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mardi, 16 janvier 2007

Irving ... soupir

J'ai toujours du mal a comprendre que Irving continue à faire autant parler de lui ...( même ma propre mère, à Noël, lisait du Irving, c'est vous dire que le ver est dans le fruit ) . Il ne se passe pas une semaine, sans que je lise son nom sur un blog. Il y a longtemps je m'etais fendu d'une lettre à son encontre. Je la met ici, avec l'espoir mégalomane qu'on en finisse avec Irving ! ( et puis, cela m' evite d' écrire, le recyclage c'est de saison )

Lettre ouverte à John Irving

Cher John

Je voudrais dissiper un malentendu avec toi. Je possède, en effet deux de tes ouvrages, ce qui pourrait me faire passer sinon pour une groupie, du moins un amateur éclairé. J’aimerais dire publiquement, qu'il serait dommage de m'amalgamer a tes cohortes de fan par ce malheureux concours de circonstance qui t'a introduit dans ma bibliothèque …Entendons nous bien, John, j’ai du respect pour ta personne, et pour ce que, en dépit des circonstances, tu es devenu … Beaucoup de personnes, ayant a ton image, été violées par l’ours en peluche de leur sœur dans leur enfance, ne s’en sont pas bien sorties dans la vie. Pour ce qui te concerne , tu as choisi la littérature comme exutoire. C’etait sans doute ta chance. et ce qui aurait du faire le régal d’une armée de psychiatre a fait le cauchemar de nombreux lecteurs dont je suis. En ce qui me concerne, ce cauchemar aurait du se limiter a un livre, car il est rare que je récidive … Flaubert n’eut pas la meme chance,. Après qu’il m’eut malhonnetement fourgué L’education sentimentale, je me suis permis de lui renvoyer les opus suivants, d’un ton poli , mais ferme…Dans ton cas, il se trouve que j’avais entendu parler du Monde selon Garp et que pour mon malheur, j’aimais ce titre … je l’achetai donc a mon Papa pour sa fête . Neanmoins, mu par un pressentiment et guidé par la providence, je tombai sur L’hotel New-Hamphsire, dans cette bouquinerie des hypocondriaques ou j’avais l’habitude de m’alimenter. et je l’achetai derechef. Au depart, je fus surpris par le ton alerte .. puis les cadavres , les viols et les incestes s’accumulant sur ma pauvre tete, je commencé a douter de toi, John. Je commençai a penser in petto, qu’il serait bon d’epargner une ou deux personnes dans un roman, non pas pour susciter une forme d’optimisme béat , chez le lecteur, mais simplement parceque j’ai une tendance a croire que la banalité du quotidien peut parfois remplacer l’horreur et le cauchemar … De plus, je demeurai étrangement dubitatif, qd à la recette indiquée dans le livre pour guerir le narrateur de son attirance incestueuse pour sa sœur. Laquelle recette préconisait que la soeur en question attirat le susdit dans sa chambre a coucher et que les deux forniquassent pendant 3 jours d’affilée ( je m’excuse pour les ames sensibles) , jusqu’à ce que le malheureux narrateur demande grâce, et qu’il rentre chez lui en rampant. Nous noterons evidemment la portée symbolique de cette scène qui fournit un contrepoint au traumatisme dont tu fut toi meme victime . Car en fait de viol, c’est la sœur du narrateur que l’on viola, un soir d’Halloween ( enfin, sans coup férir, c’etait qd meme une dure ... ). Mais s’il est abondemment question d’ours dans ce livre, nous notons que le viol d’halloween ne fut pas commis par un de nos amis ursidés … comme si l’auteur, par là meme, procédait à une sorte de castration symbolique de l’animal. Ayant donc décidé que je tenais là un des fleurons de la littérature en matière de psychologie animalière, je me decidais d’entamer Le monde selon Garp, vaguement inquiet des réactions que tu pourrais susciter chez mon pauvre papa … Je dois avouer que cela ne m’arrangeais guère, car pauvre etudiant, j’avais deja grévé mon budget pour ce gros volume, et l’idée de devoir ré-investir dans un cadeau de remplacement ne m’etait pas agréable. Las, je retouvais très vite cette sombre obsession des ours, des viols et des morts violentes. Tu me pouvais pas faire mourir un personnage secondaire tranquillement, encore fallait-il qu’en succombant à une crise cardiaque, il plonge la tete la premiere dans la revue pornographique ( ou l'on voyait meme des ours a poil !) qu’il etait en train de consulter, afin que sa descendance le pleure a sa juste valeur. La encore, j’avoue que ce furent les ours qui se tinrent le mieux dans l’histoire. J’ai pris l’habitude de raconter une scène fort edifiante de ce livre, aux gens qui font mine d’etre attirés par ce livre . J’aimerais John, que tu te souviennes de l’esprit poétique qui devait t’animer lorsque tu l’ecrivis … il etait donc une fois une jeune femme qui avait un amant , et les deux tourtoureaux s'etaient aménagé un petit rendez-vous romantique dans une voiture. Or il advint que la jeune femme pratiqua ce qu’on appelle en langage compétent, une fellation a son alter-ego. Les choses allaient leur train, qd soudain, le mari arriva et dans un moment d’inattention percuta l’arrière de la voiture ou les deux amants se livraient a leurs jeux sensuels. Surprise par l’extrème violence du choc, la jeune femme serra les dents jusqu’ à sectionner l’objet de ses attentions. Par ailleurs, pour des raison de conservation de la quantité de mouvement, elle fut ensuite elle-même projetée sur le levier de vitesse, ou par malheur la boule etait manquante, ce qui faisait de l'objet une arme redoutable. Elle s’en tira miraculeusement simplement avec un œil crevé et n’en mourrut meme pas cette fois là ( je ne me rappelle plus du sort du mari, et j’ai tendance a croire que c’est préférable). A partir de ce moment là, la machine a tuer s’ etant largement emballée, nous assistames a une veritable tuerie organisée, qui ne faiblit point jusqu’ à la fin du livre. Et moi, je compris alors irrémédiablement que je devrais me fendre d’un autre cadeau pour mon papa, qui n’etant pas psychiatre, serait sans doute atterré que la nature humaine puisse prendre la forme de John Irving. Depuis, mon cher John, j’ai vu paraître de loin en loin de tes nouveaux opus, avec sans doute leur cortèges de morts violentes, de relations incesteuses et de viol sordides, sous l’œil ahuris d’ours plutot inoffensifs… mais moi, j’avais déjà jeté l’eponge. Les deux livres de toi, dorment dans une malle a la cave … et j’espère que l’humidité au raison d’eux …

Commentaires

J'ai juste lu le monde selon Garp, à cause du titre pour moi aussi, et je me souviens parfaitement du passage édifiant que tu racontes. ça m'avait profondément choquée et je n'ai plus rien lu de lui depuis. Tant pis ou plutôt tant mieux ! Il y a tant d'auteurs géniaux à découvrir !

Ecrit par : tiphaine | mardi, 16 janvier 2007

J'ai juste lu le monde selon Garp, à cause du titre pour moi aussi, et je me souviens parfaitement du passage édifiant que tu racontes. ça m'avait profondément choquée et je n'ai plus rien lu de lui depuis. Tant pis ou plutôt tant mieux ! Il y a tant d'auteurs géniaux à découvrir !

Ecrit par : tiphaine | mardi, 16 janvier 2007

mouahahahhaahha et bien l'Irving, j'ai bien essayé, plusieurs tentative même ! mais je n'ai jamais réussi à passer les vingt pages.. venant d'une lectrice forcenée et avide comme moi c'est pas courant.
en effet ce mec à le don de me faire refermer ses bouquins comme personne...
jamais réussi à dépasser le premier chapitre...
mouahahahaha

Ecrit par : cruelliton | mardi, 16 janvier 2007

bon, que les vrais fans de Irving se fassent connaitre ! ils nous faut en découdre !
( d'un autre coté, cela me rassure de ne pas être seul sur ce coup là ... )

Ecrit par : gaspard | mercredi, 17 janvier 2007

Citation : "Il ne se passe pas une semaine, sans que je lise son nom sur un blog."
Tu remarqueras que je n'en parlais pas exactement pour en dire du bien... J'essaye malgré tout, parce que plein de gens m'en disent du bien, mais à part Une prière pour Owen je n'ai pas aimé ce que j'ai lu de lui. Je n'ai pas lu les deux que tu cites, et je ne crois pas que je vais le faire. :-)

Ecrit par : Anna | mercredi, 17 janvier 2007

Je n'ai jamais réussi à le commencer :-)

Ecrit par : gnd | mercredi, 17 janvier 2007

je crois bien devoir te remercier... je n'ai jamais lu Irving, pour deux raisons futiles... quoi que : son nom d'abord, qui sonne mal à mes oreilles sensibles, et ces vagues souvenirs de couvertures diverses sur les présentoirs de librairies d'aéroport, plutôt sanglantes, plutôt noires, déplaisantes disons. Alors merci, car tu m'as assez renseignée sur le contenu pour que je ne m'y essaie probablement jamais :)

Ecrit par : caro | jeudi, 18 janvier 2007

J'avais cliqué sur commentaires pour dire du bien d'Irving, parce que moi j'aime bien les ours (je vous raconterai un jour une rencontre de ce genre que j'ai faites dans le fin fond du Canada, ça a été assez... intense ! passons...), et puis les autres commentaires me font finalement me demander si je n'aime pas ces histoires d'hisceste, de viols, de zoo en délire et de mains déchiquetées pour me venger inconsciemment dans la littérature d'une enfance effrayante de banalité.

Arf !

Ecrit par : Gei | vendredi, 19 janvier 2007

J'avais cliqué sur commentaires pour dire du bien d'Irving, parce que moi j'aime bien les ours (je vous raconterai un jour une rencontre de ce genre que j'ai faites dans le fin fond du Canada, ça a été assez... intense ! passons...), et puis les autres commentaires me font finalement me demander si je n'aime pas ces histoires d'hisceste, de viols, de zoo en délire et de mains déchiquetées pour me venger inconsciemment dans la littérature d'une enfance effrayante de banalité.

Arf !

Ecrit par : Gei | vendredi, 19 janvier 2007

Je viens de découvrir une nouvelle maladie, le bloguo-Alzheimer, la classe, non ?

La mauvaise nouvelle, c'est que j'en suis apparemment atteint (ou alors c'est mon ordinateur qui fait du mauvaise esprit !)

Ecrit par : Gei | vendredi, 19 janvier 2007

bon, moi j'ai envoyé des commentaires par paquets de 10 récemment, rien de grave ..
par contre, sans m'ériger en donneur de leçon ...
je suis bien placé pour comparer mon enfance banale avec une autre qui l'est moins:
http://le-grand-pays.hautetfort.com/archive/2006/11/26/un-malentendu.html
et franchement, que dire .. vive la banalité ?

Après , ce qu'on en fait d'un point de vue littéraire ... Irving a visiblement une histoire chargé, lui-même. Il se trouve que je n'aime pas sa manière de la régurgiter.

Ecrit par : gaspard | vendredi, 19 janvier 2007

Il en faut donc un, et ce sera moi: j'ai lu le monde selon Garp, j'avais 3 ans et demi. Je venais de finir L'illiade en VO dans le texte, et il me fallait unetruc reposant. J'avais trouvé ça sympa, surtout la scène où les extraterrestres font exploser la maison Blanche avec un canon à tartes à la crème...vous êtes vraiment injustes...

Ecrit par : Bruno | vendredi, 19 janvier 2007

Ca fait plusieurs jours que je réfléchis à comment exprimer ce que j'ai ressenti à la lecture des livres d'Irving. Irving n'écrit pas des livres dans lesquels on puisse relever un passage, donc impossible pour moi d'aller reprendre chacun de ses livres pour voir les passages soulignés et m'appuyer sur une phrase pour expliquer : je n'ai rien souligné, rien noté, rien gardé si ce n'est l'impatience de passer au suivant.
Alors peut-être devrais-je m'interroger sur ma santé mentale (mais il y a longtemps que j'aie arrêté) ou peut-être pas après tout.
Irving crée un monde totalement absurde, des situations irréalistes dans lesquelles se fondent pourtant des moments très touchants et très humains. Et je crois qu'il faut regarder au-delà des faits, car sinon, effectivement, quel monde !
Mais, à sa façon, ce monde est aussi fou et absurde que dans les livres d'Irving.
Le souffle chez lui, c'est l'onirique.
Ne rien prendre à la lettre si ce ne sont les réelles douleurs des personnages, les faits n'étant qu'un prétexte.

Je ne le lis qu'en VO, je sais donc pas ce que valent les traductions françaises. Ce n'est pas de la prétention, je ne peux tout simplement pas nier mes origines.
Mais je ne pense que l'explication dans le fait d'aimer ou non Irving soit là.

Tu sais quoi ? Je promets de faire une note sur cet écrivain parce que je crois que je vais avoir du mal avec un commentaire à tout expliquer.
J'ai pleuré sur A Prayer for Owen Meany. J'ai ri aussi.
Avec lui, je passe du rire aux larmes et je me souviens que je me disais "p..., ça fait du bien".
Philippe-Jean Cattinchi du journal Le Monde écrit à son sujet : "John Irving adore faire des histoires. De celles qui n'en finissent plus de rebondir, ménageant surprises et digressions avec un art consommé de la voltige qui laisse un vertigineux sentiment qu'on ne retombera pas sur ses pieds.(...) Capable de camper d'entrée si nettement ses personnages qu'on sait qu'ils accompagneront longtemps le lecteur, le livre refermé..."

J'ai effectivement encore des bouts de ses personnages sur le bord du coeur.

Mais je l'avoue, je n'ai pas encore réussi à avancer dans son dernier roman.

Je ne demande à personne par ce commentaire d'aimer Irving. Je ne suis pas là pour le "défendre", notion absurde à mon sens quand il s'agit de lecture et de moments si intimes. Je l'ai apprécié à un moment de ma vie. Et je peux comprendre qu'on n'arrive pas à entrer dans son monde.

Ecrit par : Jane | dimanche, 21 janvier 2007

@Bruno, à 3 ans et demi, j'etais accaparé par Dostoïevski et tu comprends que je n'ai pas lu Irving à ce moment là :)

@ Jane, merci pour ce commentaire sur Irving.. je conçois très bien qu'il ne faille pas lire Irving comme un auteur réaliste.. enfin, d'une manière générale,je vois la litté comme une transfiguration du réel ... seulement, pour moi ( j'ai dit, pour moi, hein .. ), chez Irving, cela ne décolle jamais, je reste dans ce monde glauque, qui ne me livre rien, qui ne m'apporte rien que cette désespérance, dans lequel je sens l'auteur. Je l'ai lu comme on lit des vies gâchées. je sais pas. Je n'entre pas dans ce monde, oui.

Ecrit par : gaspard | mardi, 23 janvier 2007

Erratum : dans le monde selon Garp, ce n'est pas la femme mais le fils aîné qui perd son oeil sur le pommeau du levier de vitesse non réparée par Monsieur alors que Madame le demandait depuis des semaines après moult blessures. C'est juste une situation extrême pour souligner la légendaire négligence masculine (Irving est un amoureux de la Femme et dénonce sans trêve la bassesse de nombre d'hommes).
Pour Caro : il doit y avoir confusion, les couvertures ne sont ni noires ni sanglantes.
Sinon, je me rends, je suis fan d'Irving mais peut-être que seuls ceux qui n'ont pas vécu dans une bulle, un petit cocon bien douillet, peuvent comprendre les récurrences des choses qui hantent. Certes certaines thématiques sont répétitives mais les histoires n'en sont pas moins originales pour autant.
Après, les goûts et les couleurs ne se discutent pas mais fustiger ce qui nous déplaît au mépris des millions de personnes qu'il a eu le mérite d'acquérir à son art n'est-il pas moins constructif que de valoriser ce que l'on a aimé ?

Ecrit par : charlotte | vendredi, 24 août 2007

charlotte, oui on m'a déja signalé l'erreur sur cette histoire d'oeil crevé ...
En ce qui concerne cette histoire de bulle .. moi qui ai vécu toute ma vie dans une bulle dorée :), je me sens toutefois en mesure de comprendre qu'on puisse être hanté par certaines choses ... j'aime beaucoup d'auteurs avec des obsessions récurrentes ... je suis même assez sensible et sensibilisés à celles d'Irving. Simplement je n'aime pas sa manière d'en parler.
Et puis sinon, c'est vrai que j'avais écris cela dans une intention un peu polémique, mais il n'etais pas question de mépris.. j'avais écris ce texte sur un forum de litté et les admirateurs d'Irving ne s'etaient pas sentis méprisés ( mais ils croisèrent le fer vaillement ) tu trouvera rarement du mépris chez moi ... le succès de Irving, c'est vrai me laisse perplexe. Je suis neanmoins d'accord qu'il vaut mieux valoriser ce qu'on aime .. en général c'est plutot ce que je fais .. mais vu le succès d'Irving, je pense que je lui porte un préjudice limité .. disons que c'etait un peu polémique, tu vois ...

Ecrit par : gaspard | vendredi, 24 août 2007

je suis soulagée de ta réponse... j'ai quelque peu culpabilisé après ma réaction légèrement épidermique alors que, comme toi, je prise particulièrement les sujets polémiques ; goût qui serait frustré si nous étions tous d'accord.

Ecrit par : charlotte | samedi, 25 août 2007

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