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vendredi, 27 juillet 2007
dédicace
13:35 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
jeudi, 05 juillet 2007
ménage à trois
C'est un collègue qui raconte. il me parle d'un autre collègue. Nous l'appelerons pudiquement J.-R. A. d. L. M. D. ( Ouais, ce sont ses initiales, on se mouche pas du pied, nous autres :) d'ailleurs on a aussi, J. d. B. d. A. , mais moi on m'a dit que plus le nom est long plus la noblesse est petite, et toc !) Bref, notre héros, J.-R. A. d. L. M. D. dit au premier collègue, (là celui qui me raconte, t'es perdu ou quoi ? bon on va l'appelle F. de toute façon il n' a pas pas de sang bleu, lui)
J.-R. A. d. L. M. D. : - Nous nous marions avec N., nous nous marions à trois !
Alors F. prend un air interessé, il réprime une grosse vanne, du style .. euh, c'etait pas plus simple de faire ça à Rennes ? parceque Troye ..
mais J.-R. enchaine avant même qu'on tombe dans le graveleux: - Oui, on se marie à trois, N., moi et Dieu ...
Vu comme ça, en effet c'est nettement moins excitant. Moi qui voyait déjà une croustillante affaire de triolisme, voilà que la religion nous tombe dessus et il semble que là, on ait le droit à certains arrangements que ne réprouve pas la sainte église romaine et apostolique. Moi de toute façon, je ne vois pas pourquoi J.-R. A. d. L. M. D. ne pourrait pas partager sa chérie avec un troisième larron ..et d'ailleurs peut-etre que pour lui même .. non, là je déraille.
Depuis, de l'eau est passée sous les ponts, et les lascars ont fait 3 enfants en 3 ans. Mais c'est plus facile quand on est trois, n'est-ce pas ? n'empêche .... je me demande de qui ils sont tous. Imaginez que parmi les trois, il y ait le fils ou la fille de Dieu, lui-même.
Hein, ça vous en bouche un coin ?
10:15 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mercredi, 04 juillet 2007
Le printemps des camarades
Lise London, le printemps des camarades.
je ne la connaissais pas. J'ai pris le livre à cause de son nom. Qui pouvait bien porter ce
patronyme de London? Vous en connaissez beaucoup des London ? alors London, comme Jack ou London comme Artur ?
Lise London, s'est d'abord appelée Lise Ricol. Fille d'immigrés espagnols venus chercher du travail en france, son enfance c'est la pauvreté de ces années là, quand on a un père mineur silicosé. Mais aussi un père coco, de la première heure.Et c'est ça qui sera determinant dans sa vie. Alors, Jack ou Artur ? Artur evidemment.
Vers 15 ans, Lise est déjà une militante, avec la force de conviction propre à cet age. C'est les années trente. Il y a un paradis terrestre, c'est L'URSS. A vingt ans, elle se retrouve envoyée comme secretaire comme Kommintern à Moscou. Elle est déjà mariée, mais c'est là qu'elle croise Artur London, jeune militant tchèque. D'ailleurs, à Moscou, Lise croise tout ce que le combat révolutionnaire a rendu mythique. Une femme espagnole qu'elle ne connait pas, mais avec qui elle sympathise en raison de ses propres origine espagnole? Dolorès Ibarruri, evidemment que c'est elle, la passionaria, avec sa voix de légende.
Elle la recroisera lors de la guerre d'espagne. Elle se lie d'une amitié profonde avec un vietnamien qui deviendra des années plus tard, Ho chi minh, et qui bien après, encore après les procès de Prague, de London, Slanski et les autres, saura montrer son indéfectible amitié. Mais à Moscou dans les années 35, malgré les signes inquiétants qu'on ne sait décrypter, des personnes qui disparaissent sans crier gare, une figure domine, celle du petit père des peuples, objet de toutes les vénération. Lise raconte la ferveur quand elle l'a vu, elle raconte l'adoration d'alors. Elle raconte sans fard. Ils adoraient Staline et cette adoration est au dessus de tout, au dessus du commencement d'un soupçon. Au dessus des immenses privations qu'ils ne soupçonnaient pas en France et qu'ils endurent maintenant. Mais Lise a vingt ans, et elle sait que les lendemains chanteront. Il faudra des années pour qu'elle commence enfin à comprendre. Elle qui s'est battu sur tous les fronts pour la classe ouvrière, qui s'est engagée sur ce chemin, avec une conviction sans faille, avec la même sincérité et la même soif d'absolu que tous les autres. De tous ceux qu'elle recroisera ici ou là, ceux qu'elle verra mourir en Espagne ou dans les camp de concentration. Après Moscou, c'est le retour en France, elle est loin d'Artur, resté en URSS, elle est enceinte. Mais part pour la guerre d'espagne, y perd son bébé. Elle vit l'horreur de l'abandon de la république Espagnole par tous les pays démocratiques au moment ou les armées de Mussolini et d'Hitler se portent au secours de Franco.
Des années terribles s'enchainent, la résistance, la prison, la déportation. Mais c'est l'objet d'un autre livre. Après la guerre elle croise une jeune femme qu'elle a connu dans le Kommintern. La jeune femme lui raconte qu'elle aussi a été déportée. Lise finit par lui faire dire qu'elle a été deportée dans les camps soviétique, mais elle ne comprend toujours pas. Elle lui dit "comme tu as du souffrir d'être confondue avec les ennemis du peuple". Il faudra encore bien des années, il faudra le procès fait à Artur qu'il décrit dans L'Aveu et que Costa Gavras a porté au cinéma. il faudra le doute et enfin, les yeux qui s'ouvrent. Mais Lise London est une femme exceptionnelle. C'est bien d'elle aussi, que parle Ferrat
dans le Bilan.
"Vous aviez combattu partout la bête immonde
des brigades d'Espagne à celle du maquis
votre jeunesse etait l'histoire de ce monde
vous aviez nom Kostov ou London ou Slanski"
J'aime chez Lise London, son amour de la vie, sa gentillesse,sa simplicité. Elle écrit ce livre, dans les années 80-90. Elle est une vieille dame. L'amour de sa vie, Artur, qu'elle a toujours appelé Gérard est mort. Elle en est desespérée, mais elle continue à porter sur les êtres et les choses un regard plein de tendresse. Elle aime les gens, il n' y a jamais un réglement de compte, jamais une parole perfide. Lise London est une femme formidable. Ce qu'elle décrit de sa vie, son engagement dans tous les combat du siècle, elle en parle avec une infinie simplicité, ainsi que de son aveuglement, leur aveuglement face au stalinisme... Ils ne pouvaient admettre, ils etaient dans cet etat de vénération. Je repense aux mots de Kundera, dans "Le livre du rire et de l'oubli".
"... nous avions toujours quelque chose à célébrer, un anniversaire ou un évènement quelconque, les anciennes injustices etaient réparées, de nouveaux injustices etaient perpétrées, les usines etaient nationalisées, des milliers de gens allaient en prison, les soins médicaux etaient gratuits, les buralistes se voyaient confisquer leur bureaux de tabac, les vieux ouvriers partaient pour la premiere fois en vacances dans les villas expropriées et nous avions sur le visage le sourire du bonheur.Puis un jour j'ai dit quelque chose que je ne devais pas dire. J'ai été exclus du parti et j'ai du sortir de la ronde.
[...]
Pareil à une météorite arrachée à une planète, je suis sorti du cercle et je n'en finis pas de
tomber. Il ya des gens auxquel il est donné de mourir dans le tournoiement et il y en a d'autre qui s'écrasent au terme de la chute. Et ces autres ( dont je suis ) gardent toujours en eux comme une secrète nostalgie de la ronde perdue, parce que nous sommes tous des habitant d'un univers où tout tourne en cercle."
Et moi j'ai adoré lire "Le printemps des camarades". Beaucoup de gens avec qui elle a combattu sont allé se faire tuer pour la république espagnole, ou ne sont revenus d'Espagne que pour s'engager dans la résistance, pour aller mourir à Buchenwald ou ailleurs. Mais jamais on ne pourra dire qu' ils n'etaient pas portés par une générosité et un sens de la fraternité immense. Même s'il furent longtemps aveugles. Mais c'est si facile d'avoir du recul, plus d'un demi siècle plus tard. Alors, à ceux qui pensent que communisme et nazisme, c'est la même chose, je voudrais leur dire de lire Lise London.
Et en ces jours où de tristes sires nous gouvernent en répètant inlassablement leur antienne sur la gauche archaïque, j'ai envie de me proclamer de cette vieille gauche, qui croyait un peu en autre chose que la loi du marché et dire mon admiration et ma tendresse pour la personnalité de Lise London, qui est à ma connaissance toujours vivante, à près de 90 ans. Et qu'une femme qui fut des combats qui appartiennent à la grande histoire du 20eme, soit toujours vivante, c'est inoui, non ?
14:10 Publié dans Mes lectures | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note






