« 2007-02 | Page d'accueil | 2007-04 »

vendredi, 23 mars 2007

....

Image Hosted by ImageShack.us

Le Grand Pays arrête d'émettre quelque temps .... le temps de faire autre chose, d' aller vadrouiller en Grèce une fois de plus, tout ça ... Si je reviens de Grèce, ça sera peut-etre à la mi-avril.
Portez-vous bien :)

mardi, 20 mars 2007

et de quatorze

Les Temps qui changent
Les Egarés
Loin
Alice et Martin
Les Voleurs
Les Roseaux sauvages
Ma saison préférée
J'embrasse pas
Les Innocents
Le Lieu du crime
Rendez-vous
Hôtel des Amériques
Les Soeurs Brontë

Et, ce soir, Les Témoins.
Je ne manque jamais un film de Téchiné.

lundi, 19 mars 2007

Les all blacks

j'ai eu des places gratuites pour aller voir les all blacks. Hormis le fait qu'ils ne faisaient pas leur danses maori, là, c'etait bien des all blacks. La photo l'atteste:

Image Hosted by ImageShack.us

et Samedi Soir, les all blacks jouaient contre St-Sebastien. Je sais pas trop ou c'est, mais à priori, ce n'est pas le St-Sebastien du Pays Basque. Je crois que c'est un village, près de Nantes, mais quand même, les All-blacks contre St-Sébastien, l'affiche etait suffisement alléchante pour que nous nous y rendissions, Théodule, Libéllule et moi.
On s'est installé dans les gradins, on a même pu choisir nos places ( j'aurais pensé que la confrontation attirerait plus de monde, mais bon ... ).
Au bout de cinq minutes, il y a eu une 1ere bagarre générale. On s'est pas trop pourquoi, ils ont tous commencé a s'envoyer des coup de poings. L'arbitre est resté plutôt stoïque et pourtant, il y avait de quoi avoir peur. Il m'a semblé que c'etait un rituel. Les gars, ils avaient besoin de se cogner sur la gueule, sans quoi la fête serait pas réussie. Je pense que je dois chercher dans la littérature, pour voir de quel rite ancien, le rugby procède, mais pour l'heure, laissons parler la lithurgie.
Par moment, les trois personnes qui etaient avec nous dans les tribunes hurlaient des trucs. Par principe, je n'aime pas qu'on critique les décisions arbitrales, mais il faut dire que ça faisait mouche parfois .. comme cette fois, ou l'un d'eux s'est mis à hurler ... woaw, l'arbitre t'es enooooorme .... et c'est vrai, l'arbitre etait objectivement énorme.
Vraiment, on ne connait mal le rugby, si quelqu'un pouvait m'expliquer pourquoi les mecs balançaient systématiquement en touche dès qu'ils avaient la balle ( j'aurais du demander avant, mes mômes ont bien vu que j'y connaissais que dalle ) . En plus, il me semble que l' équipe désignée pour faire la touche, l'est de manière totalement erratique.( ya vraiment des règles, à ce jeu ? ) On a pas réellement compris la logique de l'affaire. Mais , on allait pas se plaindre, les touches c'est beau, c'est aérien. Parceque sinon, c'etait pas toujours très aérien, quand chaque bonhomme se relève et essaye de récupérer ses morceaux ... Il y avait une toubib sur le bord. Bon elle a du intervenir .. je sais pas ...ouais, souvent ... un peu comme les pompiers lors d'une intempérie.
A la deuxième mi-temps, il y a eu une deuxième bagarre ... avec autant de raisons que la précédente. C'est ainsi, Rome exige que la mise à mort se fasse, et on va au plus pressé. Alors après, il faut rappeler encore un petit peu, la toubib qui est la grande prêtesse de la cérémonie en fait. D'ailleurs, je n'ai entendu personne l'insulter, ce qui est un signe indiscutable. Parce que l'arbitre... Vendu ! l'arbitre... les joueurs, il faut leur dévisser la tronche à ces tocards. Et d'ailleurs, ils n'ont besoin d'aucun encouragement, leur ardeur à la tâche fait plaisir à voir.
Au final, les all black ont mis un essai et ils ont gagné 13-3.
On s'est dit qu'on reviendrait et qu'on allait potasser un peu les règles, parceque là, on a été souvent largué, mais on s'est bien marrés. Libellule qui est une petite fille délicate, riait comme une bossue, à écouter les supporters et leur langage fleuri.
"Le rugby est un sport de gentleman joué par des voyous", leur ai-je dit sentencieux, en partant." où bien, c'est l'inverse je sais plus ...". Au vu du match, il y a matière à discuter.
Mais, en sortant du stade, les all blacks ont fait une haie d'honneur à leur adversaires malheureux. Cela montre bien que les coups de poing, c'etait pour la rigolade.

dimanche, 18 mars 2007

Brêve de Libellule

Theodule à Libellule:
- Au fait, t'es en quelle classe, déjà ?
Libellule ( courroucée)
- En CM1 ! tu le sais pas ?
Théodule (rieur)
- j'avais oublié !
Libellule (péremptoire)
T'a Alzheimer, mon vieux !

vendredi, 16 mars 2007

Elsa Osorio

Luz ou le temps sauvage m'avait bouleversé.
Ce livre racontait l'histoire de Luz, une jeune femme d'une vingtaine d'année, qui, à la naissance de son fils, entreprend de demêler les fils de son passé. Et ce qu'elle découvre petit à petit, c'est qu'elle est une enfant de "disparus". L"histoire, pour romancée qu'elle soit, n'a rien d'une fiction. Pendant la dictature argentine qui a sévit entre les années 70-80, beaucoup d'enfants ont été volé à leurs parents opposant politiques au régime et adoptés par des familles de tortionnaires ou des familles complices du régime. Ces enfants de disparus dont on soupconnait l'existence, les grand-mères de la place de Mai les ont cherché sans trêve. Maria Macarena, petite fille du poête argentin Juan Gelman a vécu la même histoire. Juan Gelman a cherché sa petite fille pendant des années, avant de la retrouver enfin, agée de 23 ans en Uruguay dans une famille affiliée à la dictature et ignorant tout de ses vrais parents. Vous trouverez des éléments de l'histoire de Maria Macarena et de Juan Gelman
ici
Le livre d'Elsa Osorio raconte donc une histoire un peu similaire . C'est un livre remarquable, avec un dispositif narratif, très riche et passionnant. J'avais lu ce livre en deux jours et j'en etais sorti hagard.

J'attendais donc avec impatience, le nouveau livre d'Elsa Osorio Tango
Sans avoir été aussi bouleversé que par le premier, je l'ai quand même beaucoup aimé. Elsa Osorio aime les narrations complexes et polyphoniques. Ici c'est le Tango qui sert de lien entre les personnages d'une histoire qui couvre un siècle d'histoire de l'Argentine. C'est l'histoire entremelée de plusieurs familles, de différentes conditions sociales avec leur luttes ou leur hypocrisie sociale, des histoires de déchirements amoureux,de vies brisées, de renoncements. Finalement, le tango constitue un lien plein de richesse, parceque c'est la musique et la danse du petit peuple, et des bas quartiers de Buenos Aires, que méprisent la bonne société. Mais c'est aussi là où le bourgeois s'encanaille, c'est le lieu de beaucoup de passions. C' est une belle introduction à l'histoire d'un pays constitué de vagues de migrations de tout horizons et qui sombre dans la violence de la dictature, en s' adossant aux élites sociales complices. Le bouquin offre les ressorts littéraires d'une saga, et dans les sagas, on retrouve toujours un peu, l'idée que les vies sont courtes et qu'il est si facile de les gâcher.
Bref, je l'ai aimé.
Elsa, si tu passes par là. Merci pour ce livre !


J'ai oublié.
Dans Tango , on voit passer la silhouette gracile de Isadora Duncan, qui fit scandale à Buenos AIres, auprès de la bonne société portègne. Je connaissais l'épisode pour l' avoir lu, chez Eduardo Galeano. Comme le livre dont il est tiré, est difficile à trouver, je m'autorise à recopier le texte ici. Mais si vous tombez dessus, il faut lire absolument Le siècle du vent ( c'est une sorte d'histoire de l'amérique latine au 20 eme siècle, à partir de textes courts, sur différents évènements. Le visage et les masques , du même Galéano, traite de l'amérique latine au 19eme siècle, les deux sont passionnants et introuvables, soit et il y en a encore un, qui traite de l'époque avant le 19 eme, mais z' hélaaaaaaaaaaaas, je l'ai pas !!! si quelqu'un me le trouve !)
(PS, vous avez 4 bouquins, pour le prix d'une note, c'est pas mal, non ?)
Bref, voici Isadora

Buenos Aires 1916.
Nu-pieds, nue, le corps à peine drapé dans le drapeau argentin, Isadora Duncan danse l'hymne national.
Un soir, elle a cette audace, dans un café d' étudiants de Buenos Aires et, le lendemain, tout le monde est au courant.
Son impressario rompt le contrat qu'il a avec elle, les bonnes familles rendent leur billet au Theatre Colomb et la presse exige l'expulsion immediate de cette pêcheresse nord-américaine qu est venue en Argentine souiller le symbole de la patrie.
Isadora n'y comprend rien. Pas un Français n'a protesté quand elle a dansé La Marseillaise simplement drapée dans un châle rouge. Si l'on peut danser une émotion, si l'on peut danser un idée, pourquoi ne peut-on pas danser un hymne .
La liberté offense. Femme aux yeux brillants, Isadora est l'ennemie déclarée de l'école, du mariage, de la danse classique et de tout ce qui emprisonne le vent. Elle danse parce qu'en dansant,elle prend duplaisir , elle danse ce qu'elle veut quand elle veut et les orchestres font silence devant la musique du corps.

Eduardo Galeano - Le siècle du vent

lundi, 12 mars 2007

Pachydermique

Image Hosted by ImageShack.us

j'aime les éléphants, depuis toujours, c'est un amour inconditionnel. Sur les photo, c'est encore Katka, que j'avais montré une fois précédente. C'est juste pour dire que j'ai un nouveau livre, qui s'appelle L’ Éléphant, mythes et réalités sous la direction de Karl Gröning, Könemann, 1998. C'est une somme, un livre pachydermique. L'iconographie est exceptionnelle. Bien sûr, il y a les éléphants dans leur milieux naturel, mais tout ce qui a trait à l'éléphant, depuis l'antiquité, toutes les représentations de l'éléphant, les mythes et histoires qui y sont rattachées, y sont. C'est un livre génial.


Image Hosted by ImageShack.us

jeudi, 08 mars 2007

La journée de la femme

Bon, la journée de la femme, c'est de la foutaise, on est bien d'accord sur ça et c'est inutile de refaire le débat.
Aussi me permettrai-je de dédier la journée de la femme à un homme.

J'ai reçu, il y a quelque temps, un mail étrange qui disait ceci:


Croyez que je suis désolé de devoir utiliser
l'e-mail mais vous comprendrez que je ne peux
contacter personnellement toutes les personnes avec
qui *** était en relation. Depuis son accident
d'automobile de 2004, la folie a rapidement gagné
l'esprit de mon frère jusqu'à le gangrèniser. Les
deux séjours qu'il a faits en établissement psy
n'ont été que de bien peu d'aide en comparaison de
sa souffrance ; il s'est donné la mort le **/**
dernier. Je n'ai pas grand-chose à ajouter.

Sur son ordinateur personnel, j'ai trouvé un carnet
de près d'un millier d'adresses e-mail, dont la
vôtre. Je ne sais pas la nature de vos
correspondances mais il m'a semblé que l'espace
virtuel qu'il s'était créé avec Internet était pour
lui d'un grand secours. Je sais aussi qu'il
utilisait parfois des pseudos, je me suis permis de
les lister en fin de mail, c'est peut-être sous
ce nom-là (parfois féminin) que vous le connaissiez.
Pardonnez-lui alors son audace d'avoir voulu vivre
par procuration.
Merci d'avoir avec nous une pensée pour lui
C*** F***


Je mets un moment à comprendre de quoi, il s'agit. Je pense à une erreur. Et puis, soudain, je me souviens.. dans la liste de pseudo que c*** me fournit, j'en connais un ! je me rappelle enfin, ces quelques commentaires echangés sur le blog de cette femme.
Un blog dur, d'une grande violence contre les hommes, d'un féminisme extrémiste... un blog touchant néanmoins, par ce qu'il recèle de peurs et de non-dit. Je pense que cette femme a des raisons d'en vouloir ainsi aux hommes, je soupçonne des abus sexuels, mais je n'en saurai jamais plus et j'oublie ce blog.
Parfois le retour à la réalité prend de drôles de détours et je suis touché par la lettre de ce frère, par cette vie qui vient de se finir, et qui n'existait déjà plus que sous des identités usurpées. Comment en vouloir à quelqu'un qui l'espace d'un instant s'est crée une vie peut-être plus supportable.
Aussi, je dédie la journée de la femme ( si tant est que j'ai le droit de dédier cette journée à quelqu'un, et dans la négative je me l'arroge ce droit !) à la femme qu 'il l'a été, au moins quelques instants sur un blog.

lundi, 05 mars 2007

Souscription pour Marion

Comme tu le sais, lecteur assidu de mon blog ( note le singulier ! ), j'ai eu un très gros coup de coeur, il ya deux ans, pour une chanteuse prodigieuse, qui s'appelle Marion Rouxin. j'en avais parlé


et
ici

Marion a donc débuté une carrière solo ( je résume) , et tu peux entendre six nouvelles chansons sur son site web:
Le site de Marion .

Il se trouve que Marion est en train d'enregistrer un CD, et a lancé une souscription pour qu'il puisse paraitre. Imagine qu'en souscrivant, tu aura la joie d'avoir le premier album, d'une artiste qui va compter dans la chanson française... ( tu peux te fier à mon flair, car c'est comme ça qu'en d'autres temps, j'ai misé sur Juliette et sur Angélique Ionatos ! elles me doivent tout en somme....).
Alors, imagine-toi que plus tard, tu pourra dire "Marion, oui ! je suis un fan de la première heure !" ( ce qui est un peu faux qd même, parceque les fans de Marion de la première heure, ce sont ceux qui l'on entendu chanter dans les rues de Rennes et faire ses premières armes avec Paul et Robin, mais je vais pas chipoter, tu sera un fan de la première heure, de Marion en tant que Marion, voilà !).
et donc, sans vouloir te commander, tu va sur son site, tu imprimes le petit coupon et moyennant un chèque de 17 euros, tu aura bientôt son 1er CD chez toi, sacré veinard!

et pour te remercier de ton attention, je mets ici un texte que j'avais écris il y a longtemps. C'est un peu longuet, mais a-priori si tu viens sur mon blog, c'est que tu as pas grand chose d'autre à foutre. Cela s'appelle: Un samedi soir

Samedi soir,j'arrive tout seul dans un tout petit
village, j'ai suivi une petite route au bord de
l'eau. des
voitures sont garées sous les arbres, et il y a une
péniche a quai ... c'est presque désert. Trois, quatre
personnes sur le pont de la péniche ... il y a un
grand diable aux cheveux blancs et quelque chose à la
Higelin. Il y a aussi deux types assis un peu avachis
et une femme, assez jeune, aux cheveux coupés très
très courts...mais alors, vraiment très court.Tous ont
l'air d'attendre un peu, sans que l'on sache trop
quoi .. A l'intérieur de la péniche, on entend des
chants, qui s'élèvent par moment .. j'entend les mots
chorale, mais chorale de quoi ? Je regarde la jeune
femme, sans tout à fait la reconnaitre...
incertain. J'attend à l'entrée de la péniche, et
lorsqu'elle passe devant moi,je bredouille un bonjour.
Elle me répond, un "Bonsoir", d'une très belle voix
claire, dans une tonalité assez grave ... mais je
suis toujours dans l'expectative. j'ai peur de
commettre un impair... aussi, je la regarde du coin de
l'oeil à la dérobée aller et venir le long du canal..
par moment, elle va sous une espèce de cabane,
avec une autre femme ... il fait un peu frisquet et
j'aimerais bien rentrer dans la peniche ... elle
revient à la péniche, repasse devant moi... et dire
que je suis toujours dans cette incertitude. Ces
cheveux tellement courts... elle fait un petit signe
au grand diable aux cheveux blancs, un sourire, et
elle passe à l'avant de la péniche.Maintenant il y a
du monde, je ne suis plus seul et on nous permet
d'entrer dans la péniche.
J'ai du mal a caser mes longues pattes sur un siège...
je discute avec un type a coté de moi. Il est du
village. Il
me parle de Gigi Bigot. Bien sur que je connais Gigi
Bigot, qui ne la connait pas en Bretagne?... par
contre, la raison de ma présence, lui est visiblement
inconnue. Mais il y a derrière moi, une femme qui sait
parfaitement, elle pourquoi je suis là et qui est là
pour la même raison que moi. Nous en discutons avec
ferveur. Mais, il faut écouter la chorale, puisque
c'est bien une chorale. Des chants du monde ... j'y
distingue une chanson des Quilapayuns, de vieilles
connaissances.. et un poeme de Desnos L'alligator, qui
ne passe pas spécialement bien en musique. je suis pas
là pour ça, mais ça me fait rire cette chorale de
village. Les voix sont pas extraordinaire, mais c'est
sans prétention .. un simple plaisir de chanter.
Ce sont surtout des vieux, mais la chef de chorale est
une jeune asiatique, qui a l'air de s'etre trompé
d'histoire. C'est le grand diable qui revient
maintenant.. il demande quelques instants de patience,
que je
comble en causant avec ma voisine de derrière.On a pas
mal de choses en communs, c'est visible... et
puis, on est là pour la même chose. On le sait bien ..
et cette chose, c'est pour maintenant. Une
semi-pénombre se fait dans la péniche, et trois
personnes ont pris maintenant la place de la chorale.
et
parmi les trois, il y a .. la jeune femme aux cheveux
très courts. C'est Marion, c'est bien elle, Marion
qui a coupé ses longs cheveux, Marion la chanteuse de
Paul et Robin dont j'ecoute les CD en boucle depuis
3 mois. Je n'ai eu de cesse d'avoir tous leur CD. et
pour le 1er, ça n'a pas été facile, c'etait un
autoproduit, et eux-mêmes n'en possèdent plus. Paul
et Robin, c'est avant tout une femme, et c'est mon
immense coup de coeur, à l'égal de ce que j'ai connu
il y a longtemps, pour Angélique Ionatos dans les
années 80, et Juliette dans les années 90. Et là, j'ai
Paul et Robin a 4 metres de moi .. on peut pas
dire qu'elle se soit pris la tête pour la tenue...
mais Marion de dos commence à jouer
sur des percu, puis ...se retourne et commence a
chanter. Sa voix est un peu etouffée, mais je connais
la chanson. Au bout d'un moment, elle fait des
gestes desespérés vers le fond de la péniche ...
Etienne,au violon et Jean au clavier s'agitent un peu
aussi. A la fin de la chanson, elle explique d'une
voix douce, mais intense ce que voulaient dire ses
gestes, comment le technicien doit rééquilibrer le son
... de fait, à la chanson suivante, je retrouve
toute l'intensité de sa voix, ses incroyables
inflexions, et cette sensibilité qui m'ont fait
l'aimer dés
la 1ere chanson que j'ai entendu. Les chansons
s'égrennent. La voix est aussi belle que dans les CD.
Elle
chante avec cette passion que j'aime tellement. Les
chansons, je les connais toutes.Ce sont surtout les
chansons du dernier CD, avec quelques incursions dans
les deux premiers. C'est incroyable. Marion est
toute menue, mais au delà de cette voix hors du
commun, elle remplit l'espace d' une présence inouie.
Ses
yeux en particulier sont incroyablement mobile, ses
expressions facétieuses, ses sourires ravageurs.
Elle met beaucoup en scène ses chansons. C'est un
bonheur absolu ... complicité avec Etienne et Jean,
tous les deux sont des musiciens formidables,
polyinstrumentistes, pleins de facéties musicales.
Lorsqu'elle chante " J'te cours après", elle vient
s'asssoir au clavier, et elle joue a quatre mains avec
Jean. Si presque tous les textes sont d'elle, la
plupart des musiques sont de lui, Jean Olier, qui fait
aussi des musiques pour Marie Kiss la Joue. Marion au
piano, c'est encore un autre spectacle. Il faut la
voir se donner a l'instrument, faire le gros dos,se
métamorphoser. Soudain, à la chanson suivante, elle
quitte la scène et se met a marcher dans les allées,
en commencant une chanson que je connais bien...
"Comme un poete" .. elle s'arrete auprès d'un vieux
bonhomme au trois-quarts chauve, lui caresse la tête
au moment ou la chanson dit :" connaissez-vous
Appolinaire ?" et se penche tendrement vers lui pour
lui poser la question. Puis elle continue son chemin
dans l'allée
centrale ... on se demande sur qui elle va jeter son
dévolu, les gens qui sont assis a bord de l'allée
n'en mènent pas large. Ca y est elle a fait son choix
.. un type d'une quarante d'années aux cheveux
drus.Elle lui caresse, la tête, la joue
"connaissez-vous Verlaine ?", puis sans plus de
manière elle
s'assoit sur ses genoux et se pelotonne contre lui,
dès que la chanson est fini. Toute la péniche tangue
de rire... et le bonhomme avec Marion sur les genoux
n'ose plus faire un geste. il se tient bien droit,
ne sachant pas trop ou mettre ses mains, a la fois
rigolard et crispés... nous, on le regarde, rigolards
... et envieux. Elle chante des chansons que
j'adore.. mais je sens qu'on arrive à la fin, et elle
n'a
toujours pas chanté La pharmacie, ni l 'Homme-escargot
que je voudrait entendre.. Et bien, non, elle les
chantera pas ce soir.. mais dans les toutes dernieres,
pendant que ses acolytes ont quitté la scène ...
elle s'assoit seule au clavier, et elle chante " je
voulais vous dire, comme une amoureuse, que tous vos
sourire, me rendaient heureuse" .. une de mes chanson
préférées , sur le dernier CD ... les rappels, il y
en aura que deux, pourtant ce n'est pas faute de..
tout le monde est visiblement sous le charme et ça
fait un raffut dans la la péniche. Elle dit qu'il va
etre possible de boire un pot après et que ceux qui
voudraient les emmener dans leur salon.. peuvent
acheter leurs CD, à la fin du spectacle. Les
applaudissement sont a tout rompre. Personne ne
voudrait briser le charme.
C'est fini, je reparle un peu avec ma voisine de
derrière .. elle etait venu avec des amis qui ne
connaissaient pas trop Paul et Robin et qui sont
enthousiastes. La femme parle de Catherine Sauvage.
C'est vrai, il y a une parenté, comme il ya une
parenté avec Juliette, Barbara, et meme Piaf, mais la
nouvelle coiffure de Marion, c'est vrai, ça fait
immanquablement penser a Catherine Sauvage. Dehors, il
y
a des gens qui s'apprètent a boire un pot, mais ce
sont des gens de la chorale. et j'ose pas trop rester.
J'aimerais pourtant parceque je suis sûr que Paul et
Robin vont venir boire un coup, et j'aimerais leur
dire, à quel point j'aime ce qu'ils font, la
conviction que j'ai qu'ils vont faire une très belle
carrière, même hors des sentiers battus, que je suis
sûr que la voix de Marion va emerger, auprès d'un
public de gens qui prononceront leur nom avec passion,
je voudrais dire a quel point c'est emouvant, une
nouvelle voix qui
s'eleve. J'aurai surement été incapable de le dire de
vive voix. Mais Marion chante une très belle chanson
sur la timidité, elle aurait bien compris dans mes
balbutiement ce que je voulais dire. Je monte dans
ma superbe Punto verte, qui ressemble a une poubelle
roulante et je rentre a la maison.Maintenant que je
connais Marion, je vais la reconnaitre sans me tromper
quand je la croiserai dans les rues de Rennes et
là, j'lui dirai ...

vendredi, 02 mars 2007

Elle est chauve ?

Hier soir, dans la cuisine.
La radio marche en bruit de fond: " la journaliste Fabienne Le Moal ...etc ...etc ..."
Théodule me gratifie d'un sourire qui lui éclaire tout le visage:
- Fabienne Le Moal, elle est chauve ?

Libellule et lui, jouent de plus en plus avec le breton. L'autre jour, il avait laissé un mot en breton pour dire qu'il allait jouer au ping-pong. Libellule, sa petite soeur, lui a fait remarquer qu'il avait fait une erreur sur une mutation !

Rien que ça, rien que son sourire quand il dit, elle est chauve, ça justifie le breton à l'école. Mais la France continue à mépriser ses langues régionales. Les calandrettes occitanes sont dans une situation desespérée, l'enseignement du breton survit comme il peut, avec d'immenses difficultés. On n'attend même plus de fausses promesses électorales, tant c'est ancré dans la mentalité française.

Toutes les notes