allez pas y couper ! alors voilà .... il faut aller à un concert de Nadau, pour se rendre compte à quel point c'est une culture vivante. La femme à coté de moi, qui ne connaissait pas Nadau et qui semblait plutôt d'extraction aisée, comme on dit, eclatait de rire à chaque saillie en occitan. On sentait bien tout autour de nous, que l'occitan nouait la complicité de l'assistance. Nous autres bretons, ce soir là, avons été un peu jaloux, mais heureux de voir la vivacité de l'occitan. Bien, à ce stade là, me sachant prévisible, je vais quand même ajouter, pour bien enfoncer le clou ( au cas ou passe quelqu'un qui n'aurait pas lu les épisodes précédents), que, d'accord, ok, le français est la langue de la république, elle contribue à l'unité nationale tout ça et à ..euh, comment qu'ils appellent ça, Hortefeux et consorts, bref .... mais qu'il y a a côté de cela, des cultures riches et belles et incroyablement vivantes. Et que les tenants de la modernité, qui ne laissent pas de place à ces cultures venues de très loin, feraient bien par instant de regarder et écouter parfois ce qu'ils prétendent détruire ! ( ça y est, j'ai fini mon petit discours :))) ... revenons a nos moutons.

Les chansons de Nadau, je les connaissais presque toutes. Mais ça a été un instant de pur bonheur, entre le rire des histoires de Joan de Nadau, cette intensité et cette allégresse, cette sensibilité si profonde et ces instants ou tu te lève sur les bottes de pailles pour brailler dans un occitan recomposé par tes soins, ces chansons sublimes. A ce moment là, tu sais que tu vis des instants uniques, que jamais plus tu ne verra Nadau, en pleine montagne, dans cette brume humide qui nimbe les alentours du lac. Et à ce moment, tu ne voudrais être ailleurs pour rien au monde.

Mes voisins bordelais etaient ravis malgré les piques dont ils ont fait l'objet. En partant, la caravanes de voitures redescendant dans la vallée faisait une immense chenille lumineuse.

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Les chevaux du lac d'Estaing ne devaient pas en croire leurs oreilles.

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