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mercredi, 31 janvier 2007
L'ombre de l'eunuque, Jaume Cabré ( extrait)
Je viens de lire L'ombre de l'eunuque , d'un auteur catalan, Jaume Cabré. C'est un très beau livre, une écriture d'une grande qualité, pleine d'humour, d'intelligence, de sensibilité. En voici un extrait. Celui qui parle n'est pas le personnage central du livre. Mais il a dans le déroulement du récit, une importance considérable. Il est l'oncle de Miquel qui est le personnage principal, issu d'une famille fortunée, et qui quitte le confort et la sécurité que lui donne cette famille, pour le combat anti-franquiste et la lutte politique. C'est l'histoire d'une famille, d'une maison. Bref, lisez-le.
Extrait.
Personne ne m'avait expliqué ce que cela voulait dire, être homosexuel. A l' époque on disait lopette, pédé, chochotte, mais on n'employait pas homosexuel comme on dit aujourd'hui, entre autres choses parce que personne n'en parlait jamais. Mais moi je le vivais sans savoir que je le vivais. Je pensais que c'etait normal d'avoir peur des femmes, de les tenir à distance. Je me suis réfugié dans Virgile et dans Horace
[...]
Ce qu'on ne savait pas c'est que Virgile et Horace etait une cachette pour ne pas me trouver avec des femmes et pour écarter de moi les très belles figures des hommes qui me plaisaient.
[...]
Finalement je mes suis décidé à aller en secret voir mossèn Vicenç
"Pourquoi ?
- Parce que c'était ce qui se faisait. Mossèn Vicenç était agé, mais il avait la réputation d'être sage et prudent, et je me disaisqu'il pourrait m'expliquer ce qui m'arrivait et quelle etait la meilleure solution. Et oui, il me l'a donnée, la solution: il a fait de moi un malheureux pour toute ma vie. Il l'a fait avec habileté."
" Toi tu sais ce que tu es ?
- Non, mossèn. Que voulez-vous dire que je suis ?
- Tu sais ce que tu es? et sa voix tremblait obscurcie par la pénombre du confessionnal.
- Non mossèn
- Un vicieux. "
C'etait une sentence à vie. Moi Maurici Sans Terre; le vicieux, je l'ai écouté terrorisé. Et j'ai apparis , dans une profonde affliction, que j'etais apparenté à Sodome et Gomorrhe et que le châtiment divien retomberait sur moi, à moins que ...
" Que quoi, mossèn ?
" que tu réprimes cette impulsion contre nature et que tu offres cette mortification à Notre-Seigneur; que tu t'abstiennes toute ta vie de n'importe quel type de relation charnelle; et que tu ailles voir le médecin.
-Le médecin? Moi?
- Et cent Ave Maria."
Je suis allé voir le médecin, le docteur Canyameres, qui m'a écouté avec beaucoup d' attention mais qui, toute de suite, s'est montré attristé. Il ne pouvait rien faire, lui, il ne pouvait pas, tu me comprendS, Maurici, je ne peux pas te prescrire un remède... A moins que tu ne fasses un effort ...
" De quelle sorte?
-Bien, moi ... ce n'est pas que je veuille te pousser, mais ... pourquoi n'essaies-tu pas d'aller avec une femme... il serait possible que tu y prennes goût.
- J'a essayé.
- Et ?
- ça m'angoisse. Non. j'y suis très mal à l'aise. Elles me font peur. C'est plus fort que moi. "
Grace au mossèn et avec l'aide inestimable du docteur Canyameres; moi, Maurici Sans Terre le Vicieux, prince de Sodome et seigneur de Gomorrhe, j'ai vécu en pleurant en moi et en me sentant pêcheur.
Au bout de soixante ans, étendu sur le lit de la résidence, il pointa le doigt sur son petit neveu, le regarda fixement et avoua les yeux endoloris et la voix cassée, qu'après avoir parlé avec mossèn Vicenç et avec le docteur Canyameres, il compris que quelqu'un l'avait condamné à ne jamais être heureux.
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mardi, 30 janvier 2007
Victime de la pub
ça a commencé par une discussion avec une amie. Après que je lui aie dit: j'ai un éléphant dans le coffre de ma voiture. Sur le coup cela m'a fait rire, cette histoire d'éléphant dans le coffre. Mais en rentrant chez moi, avec mon éléphant,je me suis aperçu que j'avais été victime de la publicité.
Je regardais la télévision et c'est là que je suis tombé sur la pub dont je fus la victime . On y voit rouler une voiture, rouge peut-être ( je ne m'y connais pas trop en voitures ). Lorsque le conducteur s'arrête et ouvre le coffre, on voit sortir un éléphant du coffre. Mon regard va de la pub à mon éléphant, je repense à la discussion avec mon amie. c'est alors que je comprend. Je ne m'en etais sans doute pas rendu compte, mais j'avais déjà du la voir dans les jours passés! Et en la voyant, j'ai eu cette envie irrépressible. C'est ainsi, t' a beau croire que tu es hérmétique à la publicité, tu te crois au dessus de ça, tu la regarde à peine cette pub. Mais elle agit de manière subliminable et tu sais qu'il te faut un éléphant ! C'est insidieux. A la maison, on me regarde bizarrement, moi et mon éléphant. Le verdict tombe: " Tu as du te laisser berner par la publicité !".

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jeudi, 25 janvier 2007
Monocycle

Faire du monocycle, c'est faire l' expérience de la verticalité. En se relevant sur ces pattes de derrière, l'homme a cru accéder à la verticale, mais c'est sur un monocycle qu' on épouve vraiment, ce que vertical veut dire. Etre vertical, ce n'est pas seulement atteindre une vague perpendicularité avec la surface. Il faut, et on n'a pas le choix, être colinéaire au champ de pesanteur. Faire du monocycle, c'est faire l' expérience de la gravité. C'est pour cela que les clowns font du monocycle. Ils savent qu'ils ont à se confronter à la gravité.
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mardi, 23 janvier 2007
Enfances
Comment aie-je pu dire que mon enfance avait été banale ?
Moi et mon enfance, on se tient à l'oeil et dans le rétroviseur de mes souvenirs, mon enfance est peuplée d'instants merveilleux.
Nous jouissions d'une liberté incroyable. Dès l'age de 6 ou 7 ans, nos parents nous laissaient aller à notre guise, et ne se préocuppaient que de très loin de nos déplacements. Notre temps libre, on le passait en vadrouilles.
J'habitais alors, à la lisière de la ville, il y avait tout près un bois enchevêtré, des arbres
tombés à terre, qui servaient de cabanes à des jeux interminables.C'etait le bois de chez Mutter, là où l'on trouvait parfois des fers à cheval. Et dans le bois, on trouvais des ossements, et sur ces ossement, il y avait LE TETANOS ! et dans le bois, un chenil avec des chiens qui hurlaient à la mort. C'etait l'endroit le plus effrayant, le coeur du bois, le lieu de tous les mystères. Nos parents ne se souciaient pas d' où nous étions, puisque nous étions quelque part, au pire à quelque kilomètres, et qu'on rentrait rarement blessé, et souvent pas gravement. Je n'ai jamais rien eu de pire qu'un pied cassé, le jour où on a voulu explorer les égouts et une clavicule félée en tombant d'un arbre, alors, voyez ... Un jour, des copains ont trouvé un tonneau. C'etait un tonneau monoplace,on y montait à tour de rôle et les autres nous poussaient dans la pente.Je suis rentré chez moi à la nuit tombante, dans un état d' exaltation joyeuse que ne partagèrent pas mes parents en voyant les accrocs à mes vêtements. Après qu'on m'eut delesté d'une partie de mon argent de poche, il fut convenu que désormais, je m'habillerais d'oripeaux, pour aller folâtrer. Au cours des années, les oripeaux changèrent, mais pas les vadrouilles. J'y pense avec étonnement, maintenant que nos mômes sont des petits citadins, qui doivent toujours dire où ils vont, avec qui et vers quelle heure, ils vont revenir. Nous partions parfois à des kilomètres , à vivre des choses que l'imagination et la géographie des lieux rendaient rocambolesques. Je garde de tout ça, un goût pour les vadrouilles, ce besoin d'être ailleurs, de trainer dans des no man's land. Quand je pense à la façon, dont on a passé le reveillon du nouvel an, cette année, dans un endroit désert au bord de la mer, à se faire des tartines de fois gras, dans la voiture, je me dis que l'enfant que j'etais me regarde encore droit dans les yeux.
Mais mon enfance, ça a été surtout, les camps de plein air.. Mes parents organisaient ces camps avec les élèves de ma mère. Avec ma soeur, nous étions les seuls enfants. Tout vient de là, mes gouts d'adulte se sont construits là .. entre escalade, randonnées de canoë, la voile, parfois dans des conditions que mes yeux d'enfants rendaient effrayantes.. je nous revois terrés, avec ma soeur au fond d'un canoë, sous un orage dément, avec des cirés jaunes, il fallait remonter le courant, et et on a vécu des instant de terreur écarquillée. Je me rappelle des caravelles prises dans la tempête et de la gite des bateaux, et des rando dans les sentiers de bruyère. Mais ce dont je me souviens surtout, du bruit du vent dans les voiles, de l'odeur du polyester dans les hangars, et du parfum de l'églantier, ça je peux pas le raconter. Les veillées de poésie, Neruda à 6 ans, et plus rien ne sera pareil, pour moi. L'enfance de Neruda, qui ne me quitte jamais et que j'ai finit par confondre un peu à la mienne.
Pendant que je guettais les perdrix
ou les coléoptères violents
que je cherchais la couleur de l'éclair
ou l'arome inéffaçable
fleur arbitraire ou miel sauvage
mon père ne perdait pas son temps
il etablissait sur l'hiver
le soleil rayonnant des trains
Dans ces années là, autour des feux de camp, les filles chantaient ballade en Novembre d'Anne Vanderlove.
qu'on me laisse à mes amours mortes
qu'on me laisse à mes souvenir
il est temps de fermer ma porte
il se fait temps d'aller dormir
J'ai mis du temps à retrouver cette chanson, La ballade en Novembre date de 1967 et si j'aime tant les chansons, c'est à cette chanson et à quelques autres que je le dois . D 'ailleurs, qu'on ne s'y trompe pas , je vis avec A. qui est née en Novembre 1967. (tiens, jusqu'au prénom ...) Puisque je vous dis que tout s'est joué pour moi dans ces années là, dans les camps de plein-air !
Bien sûr on procède tous de notre enfance, on a parfois besoin de rendre justice à l'enfant qu'on etait, de laisser des choses en route, on a le droit d'exécrer, de rompre, de rejeter. L'enfance n'est jamais un espace idyllique. Mais pour moi, la continuîté avec l'enfant que j'etais a une sorte d'evidence. Tout ce que j'aime encore aujourd'hui me vient de cette enfance, de ce goût de vadrouiller sans contrainte, d'être libre, de ces chansons que je n'ai jamais pu oublier.
Mais surtout, ce qui a nourri cette enfance, ce qui lui a donné sa couleur, ce qui l'a fait voyagé, au delà de toutes ces péripéties où nous ont entrainés ces stages de plein air, c'est la lecture, dans laquelle je me suis enfoui sans retour. Le merveilleux de mon enfance, c' est aussi un merveilleux de bibliothèque rose, c'est Un capitaine de quinze ans et le cri de l'Afrique qui résonne à mes oreilles, c'est des vies à vivre et que j'ai vécu, à califourchon sur un cheval pie. Quand j'ai choisi le titre de ce blog, c'etait comme une évidence, le grand pays, ce pays ou l'on n'arrive jamais , c'etait sans même y penser, cette fidélité indissoluble à mon enfance, c'etait mon utopie, le pays que je cherche encore dans les livres que je lis, c'etait l'Ardis de Nabokov.
Avec mon enfance, on continue à se tenir à l'oeil.
Mon enfance etait là,
c'etait une merveille
mais ce n'etait déja
qu'un déjeuner de soleil
mais quel déjeuner !
Et pourtant, je ne fais pas de l'enfance un monde idéal. C'etait aussi un monde rempli de peurs, où l'autorité de mon père s'exprimait parfois durement. J'ai detesté Les dimanches. Tous les dimanches, c'etait chez cette grand-mère que je n'aimais guère et je m'y suis emmerdé comme un rat mort, mais même là, au coeur de l' ennui dominical, quelque souvenirs merveilleux ont subsisté dans un coin de ma tête. Un jour au hasard d'une emission de radio, ou que sais-je, j'entendrai peut-etre une musique, j'aurai alors un sourire extatique et je me dirais ... merde, c'est la musique d'Omer Pacha ! L'enfance n'est jamais banale. C'est juste parfois, une question de regard.
11:35 Publié dans Enfances | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mardi, 16 janvier 2007
Irving ... soupir
J'ai toujours du mal a comprendre que Irving continue à faire autant parler de lui ...( même ma propre mère, à Noël, lisait du Irving, c'est vous dire que le ver est dans le fruit ) . Il ne se passe pas une semaine, sans que je lise son nom sur un blog. Il y a longtemps je m'etais fendu d'une lettre à son encontre. Je la met ici, avec l'espoir mégalomane qu'on en finisse avec Irving ! ( et puis, cela m' evite d' écrire, le recyclage c'est de saison )
Lettre ouverte à John Irving
Cher John
Je voudrais dissiper un malentendu avec toi. Je possède, en effet deux de tes ouvrages, ce qui pourrait me faire passer sinon pour une groupie, du moins un amateur éclairé. J’aimerais dire publiquement, qu'il serait dommage de m'amalgamer a tes cohortes de fan par ce malheureux concours de circonstance qui t'a introduit dans ma bibliothèque …Entendons nous bien, John, j’ai du respect pour ta personne, et pour ce que, en dépit des circonstances, tu es devenu … Beaucoup de personnes, ayant a ton image, été violées par l’ours en peluche de leur sœur dans leur enfance, ne s’en sont pas bien sorties dans la vie. Pour ce qui te concerne , tu as choisi la littérature comme exutoire. C’etait sans doute ta chance. et ce qui aurait du faire le régal d’une armée de psychiatre a fait le cauchemar de nombreux lecteurs dont je suis. En ce qui me concerne, ce cauchemar aurait du se limiter a un livre, car il est rare que je récidive … Flaubert n’eut pas la meme chance,. Après qu’il m’eut malhonnetement fourgué L’education sentimentale, je me suis permis de lui renvoyer les opus suivants, d’un ton poli , mais ferme…Dans ton cas, il se trouve que j’avais entendu parler du Monde selon Garp et que pour mon malheur, j’aimais ce titre … je l’achetai donc a mon Papa pour sa fête . Neanmoins, mu par un pressentiment et guidé par la providence, je tombai sur L’hotel New-Hamphsire, dans cette bouquinerie des hypocondriaques ou j’avais l’habitude de m’alimenter. et je l’achetai derechef. Au depart, je fus surpris par le ton alerte .. puis les cadavres , les viols et les incestes s’accumulant sur ma pauvre tete, je commencé a douter de toi, John. Je commençai a penser in petto, qu’il serait bon d’epargner une ou deux personnes dans un roman, non pas pour susciter une forme d’optimisme béat , chez le lecteur, mais simplement parceque j’ai une tendance a croire que la banalité du quotidien peut parfois remplacer l’horreur et le cauchemar … De plus, je demeurai étrangement dubitatif, qd à la recette indiquée dans le livre pour guerir le narrateur de son attirance incestueuse pour sa sœur. Laquelle recette préconisait que la soeur en question attirat le susdit dans sa chambre a coucher et que les deux forniquassent pendant 3 jours d’affilée ( je m’excuse pour les ames sensibles) , jusqu’à ce que le malheureux narrateur demande grâce, et qu’il rentre chez lui en rampant. Nous noterons evidemment la portée symbolique de cette scène qui fournit un contrepoint au traumatisme dont tu fut toi meme victime . Car en fait de viol, c’est la sœur du narrateur que l’on viola, un soir d’Halloween ( enfin, sans coup férir, c’etait qd meme une dure ... ). Mais s’il est abondemment question d’ours dans ce livre, nous notons que le viol d’halloween ne fut pas commis par un de nos amis ursidés … comme si l’auteur, par là meme, procédait à une sorte de castration symbolique de l’animal. Ayant donc décidé que je tenais là un des fleurons de la littérature en matière de psychologie animalière, je me decidais d’entamer Le monde selon Garp, vaguement inquiet des réactions que tu pourrais susciter chez mon pauvre papa … Je dois avouer que cela ne m’arrangeais guère, car pauvre etudiant, j’avais deja grévé mon budget pour ce gros volume, et l’idée de devoir ré-investir dans un cadeau de remplacement ne m’etait pas agréable. Las, je retouvais très vite cette sombre obsession des ours, des viols et des morts violentes. Tu me pouvais pas faire mourir un personnage secondaire tranquillement, encore fallait-il qu’en succombant à une crise cardiaque, il plonge la tete la premiere dans la revue pornographique ( ou l'on voyait meme des ours a poil !) qu’il etait en train de consulter, afin que sa descendance le pleure a sa juste valeur. La encore, j’avoue que ce furent les ours qui se tinrent le mieux dans l’histoire. J’ai pris l’habitude de raconter une scène fort edifiante de ce livre, aux gens qui font mine d’etre attirés par ce livre . J’aimerais John, que tu te souviennes de l’esprit poétique qui devait t’animer lorsque tu l’ecrivis … il etait donc une fois une jeune femme qui avait un amant , et les deux tourtoureaux s'etaient aménagé un petit rendez-vous romantique dans une voiture. Or il advint que la jeune femme pratiqua ce qu’on appelle en langage compétent, une fellation a son alter-ego. Les choses allaient leur train, qd soudain, le mari arriva et dans un moment d’inattention percuta l’arrière de la voiture ou les deux amants se livraient a leurs jeux sensuels. Surprise par l’extrème violence du choc, la jeune femme serra les dents jusqu’ à sectionner l’objet de ses attentions. Par ailleurs, pour des raison de conservation de la quantité de mouvement, elle fut ensuite elle-même projetée sur le levier de vitesse, ou par malheur la boule etait manquante, ce qui faisait de l'objet une arme redoutable. Elle s’en tira miraculeusement simplement avec un œil crevé et n’en mourrut meme pas cette fois là ( je ne me rappelle plus du sort du mari, et j’ai tendance a croire que c’est préférable). A partir de ce moment là, la machine a tuer s’ etant largement emballée, nous assistames a une veritable tuerie organisée, qui ne faiblit point jusqu’ à la fin du livre. Et moi, je compris alors irrémédiablement que je devrais me fendre d’un autre cadeau pour mon papa, qui n’etant pas psychiatre, serait sans doute atterré que la nature humaine puisse prendre la forme de John Irving. Depuis, mon cher John, j’ai vu paraître de loin en loin de tes nouveaux opus, avec sans doute leur cortèges de morts violentes, de relations incesteuses et de viol sordides, sous l’œil ahuris d’ours plutot inoffensifs… mais moi, j’avais déjà jeté l’eponge. Les deux livres de toi, dorment dans une malle a la cave … et j’espère que l’humidité au raison d’eux …
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lundi, 15 janvier 2007
Nicoléon le petit
Le sacre de Sakrozy,
Le sarcome de Sarko,
Le marasme de Sarkasme
koc'h c'hi du,
j'en peux déjà plus...
ah tiens, j'en rajoute un ( je suis poête à mes heures )
le sarcophage de Sarkophage ... ( hum, hum, quoi , ça veut rien dire ? ce que Gaspard a voulu dire, soyez-sûr qu'il l'a dit ...ou vomi)
10:40 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
dimanche, 14 janvier 2007
I.
Que sait-on les uns des autres, que savez-vous de moi ? Ce que je suggère ou ce que je dis, ce que je laisse échapper ou ce que je crois contrôler ? ce que vous croyez savoir de Gaspard, Théodule et Libellule, la Bretagne, les Pyrenées, .. et si rien de cela n'etait vrai ? s'il n'y avait ni Théodule, ni Libellule, ni Bretagne ... ? et si Gaspard ne s'appelait pas vraiment Gaspard, et s'il n'etait pas ce qu'il prétend être ( ou ne prétend même pas être!) .. j'aurais voulu faire un blog mythomane, un blog où rien ne serait vrai, j'aurai voulu être une grand-mère de 70 ans qui vous fait croire qu'elle s'appelle peut-être Gaspard.
La mythomanie me fascine, et en générale, elle fascine. C'est sa fonction de fasciner, de tenir ses proies sous influence hypnotique. Sans cela,sans cette fascination qu'elle exerce, rien n'est possible. Et même lorsqu'on n'est pas dans l'aire d'influence, il y a toujours ce doute. Et si ? ...
J'ai connu un mythomane, un vrai,enfin je crois ...
La première fois que j' ai vu I., il m'a vouvoyé, ce qui a exaspéré l'étudiant de 25 ans que j'etais alors. J'ai vite su qu'il venait de manquer Normale Sup d'un demi-point. Il était habillé sans âge, pantalon à pince gris, lunettes cerclés de fer, et un visage chafouin, rien de très sympathique. J'etais pote avec des gens qui allaient en cours avec lui. On a commencé à parler de lui comme un type génial, c'etait un ou deux ans, après cette première rencontre. Je croisais parfois des gens qui l'accompagnaient et qui lui parlaient avec une sorte de respect. Le bruit a commencé à se répendre que I. avait, à l'issu d'un stage, déposé un brevet, puis un second. Et voilà que son aura grandit ! . Un jour, il m' évoque furtivement, l' un de ses brevets. Une autre fois, j'en discute avec Benoît et ses autres condisciples. C'est un très bon pote à moi, Benoît, il me dit qu'il n' aime pas du tout I., reconnaissant toutefois qu'il est génial ... mais I. sait fort bien trouver les points de faiblesses de ses interlocuteurs, et appuyer là où ça fait mal. Enfin il est génial! A l'issu d'un de ses brevet, on lui a proposé une chaire à Moscou. Benoît semble y croire, les autres aussi. Cela ne lasse pourtant pas d'étonner. Dans un pays comme la Russie qui regorge de scientiques de haut-rang, je suis dubitatif. On continue à évoquer le cas de I. J'apprend qu'il commerce avec la Bulgarie et que Monsieur a de l'entregent. On m'explique très sérieusement que sa copine est ministre de je ne sais plus quoi. J'eclate de rire " mais elle a quel âge ? " ( car rappelons que notre héros n'a pas 25 ans ). Les autres ne savent pas, mais curieusement, à aucun moment, ils ne semblent remettre en cause ce qu'ils savent de I., de ses brevets, de ses succès professionnels et amoureux sidérants. Et d'ailleurs, c'est le mot, ils sont en état de sidération. Ils savent qu'il est manipulateur, mais ne se savent pas manipulés. I. les fascine, les tient sous sa coupe. Plus c'est gros et plus cela leur semble acceptable. Ce qui de l'extérieur ne résiste pas cinq minutes à l'analyse, dans l'état hypnotique sous lequel il les maintient, devient un fait acquis. Je leur ris au nez, parle de mythomanie, mais ils ne sont guère convaincus. C'est prodigieux, ce qui se noue entre I et eux, cette facination qu'il exerce et auquels tous semblent succomber.
Finalement j'apprendrais qu'à l'issu d'un de ses stages, il aura depensé des sommes folles en téléphone et en Fax, pour son commerce personnel avec les pays de l'est . C'est son père qui lui sauvera la mise, en remboursant les sommes dépensées.
Je cherche son nom sous google... Je m'aperçois qu'il est devenu professeur d'économie politique, spécialiste de la chine ... encore un de ses nombreux avatars ? un homonyme ? qui sait, et si c'etait vrai ?
11:15 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 11 janvier 2007
Breve de Libellule
je fais écouter Katyusha à Libellule. elle disserte:
- tu comprend ce qu'ils disent ? non tu comprends pas ? je suis bête, tu connais que quatre mots ! moi aussi je les connais puisque tu me les as appris ! alors "spassiba", merci, "do svidania", au revoir, "slon", elephant, "biegemot", hippopotame ! avec ça on va pas loin ! tu sais vraiment rien d'autre ? grand-père il en connait plus quand même ? ben oui, il en connait plus ! on peut pas dire, c'est nos origines, on est pas obligé de savoir parler, mais quand même quatre mots, c'est pas beaucoup !
... je n'ai pas encore ouvert la bouche que la conversation est déjà pliée ( et
moi aussi :).
11:05 Publié dans Enfances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Taipei Terminus
J'en ai déjà parlé un peu, j'ai énormément aimé la ville de Taipei, à Taiwan. C'est une ville qu'il faut arpenter ... il faut s'y poser et regarder les gens, sentir les odeurs, s'emerveiller. Je ne suis jamais arrivé à raconter Taipei, ce n'est pas racontable. Je ne sais pas ce que je donnerai pour y retourner et retrouver la douceur du soir sur le campus de Taipei.
Je ne sais donc pas le raconter, mais je voudrais attirer votre attention sur les magnifiques photo du blog de Taipei Terminus . Je retrouve beaucoups dans ces photos, ce Taipei que j'ai tellement aimé.
09:50 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 09 janvier 2007
On aura tout vu ....
décidément ! Voilà que Gnd essaye de se faire passer pour moi ! ça trompe qui ? dites-moi ...
12:20 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note




