« 2006-11 | Page d'accueil
| 2007-01 »
mercredi, 20 décembre 2006
nedeleg laouenn
16:55 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
mardi, 19 décembre 2006
La confusion des sentiments
Je suis fatiguée, courbaturée, j'ai une tête à faire peur. Je n'ai pas beaucoup dormi ces derniers jours, encore moins que d'habitude. Trop de confusion, trop d'agitation.
Je sais que j'ai envie de ce rendez-vous.
Le ciel est menaçant, je marche le long des quais, le vent fait pleurer mes yeux.
Je monte les marches deux à deux. Je suis en avance, j'ai envie de prendre un peu de hauteur. Je suis seule. Je ne le suis pas vraiment, des gens dans leurs bureaux, des gens assis aux tables du restaurant, des gens qui se cultivent, des gens qui visitent.
La ville s'étend devant moi. La flèche de la Cathédrale, depuis peu débarassée de son échafaudage, semble soudain si fragile. Un bâteau-mouche vire sous mon regard attentif. Des mouettes se disputent un bout de pain.
Je me retourne pour faire face au vent, dégager les cheveux de mon visage.
Un couple fait irruption, puis suivent une femme et une petite fille, des lycéens et d'autres. Je suis un peu moins seule.
J'avance vers l'autre extrémité. Je suis impatiente et je redoute tout à la fois de le voir. Il est là, il lève les yeux vers moi. Je ne sais plus si j'ai souri.
Je me souviens de sa bouche qui prend possession de la mienne, de ses lèvres sur mes poignets, de ses doigts qui redessinent les traits de mon visage. Il me dit "viens" et c'est certainement la seule chose que j'ai envie d'entendre.
Je me souviens aussi de ses mains qui courent sur mon corps, sur mes seins, sur mon ventre, mes fesses, sur mes cuisses, entre mes cuisses. De sa peau contre la mienne, de son souffle dans mon cou, de son odeur que je m'efforcerai de retrouver à chaque fois qu'il sera près de moi. De son désir aussi. Mais ai-je au moins su lui faire percevoir le mien?
J'aurais voulu lui donner plus, mais je crois être trop avare, même de caresses. C'est l'impression que je me donne parfois.
Cette note a été écrite par Gnd . A vrai dire, je trouve l'idée d'échanger des notes assez drôle et je suis sûr qu'on pourrait en faire quelque chose de pas mal de ces bouts de blogs (et de vies) qui font irruption dans ceux des autres. Merci à Caro d'avoir joué le jeu .
09:05 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 18 décembre 2006
quand je l'aie vue ....
quand je l'ai vue sur le passage piéton, j'ai appuyé sur l'accélérateur.
Elle, la mère B., il y a longtemps que je ne l'avais pas vue, et là l'occasion etait trop belle.
Il y a quelques années, Théodule s' etait mis au théatre. Il fallait aller le chercher à la sortie de l'école et l'emmener en voiture. Deux gamines dans sa classe se rendaient au même endroit, dont la fille de la mère B. et j'avais ( vous me connaissez, toujours prêt à rendre service ) innocemment proposé à la mère B. de lui emmener sa morveuse de Léa. Ce n'etait même pas un arrangement, genre je les emmène et toi, tu les ramène, non, non, purement desinteressé je vous dis. Mais voilà que la mère B. prend un air pincé et me dit que sa fille ne monte pas en voiture avec les papas ! Je comprend somme toute assez vite que tous les papas ne posent pas problème, mais qu'en l'occurrence elle préfère emmener elle-même sa fille. ça serait le papa de .. je sais pas, la petite Claire, là, l'occuliste, toujours bien mis.. mais voilà, un papa sérieux comme ça, il peut pas se libérer à 16h30. Il y a des papas mieux mais, ils sont plus chers, ma bonne dame ..forcément. En général, j'aime faire ce qu'on attend de moi, et j'ai une brusque envie de m'approcher d'elle et de lui dire à l'oreille: "dommage, je l'aurais bien tripoté vot' gamine ". Et c'est vrai que sur les 5 minutes de trajet, au volant de ma voiture, avec 2 autres mômes dans la voiture, c'etait jouable. Mais non, je prend un air digne, j'esquisse un sourire qui ne veut narquois, mais qui ne réussit sans doute qu' à paraître pervers, et comme sous mes cotés rustres et mal peigné, je suis un être profondément sensible, je lui dit c'est vous qui voyez et je m'éloigne en trainant les pieds de manière à rester cohérent avec la barbe de trois jours que j'affiche, ce jour là. Deux jours après la mère revient me voir, elle a du se renseigner sur mon pédigrée et mon casier judiciaire qui ne comporte que des broutilles et elle est d'accord pour que j'emmène sa morveuse. Mais entre temps, j'ai déjà fait affaire avec une autre maman qui se soucie moins de mon aspect effrayant et je lui laisse trouver la morale de l'affaire " oh, ben , c'est bien fait pour moi !".
C'est pour ça, ce matin, en la voyant comme ça, sans défense sur le passage piéton, j'ai voulu l'écraser.
09:45 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
vendredi, 15 décembre 2006
c'est étrange
Sarkozy s'enorgueillit du soutien de Johnny Hallyday et de doc Gynéco. Le premier part s'installer en suisse, pour échapper aux impôts français. Le second vient d'écoper d'un redressement fiscal de 700 000 Euros. C'est étrange.
Le même Johnny se fait construire une baraque à St-Barth, l'ile des milliardaires. A St-Barth, les gens refusent d' acquitter leur impôts, pour des motifs historiques, mais bénéficient du service public. Plutôt que de les obliger à payer leurs impôts, on crée une zone franchisée, qui fait de St-Barth un paradis fiscal et qui permet de régulariser la situation. La loi est trangressée, mais plutot que de la faire respecter, on change la loi. C'est étrange.
Il nous faudra bientôt travailler jusqu'a 67-68 ans, mais les jeunes ne trouveront pas de boulot. Selon le gouvernement, le français devrait avoir le droit de travailler plus, pour gagner plus et ne pas se limiter au 35 heures, mais 10 % de la population active ne trouve pas de boulot. C'est étrange.
On nous dit qu'il faut mettre en concurrence les entreprises. On privatise les renseignements téléphoniques. Le service se dégrade parce qu'on délocalise les centres de renseignements dans des pays, où l'on paye moins les employés. Mais c'est plus cher quand même. Où passe l'argent ? C'est étrange.
On nous explique qu'il faut mettre des ampoules à basse consommation d'énergie et couper l'eau quand on se lave les dents. Dans le même temps, on annonce sans frémir, que le traffic aérien va doubler d'ici 2025. On fait de la publicité pour les écrans plasma, qui consomment autant que des gros radiateurs.C'est étrange.
On nous dit que la France ne peut accueillir tous les malheurs du monde, et l'on traque les sans-papiers. On renvoient des mômes nés et scolarisés depuis des années en France, dans des pays dont ils ne connaissent même pas la langue et où leur parents sont parfois menacés de mort. Des grands oléoducs construits par des puissances pétrolières occidentales traversent l'afrique pour venir alimenter nos pompes à essence. On pille sans vergognes les ressources des pays du sud, mais c'est eux qui nous doivent de l'argent. C'est étrange.
C'est étrange, mais il existe une pensée unique qui nous dit que l'on ne peut faire autrement, que les lois du marchés sont inaliénables, que l'économique dictent la règle du jeu, que l'on est assujeti à la croissance, que le moral des français, que la consommation, que, que ...que c'est le seul modèle qui marche ... qui marche ?
15:10 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Berceuse pour un Pas-de-Chance
De Jehan Rictus, j'adore :)))) ...
Berceuse pour un Pas-de-Chance
Do mon pétiot ; do ma tototte....
Te viens d’ t’effrondrer su’ l’ crottoir
comme un bestiau à l’abattoir
ou comme un qui s’rait en ribotte.
V’lan ! Nib de fieu ! Floc ! Never more !
Les passants caus’nt : « C’est h’yeun’ syncope,
faurait l’ poser chez l’ pharmacope ! »
Toi... tu caus’s pas, pisque t’es mort.
Un Mossieu qu’a un beau pardosse
dit : « J’ la connais c’est du chiqué ! »
Toi, tu t’ostin’s à fair’ la rosse
et tu t’ tais pisque t’es claqué.
Ton bloum pisseux roulé à terre,
ta p’lur’, tes tifs en escaïers,
tes sorlots qui montr’nt tes goigts d’ pieds
font croir’ qu’ t’es pas un meuyardaire.
Voyons un p’tit peu c’ qu’y t’a pris ;
on t’ lèv’, on ouvr’ ta requimpette,
v’là qu’on voit qu’ t’avais pus d’ liquette
et qu’ tes boïaux sont vert-de-gris.
Oh ! ça fait voir d’ quoi t’es crevé ;
chacun se z’yeute avec malaise,
le Mossieu lui... s’ tire à l’anglaise
du temps qu’on t’arr’couch’ su’ l’ pavé.
Do rataplan ! Do Mad’moiselle...
de loin, légers comm’ des gazelles
deux sergots s’amèn’nt essouflés,
la gueul’ pleine de « Circulez » !
T’as d’ la veine d’êt’ cuit, autrement
qué qu’on t’ pass’rait dans l’ genr’ mandales
pour t’apprendre à fair’ du scandale
et « causer des rassemblements » !
C’mment mon pauv’ vieux, en plein Paris,
à deux pas des chouatt’s devantures
t’es clamsé faute ed’ nourriture ?
Pas possib’, c’était h’un pari !
Tu sauras qu’ c’est pas comme y faut,
qu’ ça s’ fait pas en not’ « temps d’ lumière »
et qu’ les ceuss’ qui dis’nt el’ contraire,
c’est d’ la grain’ d’anars et « d’ Bonnots ».
T’as donc pas pu te mette huissier,
proprio, barbot, financier ?
T’as empoyé ton ézistence
à rester parmi les « Pas-d’-Chance » ?
Sûr qu’avant d’en arriver là
t’as dû t’ cogner à ben des seuils,
pus d’eun’ fois rester chocolat,
le ventre vide et l’ cœur en deuil.
C’est donc ça qu’ t’as pas l’air content,
qu’ t’as su’ la tronche un mauvais rire ;
en sombrant quoi c’est qu’ t’as pu t’ dire
si la Mort t’en a laissé l’ temps ?
Tu t’es p’têt ben revu p’tit gas
quand, au retour de l’atelier,
ton Pepa t’ prenait sans ses bras
en t’ disant : « Bonïour mon salé ? »
Au temps des preumières quenottes
où ta Moman se saoulait d’ toi
en t’app’lant : « Mon trésor, mon Roi,
mon cien-cien, mon loup, ma tototte ! »
Et pis t’ fesait dans les tétés
des papatt’s et des çatouillettes,
et t’inondait de baisouillettes,
du quiqui à la berdouillette
comme eun’ puïe d’orage en été.
Hein, si a t’ voyait là ta Vieille,
A lèv’rait ses pauv’s mains au ciel
en disant : « Moi que j’ l’ai nourri,
y n’est claqué d’ faim, mon petit ! »
Maint’nant t’as p’t-êt’ jamais rien eu
que la Solitude et la Peine,
t’as p’t-êt’ jamais tété, goulu,
que l’ téton mou de la Déveine !
Bah ! à présent, do ma filleule....
Quoi qu’ t’aye pleuré, quoi qu’ t’aye souffert,
te v’là sorti de not’ enfer
t’es « arrivé », tu t’ fous d’ nos gueules.
Avec eun’ bonne grâce essquise,
les flics te lèv’nt à leur hauteur
et te balanc’nt comme eun’ marquise
d’autrefois, en chaise-à-porteurs.
Les mêm’s, qui t’emport’nt au p’tit trot,
t’auraient truffé d’ coups d’ bottes ou d’ giffes
si t’avais fait grève ou d’ la r’biffe
ou bouffé à l’œil chez Bistrot.
Les passants qui sont cor émuss’
en vont chacun à leu’ z’affaires ;
tout à l’heure y n’y pensaient guère,
à l’estant y n’y pens’ront pus.
Adieu mon p’tit, pars... pour la Morgue.
Tout l’ mond’ peut pas, évidemment,
s’ procurer pour son enterr’ment
les griftons, la grand Messe et l’orgue.
Mais si des fois tu vas aux Cieux
et qu’ tu t’y but’s dans l’ Fils de Dieu,
au nom de nos maigres remords
n’y racont’ pas comment qu’ t’es mort.
N’y dis pas : « J’arriv’ de Paris
moi Seigneur, qu’étais votre Image !
Voilà comme on vous rend hommage,
regardez mes boïaux pourris !
Le turbin a pris ma jeunesse
ma santé, ma joie, mes désirs ;
et vioque on m’a laissé moisir,
seul et nu devant la Richesse.
Et quand à ces gas économes
j’ai d’mandé un peu d’ pain ou d’ pèze ;
Y m’ont cité les “Droits de l’Homme”
et m’ont chanté “La Marseillaise”. »
11:20 Publié dans Mes lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 14 décembre 2006
un bisou pour gnd
Gnd ayant gagné notre difficile concours, et vu que nous avons promis un bisou à la gagnante, nous nous exécutons avec grâce, et lui envoyons ce bisou, qui est ma foi, assez beau.

il fallait en effet trouver les monts Taygète, et ta perspicacité fût étonnante ! A vrai dire, ce qui m'amuse dans cette photo, c'est que je l'ai prise début mai.. et on a souvent du mal à imaginer que l'on trouve de la neige, en Grèce, au début mai... ( pas très haut en plus .. 2400 mètres ).
bref, tu as gagné le droit d'ecrire sur mon blog, et pour profiter de cette chance inouïe, je pense que tu va envoyer très vite, une note à kreiz_breizh@yahoo.fr, que je me ferai une joie de publier sans aucune censure ( dans les limites de la décence que Hautetfort nous accorde, hein .. je me méfie qd même )
mardi, 12 décembre 2006
où est-ce ?
17:45 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
lundi, 11 décembre 2006
No serán lágrimas
Dans un beau dimanche de Jorge Semprun, parle d'un détenu allemand à Buchenwald qui a réussit à s'octroyer une parcelle de pouvoir et qui est, de fait, devenu un être répugnant. Semprun parle de lui, en répétant " vieille merde", mais on sent bien que les mots manquent.
Voilà, on ne trouvera pas de mots pour un dictateur répugnant. Mais sa mort n'est qu'un non évènement. On aura beau accumuler les insultes, on ne parviendra pas à englober la répugnance et le mépris dans lequel on le tient. Dans une nouvelle fort drôle, Le ballon fantôme Rubem Fonseca, parle d'un "Enculé" qui monte vers le ciel. L'enculé c'est un ballon énorme, laché illegalement dans le ciel brésilien, à l'occasion de la St-Jean. J'ai plus de tendresse pour l'enculé que pour le répugnant vieillard. Et pourtant, il n'y a guère de doute que lui aussi monte vers le ciel, munit de tous les sacrements de l'église. Il a du avouer deux ou trois péchés lors de l'extrême onction, oui mon père, j'ai eu des pensées impures, ou j'ai péché par gourmandise, et on s'en sortira avec trois pater et un avé. Je rêve juste d'un curé, qui au lieu du réconfort de l'église miséricordieuse, s'approchera de lui en grimaçant et lui dira en le terrorisant, il n'y aura pas de repos pour ton âme.
Mais c'est un non évènement.
La Générale me fait dire que nous autres français n'assumont pas notre propre histoire :). En effet, il nous faut assumer que le président français d'alors, Pompidou, fut le premier à reconnaitre le gouvernement de la junte fasciste, se contentant de saluer la mémoire du "docteur Allende " (sic). Et c'est vrai, je préfère me souvenir de la peine qu'on avait de voir les chiliens en exil, et des larmes de Violeta. Et je préfère penser aux mots d'Hugo Estoy vivo. En Chile. En Isla Negra, la tierra de Neruda. No todo está perdido. .
09:20 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 10 décembre 2006
Yann-ber
Yann-ber me parle de sa famille.
de son grand-père marin, plus de vingt fois cap-hornier, qui avait debuté sa carrière
comme mousse a 11 ans, et qui avait fini capitaine d'un trois-mats ... et puis ,
il me parle de son père, marin également. .. il me raconte qu'il pouvait compter sur les doigts des deux mains, le nombre de fois ou il l'a vu ... a 43 ans, son père a eu une occlusion
intestinale au large du Pérou. le temps de le ramener a terre , dans un hopital péruvien, et
il etait mort. Yann-ber avait 8 ans. il m'a dit qu'il se rappelait quand le maire de son village etait venu prevenir sa mère. Il me raconte et l'emotion monte dans ses yeux... cinquante ans après, il a encore la voix qui se brise quand il en parle.
Je l'aime beaucoup. Il n'a pas voulu être marin. Sa chance d'orphelin a été de connaitre la promotion sociale par l'éducation, telle qu'elle a existé en Bretagne, dans beaucoup de villages et il est devenu prof.
22:01 Publié dans D' ici et d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Extrait de Saudades do Brasil (Claude Levy-Strauss)
Mais quand dans les premiers jours de 1939, je débarquai de chez les Nambikwara, avec deux singes, mes compagnons d'aventures, l'Hotel Esplanada, qui etait le palace de la ville, ne fit aucune difficulté - pas même une remarque - pour nous donner une chambre où je m'installai avec ma ménagerie. En ces temps au Brésil, encore proche de Jules Verne, Sao Paulo n'avait pas complétement perdu la mémoire de son passé pionner. La forêt vierge etait d'ailleurs toujours là, sur les versants du plateau qui , à quelques dizaines de km de la ville, tombe abruptement dans la mer. En 1935, on trouvait dans le commerce des cartes géographiques vieilles de moins de 20 ans où l'ouest de l'etat etait laissé en blanc avec cette seule mention: " territoires inconnus habités par les indiens".
08:20 Publié dans Mes lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







