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lundi, 18 juin 2007
Adieu l'Alain, j't'aimais pas bien
Rubrique nécro-logique
La carrière politique d'Alain Juppé est marquée par la continuité. J'en veux pour preuve, que quand il est né, il etait chauve. Des années après, il est encore chauve, irrémédiablement chauve. Alain est un fidèle.
Pendant longtemps, il fût un écologiste sans le savoir . Il roulait en 4x4, jusqu'au jour où il découvrit sa vraie nature ( je vous le fait simple, il est allé au Québec, il a vu un film et il s'est dit - je vais me mettre au vélo - !) . Après un tel coming-out, il se lança à corps perdu dans cette nouvelle bataille. Il ne s'agissait cependant pas de faire de l'écologie d'arrière garde. Ce qu'Alain voulait, c'etait de l'écologie moderne, de l'écologie avec des OGM, de l'EPR et du developpement autoroutier et même pour les ours, on allait voir ce qu'on pourrait faire.
A ce stade, nous nous devons d' écrire en lettre d'or les nouveaux fait d'armes de notre héros de l' écologie moderne ( mais non, je ne parle pas d' une nouvelle condamnation pour abus de biens sociaux !). Le 17 Juin 2007, notre Alain a décidé - je résume, hein, mais en gros il a croisé une femme plutôt gironde, et Alain n'a jamais su résister aux femmes, rappelez-vous les jupettes ! - donc Alain, a décidé d'aller bouffer les pissenlits ( garantis OGM ) par la racine.
Qui c'est qu'on va bien pouvoir mettre à sa place. La mère Ollin ? Bon sang, après Alain, Ollin !?! est-ce bien raisonnable ? Si c'est que pour les ours, on peut peut-être voir avec John Irving.
L'auteur de ces lignes voudrait remercier les électeurs de Gironde, pour leur amicale participation , mouahahhah ...
09:25 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
lundi, 11 juin 2007
ceci n'est pas une note
Première baignade de l'année, hier entre Cancale et Saint-Malo. j'adresse mes pensées compatissantes à ceux - et ils sont nombreux - qui habitent loin de la Bretagne. il ya là, une très jolie plage entre les rochers, où des bateaux ont pris l'habitude de mouiller. Pour y descendre, on doit prendre un sentier entre les fougères.
Comment peut-on habiter loin de la Bretagne ?
Sur la plage hier, il y avait deux marmots, prénommés Hypolite et Archibald. On s'est regardé et Théodule a dit ( Théodule ne s'appelle pas vraiment Théodule, vous savez, ca ? pas plus que Libellule ne s'appelle Libellule ): " j'aimerais bien savoir comment s'appellent leurs parents ! je me demande de quoi ils veulent se venger". On s'est interrogé sur l'opportunité de prévenir la DDASS. Mais Hypolite et Archibald etaient gras, comme deux petits cochons, gage de prosperité.
Une autre fois, nous avions croisé la famille d'Adhémar et Félicien. je vous le jure ! Adhémar, comme dans le bouquin de Ponti, Adhémar Tousseul ! et ça rigolait pas dans la famille Tousseul. Même sur la plages, les mômes etaient fagotés comme pour une communion. Il ya des mômes qui sont fichtrement mal parti dans la vie. T'imagine, t'a 7 ans, t'es habillé en premier communiant, et tu t'appelle Adhémar ? a quoi te raccrocher ? La plage c'est ta chance, tu pourrais devenir pote avec Archibald ou Hypolite, va savoir.
Je me demande souvent ce qu'ils vont devenir les petits mecs et les gamines des classes de mes mômes. A dix ans, il y a déjà, les petites victimes consentantes, les petits gros qui deviendront de grands gros, les petits dragueurs déjà sûrs d'eux, les gamines chichiteuses, les charmeuses et ceux qui portent déjà le poids de la vie sur des épaules un peu trop fragiles, les maussades et les joyeux drilles, les rigolotes où les méchantes. Qu'est-ce qui est déjà joué et qu'est ce qui ne l'est pas ? Est-ce que tout est encore possible, même si tu t'appelle Adhémar et par le fait, comdamné à être un Tousseul ?
( et dire que je voulais faire une note sur Lise London ! merde )
13:15 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
lundi, 04 juin 2007
un nom, un engagement
Je lis sur ma colonne des derniers blogs mis à jour, un blog au nom savoureux:
Le MoDem avec Marcel Trolle .
En soi, cela se passe de commentaire. Tout les gens qui fréquentent internet, savent que là ou il y a du modem, il y a du troll. Où Marcel pouvait-il donc aller se fourrer ailleurs qu'au Modem? Voici enfin quelqu'un de conséquent.
ça nous change des Royal de gauche ( ya du Royal FN aussi, notez-bien ) ou de tous ces immigrés qui s'acharnent à nous expliquer qu'on ne peut pas accueillir plus d'étrangers que ceux expressément choisis par nous autres, les bons français. Car soyons clair: si l'on avait appliqué le concept d'immigration choisie dans le passé , qui donc aurait choisi les Sarkozy et autres Devedjian ? hein .. vous voyez bien que tout ceci est d'une totale incohérence.
Grâce à Marcel, la vie politique française retrouve un peu de sa cohérence. Je plaide pour qu'on s'engage en fonction de son patronyme. Si tu t'appelle Tête-à-claque, va à l'UMP, merci.
17:10 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Le fantôme de Pierrot
Une note de Bruno m'a fait penser à cette si jolie chanson de Maxime Le Forestier ...
[...]
Assis sur son croissant de lune,
Pierrot répond :
"Moi qui ne suis un homme en aucune
De vos façons,
Moi qui suis fait de différences
Tantôt tout blanc, tantôt tout noir
J'arrive au pays des nuances
Tout est grisaille ici ce soir.
Avez-vous regardé d'abord
Le pays qui vous sert de piste.
Je n'ai jamais vu de décor
Si sinistre.
Quel est donc ce décorateur
Pour qui le sinistre est de mise
Et qui ne sait qu'une couleur :
La grise ?
Quel est donc ce peintre maudit
Qui a dessiné sur la toile
La toile de fond de Paris
En y oubliant les étoiles ?
Comme ton costume a changé !
Où sont les carreaux de ta veste ?
Arlequin, ton masque est jeté,
Tu restes,
Sans ton chapeau, sans tes manies,
Tu restes le perdant qui gagne
Mais qui ne gagne que sa vie
Au bagne.
Comme ton allure a changé !
Plus de sauts, plus de cabrioles.
Tu vas au boulot résigné.
C'est ton auto qui te console.
Colombine, quel est l'auteur
Qui a pondu pour toi ce rôle
Ni gai, ni simple, ni charmeur
Ni drôle ?
Depuis qu'un tas d'honnêteté
T'a prise avec lui en ménage,
Femme dans cette société
Tu nages.
Tu nages dans tes draps de lit,
Tu nages dans l'eau de vaisselle.
A tant te battre, tu oublies
Que de mon temps tu étais belle.
On ne te vole plus ton or,
Harpagon, Pantalon, Cassandre.
Il a bien grandi le trésor
A prendre
Et tu possèdes, maintenant
Que tu as pris goût aux affaires,
Les rois, les hommes, les enfants
La terre.
Comme on ne te reconnaît plus
Sous tes sociétes anonymes,
Jamais les coups de pied au cul
Ne peuvent trouver leur victime
Et toi tu joues, Messieurs, Mesdames,
Et toi tu joues
Ce lamentable mélodrame
De pantomime en mimodrame.
Et toi tu joues.
Es-tu sûr d'arriver au bout ?
Sans t'apercevoir à la fin.
Que ce contrat ne valait rien
Eh, tu as l'air de quoi dans ton habit.
S'il suffisait d'avoir un peu de maquillage
Pour se changer cœur et visage,
Tu serais un gênie.
Tu sais, c'est pas écrit d'avance,
Juste un petit dessin.
Ça s'improvise, ça se danse,
Tu peux changer la fin.
Cesse de rabâcher ton texte,
Mauvais acteur.
Saute sur le premier prétexte
Si tu n'as pas trop peur.
De mon silence, enfin, je sors.
Écoute-moi, fais un effort.
Tu vas mourir, Messieurs, Mesdames,
Tu vas mourir
Pour terminer le mélodrame
De pantomime en mimodrame.
Tu vas mourir
Sans avoir jamais su sourire.
Le rideau tombe et demain soir
On te remplace et ça repart.
Va-t'en sur ton croissant de lune,
Pierrot bavard.
Tu vas déchaîner la rancune
Du désespoir.
Si t'es venu dire à la terre
Que cette vie mene au trépas,
Reste muet, reste lunaire.
On ne t'en voudra pas.
Assis sur son croissant de lune,
Pierrot s'en va.
11:35 Publié dans mes petites chansons | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
vendredi, 01 juin 2007
Si la vie se fait belle ....
Je ne suis toujours vraiment pas capable d'en parler " en vrai ". c'est difficile de parler de ce qu'on a jamais tout à fait compris.
D'une histoire qui s'est arrêtée sans pour autant s'être vraiment conclue. Pour vraiment la conclure cette histoire, il aurait fallu qu'on en parle - je suis sûr qu'on aurait su, on avait acquis la maturité, la confiance, la tendresse qu'il fallait. Parler de nos vingt ans, de ces années étranges, de cette amitié qui a duré des années. On s'etait rencontré dans un train, je l'avais abordée timidement - non, j'avais été ridicule, je savais pas aborder les filles qui me plaisaient - mais elle avait ri, parcequ'elle aussi, elle m'avait remarqué. ça faisait plusieurs fois que nos regards se croisaient, le dimanche soir, dans la micheline sans age, qui nous emmenait l'un et l'autre, de V. à S. Ce soir là, elle s'est assise par hasard en face de moi, j'ai pris mon courage à deux mains. C'est comme ça que tout à commencé.
Donc, il faut admettre que je ne sais pas parler de cette histoire, de ce qu'elle a été vraiment. une longue amitié amoureuse ? je ne sais pas. Il faudrait qu'elle puise me le dire, elle comment elle l'a vécu. Ce que je sais c'est qu'il y en a eu des tours et des détours, des mouvements du coeur, il y avait une amitié qui s'installait, mais il n'y avait pas que ça. Il y avait deux êtres en proie au doute, il y a eu les gestes qu'on n'ose pas faire ou qu'on fait trop tard, les dénis, les renoncements, les erreurs, les ecarts et les grand-écarts, il y a enfin l'une qui s'installe en couple et l'autre qui souffre de son absence et puis, qui fait de même. Il y a des vies qui deviennent parallèles, l'un et l'autre qui font des enfants à peu près en même temps, se teléphonent parfois, il ya surtout dans ces années là, les occasions manquées et l'éloignement.
Pourtant, un jour, je ne sais plus à quel propos, je pense à elle, je souris en moi-même et je me dis qu'on a vécu, malgré tout, une belle amitié. Quelques jours après, je vois dans ma boite e-mail professionnelle, un nom que je connais bien. Elle m'a cherché sur le net, et parle de reprendre notre amitié, elle comprendrait que je ne veuille pas. Cela fait 19 ans, depuis notre première rencontre dans la micheline, elle me dit qu'elle essaye de renouer avec les gens qui ont été important dans sa vie. Je ne savais plus si j'avais été important dans sa vie, alors je suis heureux. Deux mois après, c'est Noël, on a l'occasion de se revoir, c'est trop court, tiraillés que nous sommes, l'un et l'autre, entre milles obligations, et en même temps, c'est un instant d'une grande douceur, on se couve du regard, il y a une proximité naturelle, c'est comme une soeur et plus qu'une soeur. Jamais il y a eu cette tendresse entre moi et ma soeur. L'année suivante qui passe, on s'écrit, je suis juste heureux de l'avoir retrouvée, on raconte beaucoups. Elle a toujours cette écoute que peu de gens ont, et puis elle raconte, sa plongée dans l'anorexie, les années pour s'en sortir, son couple qui bât un peu de l'aile. Le 25 Novembre, je lui écris. L'histoire que je lui raconte, c'est une histoire qui se passe dans une micheline, jour pour jour, vingt ans auparavant, l'histoire d'un mec de 21 ans et d'une fille de tout juste dix-huit ans. Ce soir-là, elle s'est assise en face de moi, j'ai pris mon courage à deux mains. Le lendemain, elle me réponds émue, et raconte la scène de son point de vue à elle. Elle finit en reprenant mes mots. Il y a des rencontres qui ne sont pas anodines.
On se revoit encore à la période de Noël, toujours la même balade qu'on a fait mille fois, toujours trop court, entre enfants et monsieur qui fait un peu la gueule, parcequ'on s'est éclipsés pour parler. C'est toujours cette tendresse palpable entre nous et c'est toujours trop court ... il nous faudrait l'intimité d'une longue nuit, atteindre l'instant ou l'on peut tout se dire sans crainte, mais je sais bien qu' un jour on reparlera de ces années là, de ce qu' a été notre histoire.
Cette année là, on s'écrit peu. Elle est très prise par son boulot, je lui dit simplement qu'on est resté des années sans s'écrire alors que ce n'est pas quelques mois de silence qui vont me faire peur. En Septembre, un dimanche matin, je me dis qu'il faut que je lui écrive, je suis un peu étonné de son silence. Après les vacances, il y a pleins de choses à raconter. J'y pense juste ce matin, là. Le soir,le téléphone sonne, c'est ma maman à moi, je répond joyeux, parceque j'avais un truc à lui dire, mais le ton de l'autre côté .. il y a quelque chose, qui va pas. J'apprend que Catherine est morte au mois d'Août. Ma mère ne sait presque rien, un accident dans le sud. La terre se dérobe sous mes pieds. Il y a peu de gens auquels je tenais autant. Depuis deux ans qu'elle me parlait de cette quarantaine, qui approchait... et voilà qu'elle s'enfuie à même pas trente-neuf ans.
Hagard, je cherche des infos sur le net, je sais presque rien, un accident dans le sud. Enfin, je trouve, elle est morte dans un accident de plongée. C'est difficile de ne pas penser à ces derniers instants. Comment ça s'est passé quand elle s'est vu mourir, a-t'elle paniqué? a-t'elle eu le temps de penser à ses petits loups ? a-t'elle eu le temps de voir sa vie en accéléré, avant de suffoquer, avant que ses poumons se remplissent d'eau et que l'horreur se peigne sur son visage. Je sais rien, personne ne sait grand-chose.
Depuis près de deux ans qu'elle est morte, il n'y a pas un jour où je n'ai pas pensé à elle, il y a toujours un instant, une mimique, un livre, une conversation, un film, qui me fait penser à elle. L'autre jour, je suis allé voir "Les chansons d'amour". Cela raconte aussi, l'histoire d'une femme qui meurt brutalement, et de la manière dont son entourage cherche à surmonter cette mort. On sent bien qu'il n'y a pas qu'une façon, que chacun a sa propre histoire, et qu'il doit se débrouiller. Se débrouiller avec toutes ces conversations interrompues, ces mots qu'on n'a pas eu le temps de se dire, ce bout de notre histoire qu'elle a emporté avec elle, et qu'on ne peut partager avec personne d'autre, parceque cette histoire etait unique. On doit rester sur le pont avec des bribes de mots dans lesquels on cherche d'impossibles consolations, comme ces quelques mots de son frère " tu le sais, Catherine t'aimait beaucoup ". Il m'est toujours impossible de virer son nom, de mon carnet d'adresse. C'est étrange, ces simples gestes qu'on arrive pas à faire.
Je pensais que je voudrais plus en parler. en près de deux ans, je me suis répandu sur toute la blogosphère de cette histoire, j'ai abusé de la gentillesse et de la patience de pleins de gens. Je trouve qu'on a le droit d'être impudique dans ces cas là. Je sais aussi, que cela a changé pas mal de choses pour moi. Je regarde narquois, les gens qui me parlent de la crise de la quarantaine. T'es vivant, vieux, t'a ta vie entre les mains, elle peut s'arrêter d'un coup, alors pense à la vivre.
Depuis, j'ai vécu des choses, noué de nouvelles amitiés qui font chaud au coeur. Chaque chose compte, chaque histoire est importante. Il ne faut rien gâcher.




